samedi 28 septembre 2019

Zemmour

Viens de voir en direct les premiers échanges de la Convention des Droites organisée par La Maréchale. En ouverture du bal Eric Zemmour (on applaudit bien fort) :

Une demi-heure de paranoïa apocalyptique, de haines et de vanités mal dissimulées, de poncifs d'extrême d'extrême droite (le RN à côté est un parti centriste), une intelligence de slogan et de lieux communs, un homme fatigué, sans énergie, démoralisé, accablé, quémandant des yeux un accord des conscience, des références à Renaud Camus, au delà même de Joseph de Maîstre, qu'il cite mais dont il ne partage pas le talent, un appel constant au  bon vieux temps de Charles Martel en passant par le siège de Vienne, dans un salmigondis d'ironie amère, de propos outrés, d'élucubrations sans fondements. C'est un homme déjà fini qui  exhorte sans conviction à la politique mortifère d'un désespoir rance et sordide. Il pourrait être un de ces merveilleux médiocres des romans de Houellebecq (c'est d'ailleurs peut-être pour cela qu'il l'apprécie)
Sans la moindre solution aussi.
Une fraude intellectuelle. Mais il vend, dans ce marketing de la diatribe haineuse où il prend sa jouissance.

mercredi 18 septembre 2019

Sous le creux des houles ( 4)

Des heures pleuvent les siècles
le savons-nous noyés dans cette mer invisible
sur laquelle nous promenons nos attentes ?

Et si des traces, des sillons ou des routes
esquissent leurs destins entre des ports de cendre
Rien ne se garde au jardin des horizons

A peine sentons-nous un peu de cette existence
qui rend la terre lourde, l'herbe crue et le ciel aride
A peine le temps d'articuler une lettre

Que les rives ont annulé le fleuve.

mercredi 4 septembre 2019

Sous le creux des houles (3)


Je cours à l'horizon des orages
quant à ma vie fermée, bâclée
comme un devoir d'écolier aux abois

elle dort sale, chiffonnée de vide 
dans la penderie des morts

Je cours sans ma vie
à côté de faims tranchantes
d'autres bords, d'autres abîmes

sans jamais dire un mot 
au passant qui s'en va

dans sa part de nuit où gèlent ses mots.

lundi 2 septembre 2019

Sous le creux des houles (2)

Nous ne sommes pas surpris du fruit sous la fleur
ailes de ce qui n'était pas encore
pour l'envol futur de l'immanquable

alors que sous les mots pas même une terre
moins qu'un chemin, rien que l'écorce creuse
pour noyer le silence d'un verbe sec et amer

Lorsqu'au ciel la mer monte et tremble
que tonne la voûte des vagues dans les tempêtes d'août 
le regard plante son ennui, fatigué, stérile

alors qu'invisible et nu le pli voilé de la lettre
s'ensommeille dans l'éclipse du signe
endormi comme cendres dans la lumière des sources

qui brûle pourtant dans la nuit des Noms.



lundi 29 juillet 2019

Sous le creux des houles (1)

Trop de vagues, trop de ressacs, ils doublent les amarres
sur le vide et, dans les ports, sous le creux des houles , 
des bazars et des Babel, labyrinthes secrets  de sabirs inconnus
qui les déferrent devant eux-mêmes

Avec l'innocence des nuages face à un ciel de marbre, 
ils ne savent ni l'inexistence des sources, ni le rêve des racines rêvées, ni l'impossibilité des cimes et quand ils creusent la terre, c'est une promesse chaque fois qu'ils emprisonnent

Et qui pèse lourd dans la balance des miroirs où leurs regards se ruinent. Moi aussi, j'ai labouré le ciel et semé des promesses
et, dans le labyrinthe, tracé des lignes et des points pour tromper
les dialectes du multiple et du vain.




mardi 23 juillet 2019

Entre les étoiles (5)

Où êtes-vous, mes cendres ?
Mes cendres vives sous le vent
Dans cette pluie qui ramasse la terre
Bourgeons dans la chair d'enfant
Fleurs de marge, de poussière et de sable

Où êtes-vous, mes cendres ?
Mes cendres sous mes pas
Dans le tombeau vivant des passants
Le creux encore clos du temps 
Qui dit bonjour, comment ça va et puis bonsoir

Où êtes-vous, cendres innocentes
Cendres patientes dans la parole des jours 
Et, dans les saisons d'oubli, le fruit de vos échos
Comme un glas au milieu d'un sourire,
Creuse les chemins parallèles qui toujours se marient.




 

jeudi 27 juin 2019

Entre les étoiles (4)

Qu'écrire encore dans la valse des heures
Sinon  le contrejour des nuits, les saisons de lune pâle ? 

En appeler aux plaines d'enfance,  aux ronces fleuries
qu'écrivent encore sur tes mains l'épine et le sel ?

Recourir aux archives des pierres dans les demeures d'espoir
ou sur les falaises de verre attendre la mer qui s'ajourne ?

Tu cherches des saisons d'ébènes
dont les fruits percent l'avenir
des noyaux de mots pour ensevelir tes morts
des prairies chantées aux balcons des villages

Mais tu t'alarmes et tes doigts, un à un,
lachent le vent où tu es né.

mardi 25 juin 2019

Entre le étoiles (3)

C'est une âme qui frappe
aux clochers de l'automne
celle qui creuse des chemins
avec du vent et de la pluie
des fougères et peu de mots
une ivresse fine au dessus des marées
Et l'île déjà perdue, l'île nue et sèche
Aride dans le texte qui oublie
la route du rivage.

lundi 24 juin 2019

Entre les étoiles (2)

Tous les visages transpercés d'abandon
C'est le gel qui traverse le printemps
La nuit sur la terre a des bourgeons d'orfèvres
Son or brille sur tous les fronts

Les peaux tachées de rêves
plantent leurs cris aux façades nues
Puis comme l'enfant disparu
Germent dans le désert des jours

L'ancienne moisson s'est teintée de lune
Ombre de  serpe et  de faux
Jetant aux rivières crues
L'argent effilé de leurs courbes

Dans tes yeux naissent les lueurs
s'offusque l'hiver, s'assagissent les ombres
Caresse des miroirs recouverts de silence
En paix  les siècles s'envolent des toits

Entre nos mains l'océan apaisé
Comme une injure à la nuit
Les vagues assoupies, la houle mise à nu
Les remous s'endormiront au terme du rivage


 








dimanche 23 juin 2019

Entre les étoiles (1)

De ses sources murmurantes
Un  souffle leste un ciel que les horizons ont fui

Nos yeux bornent de lisières 
nos visages dispersés, sables épars
fragments de sel mêlés au vent

Puis ouvrent les paupières de la blessure cachée
La douleur d'Aden aux ailes repliées
comme une ombre sanglante
à chacun de nos pas