jeudi 7 janvier 2021

Multitudes 2

Au seuil tragique, j’arrête mon pas

Les multitudes guettent le passage

vers l’immobile abri,

cette plaine vide et sans limite

 

La porte par moment consent

Au miracle des clés

Lorsque les serrures enfin se parlent

Et sous des nuages colibris

Parmi les prairies roses

Des ruisseaux naissent

Et des forces s’affrontent

 

L’esquisse ébauche un songe

où s’abreuvent les deux mondes

étranges emboitements

d'une rhétorique d’absence

dimanche 3 janvier 2021

Multitudes (1)

L’immensité ne s’offre pas

Elle a l’espérance des naufrages sans fin

Rien ne l’arrime aux refrains du rivage

Elle récidive dans le silence qui est tout

 

L’immensité étend ses chants aériens

Au delà de l’ouïe intime

Et trouve pourtant sa demeure

Dans le galet roulant sous les pieds

 

Source sans origine

ses gîtes sont les non lieux

les chemins creux où l’aubépine fleurit

 

les heures aussi où les lèvres se fondent

 


mardi 1 décembre 2020

Boue sèche (3)


 " Quand on entend les voix qu'on aime, pn n'a pas besoin de comprendre les mots qu'elles disent" V.Hugo - Les Misérables

 

 

De mille morts souffle le vent

à la cardinalité absente

Pour se glisser sous les eaux

et polir le galet réticent

 

Mais aujourd'hui 

le tuffeau se refuse aux marées

comme un orage silencieux

et sans éclair

 

Puisse le sang m'aviser assez tôt

et m'abstenir de noces crédules

samedi 28 novembre 2020

Boue sèche (2)

Cette terre séquestrée

inconnue du ciel

méprisée des pluies

s’inonde de soifs âpres

 

Le soleil lui brûlerait les racines

 

Est à elle-même sa propre ombre

la sève s’embrase  

des rameaux pâles s’élèvent dans l’opaque

 

On s’exagère le précis

Lorsque le flou préside à la vague

Et que le ferme s’égare dans le souple

 

Miettes d’immuable

Cueillies aux avrils fraudeurs.

 


dimanche 4 octobre 2020

Boue sèche (1)

J’écris avec une faux

Sur les lignes liquides

D’un marais aride

Quelques lettres de sable

L’épitaphe froide

Où gronde la boue sèche

 

S’étendent ses mots

Signaux calcaires

Qui épurent les choses

 

Une forme ronde

Où tout se fond.

 

 


samedi 3 octobre 2020

Pour ma peine (6)

Le sommeil a atteint les ruisseaux

la lueur se berce aux reflets inquiets
sur la sécheresse nue de la terre

Seul, un émoi discret grève l'orage
de l'impondérable rappel des hordes

la soif retenue encore menace

 

A feu coulant (4)

La terre brûle en amont

Ta main cherche la cendre

Elle noue la fumée

Mais la gerbe est frivole

 

Les graines de brume fleurissent tard

Lorsque les poussières sommeillent

 

En ta garenne rêvée et ses friches agrestes

 


A feu coulant (3)

A l’établi s’exsude la résine

L’âpre bourgeon du matin

Silencieux sous l’écorce

Un sang trop jeune encore

Pour vivre d’ombres

Sur ses labours d’automne

 

Le grain vert nuit à la meule

Les reins se brisent

A boulanger une avoine si pauvre

 

Mais ton regard est là

Qui se lie à mes prairies


A feu coulant (2)

A choisir la tourbe aveugle

et les meules de vent

le limon inquiet s’est ajourné

 

Il reste des abris où la marée se cache

Mais comment discerner la vague

Dans l’invisible bruissement

Qui ramène à la rive

 

Au large des mots, l’esquif s’affûte

longues rames, suaire au vent

L’oreille souffre et se tend

vers la première brise qui s’éteint

 

 

Loin du fruit promis de la terre


A feu coulant (1)

L'herbe est sans hâte

malgré le souffle sec

elle  est sûre de la pluie

 

Elle a  le puits patient

qui se creuse de ce qui le remplit

cette faille lui donne instruction

 

les voix avides se pressent

et d'éclairer l'obscur s'achèvent 

dans l'exercice de la braise