vendredi 27 juin 2014

Poèmes de l'insignifiance (2)

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Ce qui reste... aux soirs d'être


Aux soirs pensifs,
En celui qui est ce qu’il cherche
Scintillera la poussée de l’insondable
Et l’angoisse de se trouver.

Ses nuits deviendront alors
Aussi obscures que ses jours
Et de ses prières  monteront les réponses inquiètes
A la question perdue.

L’ignorance de moi-même
N’est rien
Et sa souffrance à peine
L' effleurement d'une brise tiède :

La connaissance de soi est un abîme
Recouvert de cytises et  d’asphodèles
Une ombre sans parole
Abandonnée sur un visage sans tain


Il n’y a pas d’autres pièges
Pas d’autres ombres
Ni d'autres artifices
Que de se savoir être.

Il n’y a pas non plus de mystères
Seulement des ruelles tranquilles
Au cœur de ces villes blanches
Où s’entendent des disputes d’enfants

Aux soirs pensifs où rien de ce qui est
N’est
Sinon moi pour qui je ne suis
Rien.

5 commentaires:

  1. Là est toute la question....
    Très beau poème (mais à quoi cela sert-il que je le répète à chaque fois et que j'aie un peu honte de me répéter?)

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    1. N'ayez pas honte surtout, vous me faites rougir -)) ! Ceci je comprends bien. Disons alors si ça vous a donné un peu de plaisir de lire ces mots alors ça va..Et puis, sans vouloir faire le malin, vous pouvez penser aux ruelles tranquilles, aux viles blanches, aux cytises, à l'ignorance de soi, et puis peut-être à votre être. Pourquoi expliquer toujours ? Comprendre parfois c'est un voile posé sur les choses si vous sentez...enfin je sais pas (moi c'est "peut-être" dont je me lasse)...Et puis il y a des répétitions qui font plaisir...J'espère seulement que ce ne sont pas ces textes qui vous lassent, ce qui peut bien arriver (on peut bien se lasser de Rimbaud ou de Pessoa, alors Cléanthe, hein, ...-)))

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  2. Je suis difficile à lasser tant que la qualité est là. Je relis actuellement un oeuvre que je reprends tous les six-sept ans depuis que j'ai mis le nez dedans pour la première fois à vingt ans....

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  3. Vouloir se savoir est un leurre, un appât ou, comme vous le dites - si bien (au risque moi aussi de me répéter)- un abîme qui, souvent, donne le vertige. Etre soi-même n'est pas aisé: les masques nous cachent à nous-mêmes.

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    1. Et c'est aussi cela qui creuse notre humanité, cette ignorance...Cette complexité où tout se noue, cette richesse qui peut nous appauvrir si on s'y arrête...Le "moi" est un être ambigu dont on peut sérieusement interroger la réalité...merci de votre commentaire...J'ignore qui je suis, ce que je suis, j'en ai seulement un arôme..et pour les autres, c'est pareil...

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