jeudi 31 juillet 2014

Poèmes de l'insignifiance (19)

Sans un geste, sans un mot
Aux fenêtres accoudé
Inspiré de cet air limpide
Qui soulève les nuages et élève les idées
Muet, léger et libre
Je m’abreuve de plénitudes lumineuses
Et mes pensées nues s’envolent dans l’air immense
Des mondes aux parfums d’infinis

Mais une tique vénéneuse
Jalouse et rancunière
Mord ma chair mentale
Elle s’agite, prolifère et m’encercle
Outrage et viole les échos fragiles de mon âme
L’air en moi devient morbide et chagrin

La haine et  ses décrets de vermine
Ont posé sur ma langue un magistrat
Bedonnant aux jambes arquées
Qui remplit ma bouche
De reptiles visqueux et funèbres

Il n’y a plus en moi
Que des escaliers sans fin
Empruntés par un misérable
Que trompent les lumières mauvaises
Des ténèbres fétides où survit son âme.

Dehors
La clarté qui se refuse.


mercredi 30 juillet 2014

Poèmes de l'insignifiance (18, je crois)

Il y a des feuilles d'ombre qui dansent comme des najas andalous
Il y a des sommets qui roucoulent comme des pommes assoiffées
Et des lézards qui marchent sur des rampes de blizzard
Des anacoluthes bipèdes qui ronronnent la syntaxe bougeonne
Des touts et des parties et des touts de la partie
Et des parties du tout et aussi des enfants isolés qui crachent
Des stupeurs tombant des arbres étonnés et que brûlent des guillotines
Au feu! Au feu ! Toute cette misère ! Toute cette misère qui dort !

Toute cette misère qui accouche de l'homme
De l'homme aux vers tenaces creusant les cervelles
Ces monstres mensongers aux fois de fer
Qui tranchent et qui décident
Qui veulent et veulent et veulent
Sûrs si sûrs sûrs si sûrs
Comme des séminaires de morves
Pires canailles s' épuisant dans leur viande
Epaisses épaisses jusqu'à rejoindre la graisse divine
Et à manger ce qu'ils inventent
Leur inanité sublime, le boniment du ciel
A rompre le pain de ce qu'ils haïssent
pour aimer ce qui les dévore
Ô Dévoreur des cîmes
Celui qu'on attend dans  ce temps
Qui s'éprend de son propre dégoût
Et qui attend et s'attend
dans ce temps qui est ton temps
A toi et à moi

L'insecte.

Petit précis de curiosités euclidiennes (à la racine carrée de 9)

La Loi Fergusson-Willis : Premier Principe (section sérieuse)


L’esprit de sérieux a des exigences que, même si nous le voulions, nous ne pourrions écarter. Parmi celles-ci, la fondation d’une nouvelle physique est la plus urgente. C’est pourquoi il nous faut  jouer sur l’évidence ambiguë, à la fois claire et obscure, afin de laisser chacun d’entre-nous libre d’en envisager les prémisses et ses plus étonnantes conséquences, légères et fluides comme une pensée sans fondement. La difficulté parait dès lors insurmontable : la fondation d’une pensée sans fondement est l’un des  pires  hiatus que l’on peut imaginer. D’autant que cette fondation émane d’une pensée sans fond, forcément. Nous sommes donc contraints à une rigueur et une cohérence dont l’élaboration doit se passer du tiers-exclus. Que la fondation d’une pensée sans fondement soit dans la nécessité extrême et douloureuse de se passer du principe de contradiction est une tautologie qui sert juste à nous remémorer l’obligation où nous nous trouvons de nous passer de l’ombre chaude des journées d’été. La sècheresse froide attend sa proie au tournant et ce travail de constitution est celui du  pénitent. Car c’est seulement pénitent et repenti que nous serons enfin à même de cerner la frontière équivoque d’une nouvelle physique, de la Nouvelle Physique osons-le dire. Car la Vérité est le domaine absolu dans lequel nous nous mouvons.
Or cette  terre étrange et hors mode, sableuse et topaze, fait peur à tous. A cette fin, réanimer cette vieille loi Fergusson-Willis est un choix comme un autre car, avant tout, ce dont nous avons besoin maintenant, c’est d’une loi c'est-à-dire d’une Loi.


Le chemin est difficile et l’assurance qu’un jour nous puissions en voir le bout est loin d’être garantie[1]. Il faut se contenter de la promenade et des paysages surprenants que, peut-être, elle nous offrira. La ligne s’est perdue dans le nuage et de ligne est devenue ligne-chose, ligne à peine vivante, ligne à peine morte. A ce niveau second de l’ordre, elle se complait dans l’invisible. C’est pourquoi il est désormais bon d’envisager la nature interne du nuage.

L’intimité d’un nuage est ce qu’il y a de plus ardu à percer. De par sa substance impalpable, il n’y a en lui rien qui puisse faire l’objet d’une mainmise fût-elle gracile et mince comme un péché véniel. C’est dans cette évanescence déliée (le nuage offre une parenté  voisine de l’absolu) que se perdent les lignes abstraites. Ce n’est pas que le nuage soit comme le sommeil ou l’assoupissement pensif des fins d’après-midi lorsque le vin achève de nous dissiper dans l’éparpillement confus de nos rassurantes convictions et de nos si pénibles idéaux. Loin de là, et il faut d’ailleurs se méfier des interprétations phantasmatiques promptes à  voir dans les nuées le résultat aisé de singulières rêveries plutôt issues de la somnolence imaginative d’une adolescence séminale et chimérique que d’un esprit mûri par l’accumulation de couches successives  et de superpositions de niveaux.

Car le nuage est ce qui fait qu’il y a quelque chose même si ce quelque chose est rien.

L’abstraction dédaigneuse pénètre donc dans l’écart nuageux. La question, dont on saurait aisément se passer –on l’a dit -, mais qui, précisément par son innocuité même, montre toute son acuité, la question donc est la suivante : comment de ces lignes d’inexistences, des lignes-choses ont-elles pu s’exposer tout à coup et comment de ces dernières un Monde-Chose que l’habitude nous fait supposer dense, a-t-il pu forcer l’assentiment général à sa croyance ?

Nous sentons l’instant décisif, le moment songeur et préoccupé, un peu comme si notre petite flânerie, au détour d’un sous-bois parfumé de fleurs ignorées, agitait en nous une inquiétude concave et affermie. L’obscurité atteint son comble : un brouillard épais, tellement épais qu’il arrive à se cacher par soi à se cacher en soi, un trouble bleu-nuit tel qu’il en arrive à brouiller la confusion elle-même, comme un masque qui arriverait à se masquer lui-même à lui-même . Il arrive en effet que les promenades les plus anodines prennent tout à coup l’accent dramatique des matinées de novembre, lorsque nos chaussures empesées du limon pesant nous contraignent, dans l’urgence de l’éminence, à reconquérir la matière forte, c'est-à-dire le domaine gelé de l’Âme.

La Loi de Fergusson-Willis[2] est la clé des choses. Sans elle, le monde reste emmuré dans la peur et la folie. Et c’est tout ce que nous ne voulons pas.

Trois Principes en structurent l’architecture baroque.

Premier Principe de la Loi de Fergusson-Willis

« Dans les nuages qui glissent sous nos pieds, fragiles et insignifiants, le vent est une allure du feu. Le vent est la vitesse même du feu qui habite les nuages. Et rien d’autres. »[3]

Si la ligne sans existence, pure et abstraite, est vie pleine, totale, entière, mais solitaire alors le nuage est feu aussi, souffle de feu, combustion virile de lui-même. Le feu est feu de lui-même. Il grandit de ce qu’il absorbe et ce qu’il absorbe est toujours du feu.

C’est au centre du nuage que la ligne vierge rencontre le feu impersonnel et fonde avec lui un système inconscient. Cette connexion impossible va déstabiliser la formation nuageuse en modifiant la nature entière de sa composition. Le nuage devient instable, s’agite, perd de sa résolution. Son essence s’évapore. Les mondes qui se déplaçaient en lui dans une coexistence précaire ouvrent un conflit majeur. L’équilibre est rompu : tout branle, court, s’affaire autour de mille petites choses dont il n’avait pas connaissance auparavant. Les Mondes s’examinent, se côtoient, se débattent, se fuient, se choquent pour qu’enfin épuisés de cette vanité mobile ils s’astreignent à de solides ascèses. Alors souvent les pèlerins observent ces nuages flétris ou désagrégés vêtir doucement la surface des fleuves vénérables ou reposer aux sommets de montagnes éteintes, mourant encore un peu plus de ce dernier pas.

La Totalité a muté et ses Mondes intérieurs n’en ont pas encore pris connaissance. Seul leur reste un visage sans substance, pauvre figure de leur ancienne arrogance. Une chose s’est perdue dans cet embrasement.
Le grand mérite de Fergusson-Willis est d’avoir dévoilé la nature de cette perte.

La ligne a grossi, s’est dilatée, s’est accrue d’elle-même, à porter sa puissance à un exposant  sans limite. Elle s’est épaissie, a pris de la bouteille, est devenue trait. Du moins dans sa partie morte, celle qui nous intéresse : la ligne dilatée est ligne morte, énergie  morte. La ligne absolue a changé de nature. Elle est devenue lourde, inerte, sécable, anatomique. Le feu, son père,  géniteur innocent de sa nouvelle tournure, de son nouvel aplomb, s’est lui-même, en partie en tout cas, transformer en vent, vent agité ou calme, anxieux ou serein, chaud ou froid, sifflant ou tourbillonnant, songeur Harmattan ou Sirocco millénaire .

Le Tout reste unité constante au cœur même de ses déboires.

Alors, cette Totalité que l’on disait tout à l’heure à l’agonie (lorsque les pèlerins, sauvages et nus, l’observaient, avide de paix et de péchers), cette Totalité à l’aspect épuisé, c'est-à-dire le nuage dans toutes ses componctions possibles, s’est donnée dans tous ses points de vue, car le nuage est tout ce qu’il est dans chacun des profils qu’il offre. Le nuage, ou l’écart, est ce bouillonnement continu, aboutissement de la querelle qui oppose depuis toujours ligne abstraite et feu perpétuel.

Le nuage est transformation du système ligne et du système feu. Tout a changé en se conservant dans l’uniformité de l’étendue et de la durée. Le nuage est donc bien ce champ dont tout à l’heure nous avions besoin. Il est champ de lignes et de feu mais est aussi autre de ce qu’il est le champ.

Il est fond de guerre et forme que lui donne la guerre.

Le nuage, en s’accordant aux variations des affrontements incandescents, est l’origine du monde. Tout simplement. L’écart guerrier. Sans origine lui-même, il n’est que puissance, force soumise à ce qu’il autorise. Le vent qui, en lui souffle les lignes mortes hors du champ, est encore du Feu.

Alors les lignes mortes, chassées du nuage par le vent et par leur masse mélancolique, déjà nostalgiques d’un passé non encore advenu, s’accumulent les unes sur les autres dans un espace vide qu’elles remplissent sans stratégie et sans but, après une chute dont elles ne sont pas responsables et à laquelle cependant elles aspirent.

C’est pourquoi le Bric-à-Brac est le premier sens du mot « monde ».
Et le Bricolage[4], sa Philosophie Première.



[1] Il  faut avertir le courageux lecteur que l’inversion des valeurs est ici première. Par exemple quand il faudra bien parler d’obscurité, il faudra n’y voir que lumière, sans cependant que la réciproque soit vrai.
[2]
 Fergusson-Willis'  first principle : 
«Amidst the vague clouds gliding under our feet, fragile and meaningless, the wind is the fire's pace. The wind is the actual fire's speed inhabiting the clouds. Absolutely nothing else." 
Fergusson-Willis, October 1888, UpSideDown Village (Anglelande)

Cette Loi eut peu de retentissements dans les cénacles scientifiques. Soumise à la critique de critères abscons et obsolètes, le jugement épistémologique s’est montré envers elle d’une rigueur extrême. Fergusson-Willis eut à subir les pires représailles, le mépris et la moquerie partisane. Comme si un haussement d’épaule ou l’ironie haineuse  suffisait à annuler la fermeté dynamique de la Vérité. Encore aurait-il fallu admettre le théorème de Vilmard - Couillet à savoir que les plus belles formes sont celles qui n’ont pas besoin d’appui.

[4] Il est d’ailleurs aimable de savoir que Fergusson-Willis ne perdit jamais le goût de l’outil dont il connut rapidement les plaisirs sophistiqués. Son enfance délicate fut longtemps bercée par le son rassurant des machines à vapeur installées dans l’atelier de son père. Une presse de fabrication arménienne, par exemple, suscita  une admiration qui ne se démentit jamais. Il importait peu qu’elle produise quoi que ce fût : le mouvement des bielles et des bras métalliques suffirent à lui procurer ses premières jouissances. (Une des premières biographies sérieuses à avoir échappé à l’ostracisme relate cette particularité psychique, in Fergusson-Willis, Unconscious Desire and  Man Machine , by Malcolm Lannoye, Thames Editions, 1915).

mardi 29 juillet 2014

Petit précis de curiosités euclidiennes

Lignes, Lignes-choses, Nuages (section de l’évanescence)
La ligne est donc principe générateur. Evident et sans lieu. Mais comment s’effectue le passage au réel ? ? Comment du Sans Lieu fonder les lieux dans le temps ? C’est par l’écart nuageux que la ligne se prend au jeu de la création. Dans cette partie, il sera donc  essentiellement question d’écart, de nuages et de passage.
Le nuage est ce qui passe entre les lignes ou entre les objets fabuleux formés par celles-ci. N’allons pas croire que le passage est aisé d’une chose-ligne à une autre chose-ligne, car l’écart dans lequel elles baignent, cet écart, faut-il le dire, est toujours nuageux, suspendu, mou. C’est un écart sans consistance et, par conséquence logique, sans prise physique possible. S’il n’est  pas de toute dernière nécessité d’en cerner intimement l’essence fiévreuse – cela n’empêche personne de vivre et c’est de toute manière impossible -  il est néanmoins inévitable d’en déterminer avec audace la proche périphérie1. C’est pourquoi il nous faut de prime abord s’établir sur le ferme et le constant. Que savons-nous d’absolument sûr au sujet de l’écart ? C’est qu’il est de nature flottante, nuageuse et atmosphérique. De cela, personne ne peut en douter. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le sens commun y voit la possibilité d’un franchissement aisé, comme si l’écart n’était presque pas un écart, comme si, en définitive, l’écart n’avait qu’une nature purement nominale.
C’est ici pêcher par excès d’optimisme car il n’est pas innocent de jouer avec l’écart. C’est même la chose la plus importante qui soit. Car la réalité est mot.
L’écart est brumeux et, pour cette raison,  est le lieu clair et distinct de la confusion. Ce qui ne veut pas dire qu’il soit fumeux, vaporeux ou humide. Un écart est toujours de l’ordre de la nébulosité et, par conséquent, à l’ origine d’un égarement principiel : l’écart n’est pas différence entre bornes, c’est plutôt lui qui définit  les limites. C’est à partir de l’écart qui s’établit la norme. Et si l'on voit tout de suite ici l’intérêt de cette distance constitutive pour la Science morale, il est néanmoins vital d'éviter présentement cette piste dans le cheminement d'une pensée qui ne doit savoir, à aucun moment, où elle va (au risque de passer pour un escroc). 
Revenons à l’écart sans aborder ses rivages anthropologiques.
L’a-t-on dit ? L’écart est avant tout nuage. Or, les nuages sont des amas, des condensations, des compacités fuyantes et variables, légères ou lourdes. Impondérables, masses de brumes ou de vapeurs, ils contrarient la stabilité, le fixe et le déterminé, c'est-à-dire la ligne-chose.
La ligne-chose[1] n’est qu’un point qui, s’additionnant dans la durée, donne l’impression fantaisiste d’une permanence, d’un support entre les limites desquels nous déposerions une vie, et qu’éventuellement et parce que nous n’avons pas d’autres mots, nous appellerions la nôtre. La ligne-chose semble solide, alors qu’elle est une ligne évanescente. Elle semble individualisée alors qu’elle est parfaitement anonyme, trop proche encore du foyer germinatif (la ligne quasi inexistante) pour être dotée d’idiosyncrasie.
C’est pourquoi la ligne-chose obscurcit la conscience du monde, elle est l’ombre portée sur le monde car on la croit essentielle. Elle est en fait ce qui essentialise et l’essence des choses (êtres, objets, formes) est ce qui cache la chose à elle-même. Elle semble inerte, toute en elle-même, être? absence de tension, étouffement. A ce stade du développement, il vaudrait mieux parler de la chose-temps ou de la ligne-temps[2]
C’est ici la question cruciale où elle rencontre le nuage.
En effet, comme le nuage, elle est modification incessante, variations de variations. A la différence de la ligne, la ligne-chose existe mais, on l’aura compris, seulement en partie. La ligne - chose nous trompe quand elle veut nous faire croire qu’il y a quelque chose. Ou ce quelque chose croire qu’il y a une chose. Ce quelque chose, c’est peut-être quelqu’un. Mais non, ce quelqu’un n’est jamais personne. Ce quelque chose ou ce quelqu’un est hantise, obsession de l’être, manie du sens construit, cette manie essentielle à la base de toutes fondations humaines.
Les nuages ne flottent pas en haut, ils sont l’informe fond. Ni réels ni pures illusions, ils courent sous nos pieds. C’est ainsi qu’admirer leur inouïe beauté, c’est plonger notre regard dans la source de la source. La régression à l’infini n’est pas interdite Pourquoi s’arrêter ou commencer quelque part ? Se poser ? Se figer en tant que ligne-chose, mais toujours à moitié, puisque dans cette figure arrêtée de la chose agit la contemporanéité de sa puissance, ou alors se figer dans sa figure toujours en instance de figurabilité, ou alors, encore, se poser en tant que nuage-chose, c’est à dire au fait comme refus du côté normatif de la ligne-chose au profit de l’écart anonyme qui se glisse inévitablement entre toutes les lignes-choses (et qui est comme son principe créateur)
Le nuage est suspension fluente, contemplation de l’être mouvant. Le nuage, c’est le contemplé contemplant.
Les nuages sont vestiges, vestiges de la ligne-chose passante. Mais aussi, le nuage, c’est l’écart envisagé comme le passage de la ligne-chose à la chose. Il faut que la ligne-chose traverse l’écart vaporeux afin  de construire les choses et surtout, première parmi ces choses, la chose géométrique.
C’est pourquoi la ligne-chose doit mourir pour devenir chose. Ce qui nous permet d’avancer audacieusement  que la ligne-chose est à la fois vivante et morte. Le monde fermé de la ligne-chose est le monde des Zombies. Le suspend nuageux est le Styx[3] qui sépare la mort de la naissance, et ce jusqu’à la fin, l’innommable fin qui jamais n’en finit de finir.









1 Etant entendu qu’on ne peut cerner le sens des choses comme on dénoyaute une cerise.
[1] Il faut entendre par ligne-chose non seulement la ligne en tant que dynamique, la ligne qui s’élabore à partir d’elle-même, comme presqu’être, et la ligne comme identifiée soit en tant que telle, soit comme chose. La ligne-chose est déjà du constitué, mais à peine, en bordure presque du constitutif. Il importe toutefois de bien marquer les dissemblances avec la ligne-ligne afin de se mettre à l’abri du paralogisme classique qui consiste à faire du déterminant à partir du déterminé. La ligne-chose est déjà à la fois construite et en instance. Voilà, la ligne-chose est toujours en instance de. Voir Supra.
[2] La ligne-chose est aussi ligne-temps, on l’aura compris. Il est cependant vital de ne pas la confondre avec la  ligne du temps, forme morte du temps. La ligne-chose-temps est ce qui produit le temps (son versant fondateur) et ce qui est produit par le temps (le versant constitué, fondé).
[3] La ligne-chose, déjà accablée de plus d’existence que la ligne, mourra au moment de l’embarquement et renaitra comme chose lors du débarquement. Le saugrenu écart est passage de la mort à la vie.