samedi 30 août 2014

Rumeurs des jours et des nuits (34)

Il y a dans les fleuves des chevaux qui sommeillent
Et dans les nuages des corbeaux qui chantent aux enfances
Des lais d'automne aux feuilles brûlantes.

Il y a dans les étoiles des fauves de fumée qui vivent de vérité
Et dans les villages des bergers qui murmurent aux chagrins
Des mélopées aux laines chaudes.

Il y a dans les impasses des lucioles de verre qui scrutent les issues
Et dans la terre des chemins ignorés qui rampent sous mes pieds.

Il y a dans la désolation des vertiges qui guettent le sol
Et dans la chute un regard nouveau qui jette ses filets

Et dans le présent seul l'abri à ce qui fait face

vendredi 29 août 2014

Rumeurs des jours et des nuits (33)

Le soleil myrtille dans l'herbe
De ses doigts de sucre et de nacre
Et pose dans ce duvet humide
La solitude de son énigme

Ce qui myrtille dans l'herbe
La caresse des feux follets
Et le souffle lumineux
D'un violon chlorophylle.

Rumeurs des jours et des nuits (32)

Aux pays des tours blanches
On jette les semailles du ciel
Sur les rivages où s'échoue le temps
Il y pousse des épis de vent
Où germent des luths pâles
Dont les regards suivent les embruns
Dans leurs tresses d'écume et de pluie

De la terre sévère
Qui suspend les répits
Et interdit les repos
De la terre sévère
Parlent des jacinthes de neige
Aux jasmins de cendre
Quand ensevelis sous le soir
Frissonnent des sanglots violets
Et des larmes 
Qui ouvrent leurs corolles 
Aux vapeurs diaphanes
Des brasiers en déroute.






Rumeurs des jours et des nuits (31)

Je dis
Des perles de sommeil
Couronnent cette heure
Où les minutes sont des gouttes d'eau claire

Tu dis
Un faucon s’envole
L’eau se fend
Et un cri rauque dans l’azur.

Il dit
Le roitelet sur les pins
La patience du soir
Les astelias s’inclinent.

Je dis
La toile
La toile
Ma toile, l’araignée et la mouche
Moi.

Tu dis
Ces cimes là au loin
Se balancent et valsent
Tremblent bien  loin d'elles-mêmes.


Il dit (enfin)
Le dôme limpide
Si opaque aux regards clairs
Si pur aux yeux aveugles
Froid comme le cadavre
Du temps.


jeudi 28 août 2014

Rumeurs des jours et des nuits (30)

             L’eau


Mon âme s’est ceinte de guirlandes
Aux sourires obscurs et vénéneux
Sous ma peau se sont joints tes mots
               
                 La terre

Ta peau est légère et translucide
Le verbe la touche et la blesse
Comme une écorce sans tain

    L’eau

Des cèdres poussent de mon ventre
Si grands que leur ombre les avale
Et s’évade de ce qui les fait ombre

                La terre

Cette ombre libre danse autour du monde
Et tu ne peux rien en ôter
Pour l’offrir à ce qui n’est pas elle, moi

   L’eau

Les racines sont des paroles mobiles
Elles germent dans ce jardin des songes
Que tu enrichis des arabesques de tes rêves
      
    La terre

Et tes lèvres dorment dans les branchages
Ondulent dans la brise de ton souffle
Là- haut où coulent les rivières d’automne


                 Le créateur

Jamais les mots ne diront
Ce que les mers lunaires cèlent
Sous des lits de peine
Et des cieux de chrysanthème
Où tu longes sans le savoir
Une vie qui s’efface
Dans une terre qui se fait eau.




mercredi 27 août 2014

Rumeurs des jours et des nuits (29)

Rafale d’Orient
Un fou et la lune

Lune blanche
Dans la source immense
Aux yeux sombres

En dessous
Les plaines sèches
Des enfants, des guerriers

Des lances et des flèches
Contre le vent
Lancées
Une plaie dans le souffle

L’enfant face aux guerriers
Et le fou
Dans la lune
Qui fleurit son tombeau

Et le jour qui blêmit
Puis la nuit qui grandit.





mardi 26 août 2014

Chemins de la ville basse (7)

Si bien que les cygnes borgnes des cités
Si bien que les plumes chantantes des quartiers humides
Si bien que le soir sur les avenues aux hôtels nus
Si bien que les demi-lunes accrochées aux portes des villes
Si bien que passant tu te tus

Pour creuser des fossés
Nous offusquions les morsures des coeurs
Pour fleurir les impasses des lèvres
Nous prenions le pollen de l'éblouissant désert
Pour tenir entre nos bras le quoi et le qui
Nous interrogions les questions dormantes
Celles qui frémissent sous le sable
Celles qui bégaient dans la bise
Qui s'envolent à l'appel des singes
Qui s'égarent dans les songes des chairs
Quand des rêves feints
Emanent des souvenirs aux firmaments peints
Et enfin
Pour façonner nos Népals d'enfance
Nous creusions des montagnes vides
Où nous grimpions 
Pour mieux encore y descendre

Si bien qu'alors
Si bien qu'enfin
Les demi-lunes ont vêtu les plumes chantantes
Des cités de cygnes borgnes
Lorsque accrochées sur les avenues
Elles lavaient les hôtels humides
De leurs quartiers d'eaux blêmes

Et je passe comme passent les passants
Dans le silence
Des cornes de brumes
Sous la lune insolente



lundi 25 août 2014

Poèmes de l'insignifiance (26)

C'est une nébuleuse 
Un charroi de veines lasses

Cours ! Halète !
Nébuleuse grise aux sources vaines
Parmi les corps dénudés
Brûlés, dévorés, petites chairs
De limaces écrasées
Miettes d'être dans le torrent des astres

Cours ! Halète ! Et souviens-toi
Du monde d'en-bas 
Où tu naquis avant d'être
Dans des rivières de battements agacés
De palpitations mortifères
De marais de fièvres froides

Cours donc, minuscule nébuleuse
Que je ne t'attrape pas
Jamais
Dans ta course sanguine
Par delà ce qui croit en moi
Par delà ce que je voudrais être

Que je ne t'attrape pas
Moi qui suis toi
Poussières de temps
Que je ne veux plus être

Puis tourne, tourne enfin
Et baise-moi de ta salive venimeuse
Pour renaître dans ta bave stellaire.

dimanche 24 août 2014

Poèmes de l'insignifiance (25)

Tes yeux sont des flots de brumes noires
Je suis la terre ingrate qu'ils recouvrent.

L'encre nourrit leur iris de petits papillons de cannelle
Et  ton regard anthracite  éclôt de l'arabesque de leur vol
Paon de la nuit ou paon du jour
Ils mènent ton visage au bord de ma misère

Ce qui nait dans les mots
C'est ce qui s'y affole.

mercredi 20 août 2014

Rumeurs des jours et des nuits(28)


Le santal a des mains
Qui ont la forme de ton visage
Des mains aux ailes de trèfles et de lavande
Qui figent les colibris d'Atlante
Lorsque citrons et pourpres
Ils blottissent sur tes lèvres
Les mots que les hommes ne disent pas


Le zéphir emporte alors
Les baumes de mélisse et de menthe
Qui glissent de ta bouche échouée
Sur les larmes vermeilles
Où se noie le souffle des sirènes
Quand trop tard pour le ciel
Les oreilles se taisent et les langues écoutent


Il y a des îles disparues
Enchâssées dans le vide sonore
Plus belles encore
Que les fantômes liquides aux berges turquoises
Plus chaude encore
Qu'un soleil que la nuit embrasse


Ce sont des mots enfouis
Dans des phrases avares
Où tes hanches et tes seins
Dansent librement encore
Entre les virgules


Lorsque le santal avait tes mains
Et qu'il léchait les plumes teintes
De mon corps en guenilles.



lundi 18 août 2014

Rumeurs des jours et des nuits(27)


J'écris dans mes veines les fables d'aujourd'hui.
Je tête aux esprits morts les contes de demain.
Ce sont des mains qui brûlent les signes
Et enflamment les phares
C'est la paix vierge de la terre aveugle
D'avant les sillons, d'avant les pâtures
Lorsque ses yeux  calcaire
Cherchaient l'argile d'Adam
Dans les cavernes du ciel
C'est la paix vierge de la terre aveugle
Qui clôt la bouche des Dieux
D'un amour sans parole
Une offrande muette à ce qui vit
Qui est ce qui vit, vieillit et meurt
C'est l'amour sans nom
L'impulsion ignorante des mots et des choses
L'origine bienveillante qui balance les berceaux
Et creusent les tombeaux

J'écris dans mes veines les fables d'aujourd'hui
Je tête aux esprits morts les contes de demain
Dans ces mots absents
Qui cherchent au large du monde
Les chants de sa présence obscure.  

Rumeurs des jours et des nuits(26)


Il y a des villes qui flottent sous les nuées chagrines d'un ciel de son et de sésame, des avenues aux blés fertiles qui engloutissent les nuages et survolent les astres où fleurissent les narcisses. Ce sont des villes que guettent la vérité des tombes et le mensonge des berceaux.

Il y a des oiseaux aux plumes d'air et aux langues de feu qui bouchent nos oreilles de leurs oeufs de plâtre, et des ailes qui battent le vent vers de nouveaux rivages aux tempêtes topazes. Ce sont les oiseaux que dessinent sur les eaux des enfants nus et taquins.

Il y a des yeux qui arrondissent les courbes et entourent les cercles de spirales enfumées où tout ce que l'on croit prend le temps de se détruire, et dans ces cercles, les points alors se délient et s'envolent à travers les fenêtres humides qui empêchent les destinées.

Il y a des villes d'orages, des oiseaux aux rivages immobiles et des yeux de velours qui fixent dans le temps des germes de vérité aux cercles inconsistants...Dans la limpidité de l'air, de petits points comme des subtilités précieuses que portent la houle et la trame des jours.

Et les myrtilles toute à leur noirceur se maquillent d'aurores où j'attends le silence et ses arrêts implacables.


dimanche 17 août 2014

Rumeurs des jours et des nuits (25)


J'ai vu en ces jours de solitudes plates
L'infini prendre la forme des dimanches
Et l'ordinaire se répandre dans la poussière vivante des choses

Entre les murs que ferment les portes
Je suis nu, dans une pitié désolée
A observer ma figure insondable
Comme l'ombre de l'être
En quoi tout ce qui est
Arrive

A travers des fenêtres de mer
A travers le tourbillon qui s'échappe
A travers les visages transparents
A travers le reflets des échos
Qui détonnent dans ma poitrine déchue.


Des coquilles de repos
Se dandinent par ci par là
Je m'y enfonce comme dans un bonheur pur.


Rumeurs des jours et des nuits(24)


Nos bras étreignent des gouttes de lueur
Et les jours prennent des couleurs sous-marines
Nos regards clos enfin
Et les cendres livides qui roulent sur les flots.

Poèmes de l'insignifiance (24)

Les roseaux tranquilles
Plantent des sourires patients
Dans les villes assoiffées 
Et sous la bise endeuillée
S'épanche les tristesses de toujours

Alors j'ai défait les liens qui me retenaient à moi-même
Et du fond de ma chair hurlé au ciel de plonger dans la mer

Des chants d'enfants
Courbent la nuque des vieillards
Des évêques nus virevoltent
Au dessus des couches où l'on se dérobe
Et où veillent des désastres de glace

Alors j'ai fermé les routes qui conduisaient à moi-même
Et du fond de mes cités endormi ce qui se coulait dans le sang

Des rêves de chiens
Filent la trame des chemins du soir
Et dans la large allée que personne ne perçoit
Des chamans barbares ont les gestes funèbres
Des fleuves déçus et des mois amers

Alors j'ai éveillé des pommes douces suspendues aux astres parfumés
Et du fond de mes foules des spectres armés qui dansent sur la nuit...

vendredi 15 août 2014

Rumeurs des jours et des nuits(23)


Morceaux de mer, morceaux de vent
Etoiles de mots, alcool de brumes
Clarté d'oubli, souvenirs doux
Des pays de lunes et de brises
Qui bercent ta blessure tendre
Dans les jardins abandonnés du midi

Morceaux d'écailles, morceaux de voiles
De ta gorge c'est une ombre qui s'envole 
Sous un ciel à la lumière frivole
Ce sont des pays où meurent les horizons
Ceux dont le temps se teint
Quand tu marches aux lisières de ton hiver

Morceaux de flammes, morceaux de plumes
Il y a des rois étranges aux trônes errants
Vagabonds qui enlacent tes paupières closes
D'où tu observes les choses
Ce sont ces rois étranges
Morceaux de bris, morceaux de choses
Qui conduisent les regards de tes jours
Aux sources de ta vue .

(Là où de petits vers jaunes et noirs
Grattent l'empreinte du soleil)




jeudi 14 août 2014

Rumeurs des jours et des nuits (22)

Les matins où ils marchent
Tunnels humides et chauds où ils sont nés
Ont des futurs de métal et d'acier
Et les morts ont plus d'espérances encore

Ils avancent et trébuchent
Sur les trottoirs de leur nuit
Et nulle lueur, nulle pâleur même
De la lumière de l'aube ou de l'éclat du midi 
Ne s'étale sous leur pas

Hier, aujourd'hui et demain
Les secondes, les minutes et les heures
Sont les plaines grises où croissent
Leurs champs de chaînes et leur verger d'écrous

C'est la fureur du métal et du feu
Qui agite leur vie dans le jeu des pistons
C'est la rengaine des muscles et des bielles
Qui danse comme des courroies ivres
Dans un corps de plaies et de sueurs

Mais, dans ces rues où ils rampent
Leurs enfants aux avenirs d'écchymoses
Dans cette nuit qui est la leur
Au loin scintillent et endorment leurs coups

Rumeurs des jours et des nuits(21)

On ne sait

Pourquoi les nuages frissonnent-ils
Lorsque la terre sanglote sous le jour ?
Pourquoi les filles aux rêves aquatiques
S’endorment-elle quand la brise s’apaise ?
Pourquoi les libellules liquides dansent-elles
Comme des vapeurs d’ombres
Sur les horizons mélancoliques
De feux agonisants?
Pourquoi les eaux des marais amers
S’inclinent-elles devant les soirs
Et caressent-elles cet innocent enfant du jour
De leurs reflets de lune ronde ?

On ne sait.

Mais il y a une buée douce
Posée sur tes yeux de lauriers roses
J’y dépose deux larmes bleues
Comme le serviteur infidèle
Des couleurs endormies dans le ciel.

On le sait.


Poèmes de l'insignifiance (23)

Demain je ne vivrai pas plus qu’aujourd’hui
Et les visages que je croise dans la lumière fausse des jours
Ne me diront rien de plus qu’ils n’ont déjà dit
Du sillage mensonger des nuits

Etre au point de toujours partir
Ou de ne pas partir vers ce qui ne se montre pas
Et arriver néanmoins à revenir sans jamais être parti
C’est le miracle des sources sèches
Qui se cachent à l’amont des ruisseaux

Vivre est l’appel 
De ce qui se tait
A l’approche du soir
Lorsque la fin et l’origine
Retrouvent leur terre commune.

mercredi 13 août 2014

Rumeurs des jours et des nuits(20)

Le feu aligne ce qu’il annule
Toits, forêts, villes
Rien n’arrête sa gravité souple 
Il traverse tout et tout le traverse.
Collé à la terre mais ambitieux
Il aspire aussi aux prétentions
De l’air.

Alors il se tend et se dresse
De toute sa hauteur
S’affine aussi, perd de sa masse
S’effiloche jusqu’au point ultime
Où il finit.
Le voilà entouré d’air
Enserré dans l’air

Enceint de son espérance d’être
Il gonfle et s’enrage contre ses remparts
Qui le contraignent
Mais bientôt éreinté de ces luttes
Il retombe et ramasse en lui
Toute la mélancolie
D’avoir voulu exister.

Poèmes de l'insignifiance(22)



Les navires se posent sur la mer
Mais ne s'y enfoncent pas
L'allure hautaine
Oublieux de ce qu'ils doivent
A la houle.

Ils plissent l'océan
Et de la proue à la poupe
Le fendent et l'écartent
Sans effort
Le long de leur flanc.

Implacable
Comme la loi du sillage
Je m'ouvre
Pour aussitôt me refermer
Sur les vestiges mourants
De ce qui ne fut pas même moi.

Rumeurs des jours et des nuits (19)

Les objets sont les choses
Désignées par des mots
Ce ne sont plus des choses
Plutôt des engins
parfois utile, d'autres fois non.

Les choses gisent lointaines
Au-delà des noms qui les fixent
Et toute à leur distance inhospitalière
Elles se fécondent dans l'hostilité.

Seuls, l'ingénuité discrète
Ou la pieuse idiotie
De leur sommeil massif
Les éveillent.

Brève victoire cependant
Elles se raidissent aussitôt
Dans leur intolérante chasteté
Se refusent et stagnent aussitôt

lundi 11 août 2014

Rumeurs des jours et des nuits (18)

Ce que tout...

Il y a des oreilles dans la nuit où je me jette
Des puits d'éternité où se lavent les cendres lasses
Il y a des loups aux corps agacés qui évoquent les flèches
Comme une prière et un consentement aux larmes et au sang
Les pas incertains dans des villes amères
Les chants des jours légers où l'enfance se mêle aux cerises 
Et des baleines qui hument la saillie des vagues

Il y a des yeux dans le visage des saisons
Des visions fuyant sur les lignes de ma main
Il y a des vigognes qui bavardent et pleurent les volcans éteints
Comme une auréole sèche qui s'égare lorsque les marées ramassent le temps
Des pays vastes dans des pommes brumeuses
Des noces blanches où se perdent des nuits de farine
Et des carrefours aux miroirs brisés qu'achèvent des regards sans voix

Marche alors
Marche le long de l'enchantement de ce monde
Cours au plus sourd de ce que tu entends
Au plus nuit de ce que tu vois
Aveugle-toi enfin pour être ce qui t'appartient
Et brûle tes yeux pour y mettre l'univers

Fuis.




Rumeurs des jours et des nuits(17)

Les éclats du jour ont creusé dans les flots du ciel
L'amande grise de tes yeux qu'embrassent les oiseaux du sommeil
Et le silence de tes rêves a recouvert la couleur des heures perdues
Où captif entre tes doigts je buvais les vagues bleues de tes cheveux

Saphir lointain aux horizons d'une terre invisible
Ton souffle comme un joyaux de paix dansait dans la chaleur de ta bouche
D'où naissaient les ailes translucides de tes mots dans l'air vibrant de l'été
Au cœur de ta bouche ronde où palpitaient les mots de ta chair diffuse

Alors j'ai vu à travers les cercles des mouettes
Des routes maritimes se verser dans le repos du ciel
Puis j'ai grimpé sur le dos du monde pour l'inonder d'étoiles lactées
Et fuir jusqu'au pied de Dieu dont j'ai pénétré l'essence féconde

Depuis la grâce des lucioles embrase des aurores de soie.


dimanche 10 août 2014

Poèmes de l'insignifiance (21)

Il te faut maintenant
Comprendre les rêves du sable
Parler à l'inerte et au stable
Creuser des terriers dans l'instant
Et, entre le grain et l'infime,
Etendre le temps et l'espace
Dans ce présent qui est le tien.

Il n'y a ni passé ni futur
Ni mortels cortèges du regret
Ni sombres envoûtements du souci
Dans ce temps comprimé
Dans ce gîte pacifique
Où se concentre, immobile,
La totalité inachevée
Des hommes sans avenir






Rumeurs des jours et des nuits(16)

Ce qui dort
C'est la mémoire du givre
Oublié dans ta nuit
C'est la discrète noirceur
Qui se vêt de ta joie


Ce qui dort
C'est l'horizon de jadis
Le torrent froid
Pour les chemins
De demain

On se croit au printemps
Mais les cerises écarlates
Ont les noyaux gelés
Et la chair brûlée

(Un jour les hiboux
Sous un ciel léger
Dévoreront le soleil
Qui erre encore
Sur tes plaines obscures)

vendredi 1 août 2014

Rumeurs des jours (15)


La vie...Là...En tout cas...

Un dedans sans dehors
Elle est tout ce qui n’est pas elle
Et tout ce qui n’est pas elle est par elle
Elle accouche du monde
Et se donne à elle-même
La vie intérieure

Un endroit sans espace
Un être sans lieu
Des apparaissances y ondulent
S’éloignent puis se perdent
Dans un séjour mobile
La vie  intérieure

Un carrousel pour le vide
Sur des chevaux de pensées
Et quand je bois
C’est le vin qui s’y abreuve
Et s’enivre de ses vapeurs
La vie intérieure


Proche et lointaine
Elle est une coupure
Qui scinde l’univers
Tout y vit même ce qui est mort
Ce qui rit est ce qui y pleure
La vie intérieure

Dans les métros bondés
Elle se côtoie
Se frotte et s’ignore
Dans la grande lassitude
Des foules assoupies
Où elle se croit plurielle
La vie intérieure

Elle est ce silence immense
Cette condamnation solitaire
Qui penche ma tête
Sur ce qui rend humain
La certitude de l’incertain
Et l’assurance d’une réponse finale
La vie intérieure

Une et insécable
Elle est cette main invisible
Qui palpe seule
Le souffle qui nous pousse.