mardi 6 janvier 2015

Textes Pignoufs (2)


                        To Be Two Or Not To Be Two

Alors être deux, c'est être quatre : ce que je crois vivre et ce que je vis réellement et l'autre, ce qu'il croit vivre et ce qu'il vit réellement, Et aussi ce que je crois qu'il vit et ce qu'il vit réellement, ce qu'il croit que je vis et ce que je vis réellement. Par conséquent, en fait, être deux, c'est  être huit . Mais ce n'est pas tout, ce serait trop simple : ce que je ne crois pas qu'il vit et qu'il vit absolument même s'il ne se l'imagine pas et ce que je crois qu'il ne vit pas alors qu'il croit peut-être qu'il le vit même s'il ne le vit pas et que lui, l'autre, là, ce qu'il ne croit pas que je vis et ce qu'il croit que je ne vis pas alors qu'en fait je vis ce qu'il croit que je ne vis pas et ne vis pas ce qu'il croit que je vis tout en vivant ce qu'il ne croit pas que je vis et ce qu'il croit que je ne vis pas alors qu'il croit en fait et naturellement que je ne crois pas à ce qu'il croit que je vis tout en ne croyant pas du tout que je ne crois pas qu'il ne croit pas à ce que je vis et que lui non plus il ne croit pas à ce que je ne crois pas que je vis puisque je vis ce que je ne vis pas et crois à ce que je ne crois pas. Comme lui qui croit que je crois qu'il vit ce qu'il ne vit pas tout en en ne croyant absolument pas qu'il ne croit pas à ce qu'il ne croit pas qu'il ne vit pas; Etre deux, c'est être seize, Trente-deux..C'est pour ça que je disais parfois à ma femme qu'elle s'adressait parfois à un autre lorsqu'elle me disait des trucs et que peut-être, en fait, elle s'adressait réellement à l'être que j'étais ou suis mais que j'ignorais être ou que c'est l'être que j'étais qui refusait de saisir ce qu'il était en se basant sur ce qu'il croyait qu'il n'était pas ou l'être que je croyais n'être pas qui refusait de voir l'être que j'étais réellement tout en refusant de croire qu'il était  l'être qui s'ignorait en déniant la remarque qui visait-pensait-il-sagace- l'être qu'il se savait ne pas être et qu'il était malgré tout. 

Alors être deux, c'est être mille.

Ou dix mille.

11 commentaires:

  1. J'acquiesce et ce n'est pas Watt qui dirait le contraire et je me demande quel imbécile a inventé le dialogue. Mais qu'est-ce que j'écris, là?

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    1. Watt est présent partout chez moi, Ix. C'est un invité régulier, un invité intérieur.
      Le dialogue a dû être inventé par un misérable, incapable de parler à ses foules. Ce Monsieur Carence nous fatigue depuis des siècles. Le meilleur contre-exemple de cette hérésie qui consiste à croire que nous parlons réellement à quelqu'un est donné par Darry Cawl, dans "Robinson et le triporteur" , les scènes où il parle à lui-même devraient être versées au Patrimoine Commun de l'Humanité. Un chef d'oeuvre total sans reste et sans miette.
      Même si c'est une drôle d'idée d'écrire ce que tu viens d'écrire en te demandant pourquoi tu viens de l'écrire vu que tu te demandes si écrire cela a encore un sens puisque le dialogue relève des farces et attrapes; donc si c'est une idée un peu baroque d'écrire comme ça des choses qui se contredisent elles-mêmes pour affirmer d'une certaine manière leur absoluité inconditionnelle, malgré tout cela, je suis très heureux de ton commentaire (qui comme tu peux maintenant le remarquer n'est pas du tout un dialogue à moins que tu ne prennes ceci comme une réplique).

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  3. Je trouve que pleurer fait parfois un bien fou, ça remet les choses en place.
    Darry Cawl, quand il était petit, fut puni pour je ne sais quoi par son père : celui-ci le maintint par le col au-dessus du vide, de la fenêtre de je ne sais quel étage (je ne sais pas grand-chose mais juste ça, qui m'a frappée, qu'il fut maintenu au-dessus du vide). Ce doit être depuis ce temps-là qu'il parle à lui-même, son père n'ayant pas entendu ses cris de terreur.
    Il y a un Cléanthe (mais lequel) qui me rassure : je ne dois pas être complètement folle ni gâteuse quand je parle toute seule et que j'en suis moi-même étonnée.

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  4. Tâchons de mettre un grain de précision dans tout ce flou : ce n'était peut-être pas son père mais plutôt une "bonne" d'enfant... Ce qui ne change rien.

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  5. Alors je vous ai lu, Cléanthe, non, on vous a lu, on était 32, non, on était mille, non finalement on était dix mille... enfin je ne sais plus. Beaucoup en tout cas.

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    1. Et on arrive malgré tout à trouver un accord (sûrement dissonant) dans tout ce tintamarre. Autre chose qu'au sein d'une quelconque Assemblée Nationale où ils sont beaucoup moins nombreux.
      Bien le bonjour à vous tous, Alma

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  6. D'autant plus que la plupart du temps, ils roupillent.

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  7. Savons-nous à quel jeu nous jouons puisque jeu est un autre?

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  8. au je de l' amour et du hasard..
    :)

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