mardi 3 février 2015

Poèmes de l'insignifiance (61)

Des libellules riment avec les lucioles
Dans les forêts humides naissent des pivoines
Et des méduses aux ailes de lys s'élèvent dans les cieux
Pour faire l'amour aux hirondelles qui dansent dans le vent

Et moi qui suis là devant toi, devant vous
Ne vois rien car il y a tant à voir
Ne vis rien car il y a tant en vivre
Ne fais rien car il y a tant à faire
Mais il y a peu à voir et à vivre
Et encore moins à faire
Sinon entre mes bras de misère
Saisir seulement ce qui ne peut se saisir

Des prières qui cherchent les comètes aux lunes de marbres
Des montagnes de chaux où chantent le venin des taipans
Des lagunes bleues qui se glissent entre les jambes de la terre
Des offrandes qui ornent le jour de leurs couchants tristes

Et moi qui suis là devant toi devant vous
Attend la pauvreté extrême 
Pour unir un jour peut-être
Nos solitudes sèches.


4 commentaires:

  1. "nos solitudes sèches" : et peut-être depuis toujours.
    Tes poèmes, eux, sont toujours émouvants....

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  2. Faire valser nos costumes de guerre, nos vêtements de cirque. Etre nus pour être au monde, à soi, aux autres..

    Je trouve le rythme de ces derniers poèmes vraiment épatant.
    J' adore comme ils chaloupent.. :)

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