mercredi 30 septembre 2015

Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (77)






                  No One Nowhere.....

Je marchais dans des rues familières
Que je ne connaissais pas
Je pensais à des choses
Que j’avais oubliées
Et qui vivait ma vie
Dont elles avaient pris la place

Mon être était alors épars
Et coupé de lui en lui
Dans un monde étrange
Fait de cloisons blanches et invisibles
Des fragments de pas
Dont j’ignorais qu’ils étaient miens
Mangeaient l’ombre
Qui se présentaient dans le regard
De ceux que je ne croisais pas

Je marchais dans des villes familières
Où j’abandonnais des morceaux de murmures
Et dans ces impasses où se forgeait ma tristesse
Naissaient de nouveaux chagrins
Aux silhouettes haletantes
C’était le grand appel de la dissolution
L’appel de l’émiettement
A travers la foule dont les cris
Eteignaient mon nom

J’épelais ce nom
Que j’avais perdu
Mais je réclamais sans connaître
La place qu’il occupait
Alors des prières montaient de ma gorge
Vers les séraphins blanc de l’héroïne
Qui noyaient mon esprit écartelé
De leur chant mortuaire

Je dormais dans des lits
Où mon sexe se dressait
Au milieu de vergers stériles
Dans une campagne séparée de tout
Et la semence se répandait
Sur l’étau de mes doigts
Quand le ventre soufflait
La tempête dispersée
De mon être écarté
Où rien ne poussait

Partir alors
Où rien ne s’écoute
Où rien ne se voit
Dans les ténèbres dissolues
D’une couche
Où courent les peurs
Et les aveux tus 
De ceux qui ne peuvent dire.

lundi 28 septembre 2015

Poèmes du Minuscule et de l' Insignifiant (76)




Les choses, ne pas vouloir les saisir

Laisse-les  en leur lieu
Et accepte ce qu’elles sont
Dans leur simplicité idiote
Ou si tu veux, petite haine chérie,
Dans leur médiocrité obtuse
L’eau n’offre rien au vent
Le vent n’outrage personne
S’il n’est que lui-même
Les plaines se scandaliseraient d’être collines
Et les nuages riraient d’être montagnes

Les choses en leur sein dorment et reposent
Les surprendre 
C’est les arracher à elle-même 
Au cœur de leur sommeil

Elles ne comprendraient pas ta violence
Et toi tu ne gagnerais à ce vol
Que creuser la blessure profonde
Sur laquelle déjà tu as élevé ces mots
Et que malgré eux et contre eux
Tu veux comprendre

Laisse-la, l’écorchure malsaine,
Et que coulent les rivières mortes
Dont elle est la source empoisonnée.


dimanche 27 septembre 2015

Rumeurs des Jours et de la Nuit (79)




Aux arbres au loin
Vous qui ne connaissez rien

Les racines rien du tronc
L'écorce rien de ce qui l'a fait écorce
Et les branches qui s'élancent
Ou celles qui se penchent
Ne savent rien non plus de ce qui les porte
Comme le limbe de leurs feuilles
Aussi du pétiole qui les lie

On irait même jusqu'à dire :
Les bourgeons ignorent le secret des fleurs,
Les fleurs, celui du fruit amer
Le fruit amer, celui du fruit mûr
Le fruit mûr ne sait rien des secrets
Il gémit seulement de sa maturité solitaire
Et craint - mais il ne sait encore pourquoi-
L'insecte porté par la brise du soi
r.

(L'insecte engagé sans le savoir par le vent qui passe)

vendredi 25 septembre 2015

Rumeurs des Jours et de la Nuit (78)

Il existe des yeux parmi...


Jument azur
Sur des girandoles jumelles

Torche de bruine
Aux fards de jasmin

Aneth des collines
Soumise aux chants des pavots

Fleurs rouges
Aux grains de chagrins

Thym des prairies
Bouquet de garrigue

Et dans les champs
Le blé qui se courbe

Sous l’enveloppe vallonnée
De tes yeux

De tes yeux si doux
De tes yeux si bons

Aux cils de sauge
Et de romarin.


jeudi 24 septembre 2015

Rumeurs des Jours et de la Nuit (77)


            

         Crépuscule des ombres...

De l’avenir
J’emprunte les rubans blêmes
Et déroule le destin 
Du tout et du rien
Puis rougeoient dans le silence
Des hantises crépusculaires
Lorsque sous les étoiles 
Blanches et nues
Le vent lourd des ténèbres 
Nourrit mon âme
Des ombres dansantes 
D’une lune fugueuse
Que les enfants aiment 
Caresser de la plume
Dont nous avons le cœur fait

Sous la hantise blanche 
Des étoiles crépusculaires 
Comme des reflets 
Sur mes eaux profondes.

mercredi 23 septembre 2015

Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (75)

Tout semble mort
Dans la chaleur
Immobile
Sans résistance
Quand tu la pénètres
Elle altère simplement sa texture moite
S’adapte
Et t’enveloppe de sa question brûlante.
Te voilà inclus dans son tourment fanatique
Sans force
Tu ne perces que ce qui se fuit.
Même l’indiscipline ne te sauvera pas.