vendredi 30 décembre 2016

Les Intitrés(1)

On a aimé le cristal et l'eau dans la pluie
De celle qui se raconte entre les cimes de brume
Lorsque s'efface ce qui s'apprête à naitre
Dans tes yeux  qui s'affament d'oubli
Comme un dernier geste de sourcier
Qui ne cherche que le néant 
et ce qui en sa cendre lui survit.

samedi 26 novembre 2016

Intitrés

Sur la crête sombre,  figé à la limite des ombres et de la lumière,
ce solitaire est nu, enfermé entre deux immensités. L’immobilité tombe du ciel et étreint la terre. Les heures du soir dans l’espace se vident ; le gel encore a saisi les labours, un peu de givre accompagne leur houle.

Dans le ciel mat, l’écho d’un oiseau noir. L'attente et le suspens se couvrent  de nuit.

Une vague de terre court vers le ciel, ombres et lumières figées
Elle est solitude, monodie du temps, ce qui parle en costume d'infini. Immobile aussi dans les cercles du soir où les limites s'épuisent ; le givre endort les labours, un air glacé fixe le présent. Le ciel est un creux que les mots ne peuvent combler.  



jeudi 24 novembre 2016

Intitrés

Une voix se dérobe, tu es là pourtant
Dans ton oeil les jardins bleutés où s'aiment les horizons
La voix traîne alors comme un nuage par dessus le vent
La bergerie où tu dors n'est qu'écho et la voix encore se perd

Les matins sont obscurs, ceux où tu cherches enfin cette voix
Ceux où tu soulèves la pierre pour entendre son frémissement
Tu vis dans une maison où les brebis s'envolent et t'abandonnent
Te voilà à coucher avec une parole sans voix
Aux matins sombres où tu attends tout du vent.

mardi 22 novembre 2016

Intitrés



Combien de nuits ont coûté à nos mains avides
L' attente des jours qui coloraient les aubes ?
Et lesquelles, parmi ces cendres, valaient l'espoir
De l'accomplissement et de la lumière ?

Sur les schistes austères, les feuillages de pierre
Offrent aux fleurs de marbre ces coraux d'hier
Cette voix enfermée et pourtant familière
Que je bois à tes lèvres aux silences brûlants

mercredi 16 novembre 2016

Aux Seuils d'Absence (19)


On m'a dit le feu a couché entre les rêves des chambres sans mémoire, quand le vent s'est levé là où s'étale le temps et que la peur alors s'est assise entre mes gencives. Les miroirs ont pris leur envol dans la nuit mature et j'ai guetté leur retour au milieu d' images trop jeunes aux regards trop froids.

A l'époque je vivais sous ta robe où se perdaient et se perdent encore les chants inquiets des lieux inaccomplis.

mardi 8 novembre 2016

Aux Seuils d'Absence (18)


Mes paroles étaient des silences froids
Dans l'arbre, un oiseau parcourait le désert
Des fruits de sable couraient comme des nuages
Sous la nuit d'un port du Nord

Plutôt que de ramper dans le sel de mes mots
Tu préféras ouvrir un chemin aux jardins des heures
Où tes minutes closes comme des flots en fleurs
Débauchaient mes vaisseaux en quête d'écueil

Tes bras ne serrèrent qu'un beaupré en loque
Un sommeil d'étrave sous l'écorce brûlée
L'aubier de tes jours quand la lumière se retire
Et que le sombre même s'écarte et se refuse.

lundi 7 novembre 2016

Aux Seuils d'Absence (17)

Toi, tu as séparé les parts du vent
Heureuse comme une pluie où gémissent les absences
Tu as coupé le pain des aubes et la mie a fui
Dans l'eau que tu as versée où se hante ma nuit.

Les croûtes font bande à part

Dans la part du vent
Ecoutant au pied des murailles
Les voix qu'elles craignent mais appellent.


Aux Seuils d'Absence (16)

Nous étions ! Terres de labour, gangue de terre
Dans la nuit, tous deux parmi les pierres pâles
Et les ombres couchaient dans nos mémoires
Aussi soulevas-tu la crinière des jours
Pour ouvrir le temps sur la trappe de l'Eternel
Nous étions deux à suivre la procession des houles
La question que tu posas nous rendit aux feux des solitudes
Puis l'ordinaire comme la coutume l'exige
A nouveau se reput dans l'auge de nos habitudes.

Nous étions et nous fûmes
Fragments constellés dans le lit des étoiles.

samedi 22 octobre 2016

The Famous Series(2)

Les singularités fuient, courent le long des précipices, jouent avec la pesanteur, évitent les à-pic et les surplombs pour étendre leurs évanescences souples comme un duvet sur la banquise. Les singularités sont des lignages, surtout des lignes qui fluctuent tout au long de la longue  traversée des points, ces hôtels endormis au bout de toutes ces routes de sable, et dont les miroirs  offrent à tout qui ne se donne pas figure mais naturellement y aspire, l’incongruité de sa tenue factice. Il faut fixer dans la fuite et l’inconfort la question et le problème. Les choses ne s’éliminent qu’à la nécessaire condition de cette offrande.


Memories can't wait I, 2b-45c, Fergusson-Willis, Les codes de la fuite, Orion London, Famous series,   Trad. Willhem Und Eva, (Düsseldorf 2006), 1889.

vendredi 21 octobre 2016

The Famous Series (1)

Celui qui échappe même à l'humain est une singularité sans forme
               
                           Memories can't wait, I, 3a-4wx, Fergusson-Willis, Les codes de la fuite, Orion London, Famous series, Trad. Willhem Und Eva (Düsseldorf 2006), 1889.

vendredi 14 octobre 2016

Aux Seuils d'Absence (15)

Sous la voûte, une vigne éclaire son matin ; sa grappe attend
Dans l'obscure gargouille le visage qui l'emprunte.
Là voici grimaçante comme une ténèbre joyeuse
Danser encore sous la pierre courbe.
C'est une main d'enfant qui sort de sa bouche
Une parole manuscrite qui gave de troubles
Les chemins où se scellent les pas

Parmi les aubes brisées, à la surface des rêves dépeuplés
La langue a ramassé la mer ; et dans la main des vieillards
Un coquillage qu'embrassent les Dieux introuvables.





jeudi 13 octobre 2016

Paroles, Houles insues (5)




A peine le temps couché sur les nuages
Tu t'enquis de l'avenir
Comme d'un lieu sombre où gitent les plateaux
Comme ces champs que tu vois
Lointains et pâles aux visages d'enfances endormies

Nous bénissions nos champs
Du lait d'amoureuses irrévérences
Et  demain fleurissait sans la sève de jadis
Comme une pierre innocente loin de sa montagne
Insues houles, invisibles foules
Qui me pénètrent et m'absorbent

Comment voulais-je alors
Comment aimai-je aussi
Sinon comme ce qui sans volonté 
Epouse les courbes et les rives chaudes
Des nuits sans les jours.

mercredi 12 octobre 2016

Aux Seuils d'Absence (14)


Que choisissent les souffles?
Une terre d'étrave sous un ciel sans embruns ?
A quelles bouches accordent-ils leurs chemins ?
Et sur ces routes de désir qui peut les entendre?

Que veulent les souffles ?
Des plaintes que boivent les vents ?
Des déchirures scellées sous le mutisme des sols ?
Dans cette terre parlante où rampent les silences ?

Peut-être ce doux murmure
Qui remue sous les branches
Un ciel d'été
Où chantent les morts.

mardi 27 septembre 2016

Aux Seuils d'Absence (13)

Pour éteindre les heures
Au mitan d'équinoxe
J'ai placé mon abri
Entre le vif et le gel
Sur des landes de pierre
J'ai compté mes cailloux


Sous le toit des tentes
Aux teintes étrangères
Une tombe hostile aux ajours.





samedi 20 août 2016

Les Confins : s'ouvrent hautes vagues sous la voile des mers (10)

Il pleut sur les détroits de verre, les estuaires creusent des solitudes de sel et de sable
Les tempêtes bruissent d'une flamme vague, les brumes ont des regards d'écume
Et les astres ont la couleur des songes lorsque la lune est une eau vive que lave la nuit


Un mot, un seul mot échoué sur des berges oublieuses et tout se désassemble...Glas de la terre, paupières de pétales que l'enfance a couchées sur ses îles souillées...les rives s'étonnent puis se dissipent ...Le fruit vert germe sous les eaux... Le péril prend figure de maturité. La fraude tiendrait aux sèves des racines, on dirait des presqu'îles de neige, ces hommes aux manteaux de nuages, et ces femmes aux masques de silence rampant maintenant sous l'averse...



Nous ne vivrons plus de cette manne fertile qui fit des marées les joies de la mer, nous ne vivrons plus de ces temps où s'étreint ce qu'infiniment nous ne pouvons étreindre, nous ne vivrons plus la loi de ces hauts-lieux de l'âge lorsque les fuyards patients montraient leurs visages dans le reflet des eaux sans souvenirs...Il ne reste de l'été qu'une suspension de l'air qui pousse le navire sous la houle d'hiver et de l'écoute, la dérive sous l'ordre impérial des horizons...


Il y a des chants de cornes calcaires, des paroles humides et des larmes atlantiques
Les sources ont des envols de feux et de sang, invisibles sur les ponts où l'on attend nus leur hymne de comètes
Il y a des mailles que traverse la lumière des rives lorsqu'à force de fondre elles dressent l'instant lorsqu'il se fait promesse


Toujours pourtant la salive se mêla à l'argile et nous eûmes à construire les portes avant d'en forger les clés, élever des murailles de fumée pour dans l'ivresse y nicher nos naissances et le vent enfin pour y tremper nos saisons de papier. J'ai marché dans des déserts où les alliances s'exilent et dans l'exode chercher ce qui en moi n'avait plus lieu d'être, débris de paroles, souffles de cendres, ruines de plomb...Et sous la mer étale, les ombres des aubes ...



A nous- disions-nous- les moissons en gerbe sous des appentis sans toit, à nous donc tout ce qui naît et disparaît, à nous le point du jour où l'obscur s'éteint en jetant sa semence - nous disions -  au soleil, à la face de sa lumière lasse à laquelle nous ne croyions pas, à ses saisons de feux où le gel fleurissait, les corolles aux senteurs mortes...Sauf les lignes d'au delà des lointains où roulent tous les horizons, ces traces d'azur qui s'enflammaient dans nos iris...


Les plumes enfantent les graines qui sèment le monde, plumes brisées, plumes mortes, plumes reprises
Sans relâche, c'est dans une encre de glaise qu'elles ramassent leur âme opaque
Car on ne peut dire en deçà des frontières, notre coeur ne parle qu'aux ports sans escales


Il aurait fallu percer de nouveaux puits sur ces îles d'enfance...
Faire germer la poudre des siècles et le sucre du temps couronner
les hauts feuillages des murailles et des villes. Et les beaux jours, ensommeillés dans les ailes du torrent, recouverts enfin de la nacre
de midi, suinter de larmes de miel et les ruches peupler la pente des heures de leurs coraux d'or et d'argent...Il eut fallu les matins des attentes de fleuves et les soirs des repos d'estuaires...

Et partout les sirènes des vaisseaux, partout des quais et des embarquements, des crissements de coques et le claquement des gréements sous la berce du vent...Ces voiliers aux linceuls si blancs, prenant si bien la brise, aux ports d'attache si fermes. Partout ces mers aux nageurs isolés, nageurs de terre, nageurs de boue, ouvrant dans la houle les labours des jours, où tressaillent l'amour et la mort...

Les mines sous nos pieds ont des langues de prophètes et ne s'enchantent que d'avenir
Les pierres ne mentent pas qui disent qu'il n'y a dans les pas d'aujourd'hui rien des pas de demain
Les rêves sont les princes pâles qui engrossent la terre, le nid qu'ils habitent et fécondent pour s'y dissoudre comme une nuée anonyme


De toute part, de la substance des horizons et malgré tout présente de tout son sel, une soif comme un amer sous le phare, une soif qui inondait les fontaines, qui, canal aride, asséchait l'arrière-pays, une soif de cailloux et de roches, d'arènes et de laves...Cette faim de la soif, le tarissement des sources, l'homme de ronce et de ponce sur des routes de palimpsestes, cette rumeur sourde du monde qui erre comme une ivresse tue sous les signes inintelligibles...

Du bord des choses les hommes sont nés, de déserts et d'erg ils ont vécu, hommes doux sous la tente du ciel, le doigt dressé dans le froid des nuits, vers ce qui ne se peut, le sans âge, dans les rides du temps et de ses cicatrices vermeilles, hommes nés, souverains-nés du silence, parmi les bêtes et les plantes, sous les palmes des Royaumes rêvés...Ruisseaux de songes aux étoffes errantes...Veufs déjà des territoires qui les ont nommés...

Le souffle du soir annonce la béance du large où s'unissent les prières et les suppliques
La terre d'aujourd'hui, pauvre, nue, attend ses lumières du vent, son sel seul abreuve les peines
Des prairies lacustres s'envolent des oiseaux et leurs messages de roseaux incrustent le sol de ceps et de vignes

De ces temps maintenant anciens où l'âme avait les vertiges enfantins d'un vide à peine soupçonné, souhaité même, nous avons pris congé et pour d'autres falaises aux solitudes plus formées avons-nous voyagé...Nouvelles aurores aux souffles dérobés,  vagues expirantes sur des seuils d'arêtes et de cristal où la volupté et la souffrance ont accroché leurs amarres uniques au delà des météores...Forces vierges  agitées encore d'un sang séculaire....

J'ai espéré alors la tempête qui trouble et refuse, la pluie qui blanchit et efface, la rafale qui abat et empêche, ...les siècles qui dansent et répètent le suffrage des vivants et des morts...J'ai espéré une guirlande étroite d'où je sens ma vie, celle que j'attends, celle aux ailes obscures où les nuits se mirent et qui battent dans une pensée plus grande que la mienne, au dessus de fleuves plus larges,  par delà une immensité plus immense encore que le bleu des jours.









mardi 2 août 2016

Paroles, Houles insues (4)

La-bas des vergers gonflent leur fruit
Lorsqu'au plus près de l'âme
Ton corps en moi chante les maraudes de l'été
Je parle des seuils
Aux jardins déclôts
Que tes mains ont semés
De paroles naissantes
Mais ta demeure vive
Est sans propiétaire
Le printemps n'appartient qu'à lui-même
Et ses heures doucement
Tombent d'un ciel bleu de neige

lundi 1 août 2016

Paroles, Houles insues (3)

Comme une mer assoiffée sur des sentiers de lichen
Que la pluie réchauffe sur une peau d'orage
Je pense à toi comme un fruit toujours vert
Où se tend l'eau de tes lèvres
Et les éventails de printemps
Sur lesquels mes pas creusent des regards
Comme des lisières qui refusent les bornes

Dans ton souffle germent les paupières
Où giguent les ombres et les pierres
Gerbes sur une ceinture de roses
Il faut de hautes levées d'arbres et de rivières
De hautes levées de chants et de secrets
Pour que le jour enfin absorbe la nuit
Où s'étendent les blasons des regrets

J'ai regardé l'étrave du temps
Et dans sa chair voleuse les migrateurs de houle
J'ai attendu leurs sillages où se cachent le sang
Et dans les jours qui fondent
L'attente imprévisible de ce qui se trame
Bien après que les horizons ont disparu

vendredi 29 juillet 2016

Paroles, Houles insues (2)

Il arrive qu'une voix sans couleur
Cherche son chant dans le frôlement du vent
Au loin on l'attend revêtu de promesses
Pour ne pas oublier ceux qui nourrissent le sang

Paroles tissées dans l'ombre anonyme
Effluves écrues où rien n'arrive
Les mots endormis et les pensées en veille
Bégaiements continus du creux et de l'absent

Alors puisqu'on n'a pas le choix
Des lèvres tisserandes cardent des lettres cachemires
Et rien de plus
Dans les geôles d'aujourd'hui et dans celle de demain.



lundi 25 juillet 2016

Paroles, houles insues (1)

Nous avons passé nos veilles à inventer le sable
Nos mains expertes ont ourdi des complots de rivages
Les vagues sont retournées à elles-mêmes
Elles sont désormais sous la protection des sources
De l'inéluctable ensablement des rades

Les passages se sont faits étroits aux cîmes des ombres
Et des lutrins de pierre ont effacé les soirs et les aubes
Dans le souffle chaud des mots et des prières
La pierre, le désert enfin, s'est couverte de lys et de trèfles
Le fruit s'est fait révélation, acquiescement à la pulpe

Sous les paroles de cendre, parmi les chants d'eau et de sabre
Et longtemps encore le cygne de l'enfance aux ailes vaines
Glissera dans les veines d'un ciel d'écumes 
Et de ses vallées le long écho plaintif de ses lèvres
Assiéra son empire sur le trône de ses fièvres.





dimanche 24 juillet 2016

Aux Seuils d'Absence (13)


Reste la paille
Où mûrissent
Lumière et songes
Qui font demeure à ce qui erre

Je croise en  terres immobiles
Des épaves et des ruines
Que signe le déclin de l'eau et de l'argile
Qu'importe à celui
Dont l'absence a modelé les mains :
Le défaut et l'oubli frissonnent
Dans le parfum des fleurs.

mercredi 20 juillet 2016

Eau lente, mailles de joncs (14 et fin)


Ceindre l'abîme de la coiffe des Confins
Couronne de nuit et de désert
Où l'Obscur luit et la soif apaise
Car seul le Verbe est l'épée
Qui ouvre des routes entre les sables

Les semailles s'abreuvent de sècheresse
Aux labours des dunes
La graine éclôt
Gorgée du lait de pauvreté
L'infécond est mère de ce qui vit.






Aux Seuils d'Absence (12)

Où je suis
Je ne suis pas
Ce que je vois
Ne le voit pas
Dans le vent
Rien ne souffle
Dans le feu
Rien ne brûle
Et dans l'eau
Rien d'humide
Ce n'est que hors
Que je vois ce que je vois
Ou suis ce que je suis
Absence, présence à l'ailleurs
Où bruit ce qui est d'ici



mardi 19 juillet 2016

Aux Seuils d'Absence (11)

On raconte
Que l'absence est l'écho muet
De la mémoire
Moi je dis
Qu'elle est demeure où tout se tient
Demeure aux guets ensommeillés
Une vibration qui offre voix
Un passage, la passe maritime
De l'un vers l'autre

Aux Seuils d'Absence (10)

C'est de l'ombre nue
Que sortent les clairières 
Ténèbres légères
Rivages de silence humide 
Aux vagues trop floues
J'aimerais être là
Aux lisières de tes yeux
Et dans leur iris sombre
Capituler devant l'évidence des brumes.







vendredi 1 juillet 2016

Les Diables au Paradis (1)


Ô Déception ! Ô désespoir ! Y a-t-il plus de grandeur d'âme à accepter les tourments outrageants d'un destin  contraire qu'à hisser haut la voile gaillarde sur  les flots d'une révolte mille fois inutile ? 
Ô Vertonghen ! Ô Vermaelen ! Et peut-être toi aussi Hazard,  contractures à l'Est d'Eden ! Combien nous manqueront ces Diables en Pays de France et dans nos malheurs où donc chercher remèdes ?
Ne vaudrait-il pas mieux, plutôt que subir la honte des cieux, recouvrir la terre entière d'un manteau de silence et qu'à la victoire galloise, dans l'adversité des Dieux, nous répondions enfin sans jamais douter de notre Grandeur !
Et qu'accorder à cette débâcle tant de troubles affreux et de désespoirs confondus ne nourrissent que fureurs absurdes et colères meurtrières !
Ne gavons point nos craintes là où la sérénité est requise et gardons à nos sens aiguisés l'empire de notre raison
Allons vers elle comme un ange apprenant tout de son vainqueur !
Et oublions dans l'onde rougeoyante du vin les tristesses encore à venir.

jeudi 9 juin 2016

Aux Seuils d'absence (9)


Ici encore
La nuit dont on a faim
Consume le nom

Puis à flanc de nuit
Mes ténèbres se font jour

Le reste, l'élémentaire,
Le passage des clartés
Aux vents de suie
Somme l'absence
D'être là enfin.



mardi 7 juin 2016

Aux Seuils d'absence (8)




                            C'est ici ton temps seul
                            Ton temps nu, voix et source
                            Plus dépouillé que mort
                            Une misère vive
                            Qu'écoutent tous les murs
                            Qui joignent les déserts
                            Asile de tout havre
                            La Grande Île affligée
                            Ceinte des mers lointaines
                            Embrasse ses berges ivres
                            Et les morts où elles couchent.



(le dessin, c'est Biniam, mon fils, 11 ans)

jeudi 26 mai 2016

De vent et de pluie (12)


Le silence célèbre l'absence
Sa sentence pose l'hypothèse de la paix

Le désordre fleurit comme un idéal
Une vanité d'effusions colorées

Sous la séduction gémit l'amère inconnue
L'équation a oublié la part du vent.









dimanche 15 mai 2016

Eau lente, mailles de joncs (13)

Les jours aiment les jours
Et accordent aux nuits
L'espoir de leur nature

Les jours suivent les jours
Rire dans l'azur 
Des pluies de demain
C'est espérer la sagesse des lointains. 
C'est espérer les lointains
Les lointains du demain.

Eau lente, mailles de joncs (12)

D'un chemin aux confins
Ce qui se tisse
Est toujours maintenant
Limpidité de la présence
Offrande retirée 
Dans le dé 
Où se coud le lien.

Eau lente, Mailles de joncs (11)

Rien du soir
Ne se pose sur les joncs
Seul le matin
Nourrit leur sève
Matin seul
Né d'entre deux nuits.

mercredi 27 avril 2016

Aux Seuils d'absences (7)


Ce sont des continents de temps
Naviguant sur des mers australes
Ecumes crues, algues mouvantes
Courant dans l'infini de ma paume
Où le sable revient et chantonne
Emportant les étoiles sans nombre
Comme une fumée étirée
Dans une parenthèse de vents
Sur les rivages allant et venant
Sur les rivages qui surplombent les ans