vendredi 29 juillet 2016

Paroles, Houles insues (2)

Il arrive qu'une voix sans couleur
Cherche son chant dans le frôlement du vent
Au loin on l'attend revêtu de promesses
Pour ne pas oublier ceux qui nourrissent le sang

Paroles tissées dans l'ombre anonyme
Effluves écrues où rien n'arrive
Les mots endormis et les pensées en veille
Bégaiements continus du creux et de l'absent

Alors puisqu'on n'a pas le choix
Des lèvres tisserandes cardent des lettres cachemires
Et rien de plus
Dans les geôles d'aujourd'hui et dans celle de demain.



lundi 25 juillet 2016

Paroles, houles insues (1)

Nous avons passé nos veilles à inventer le sable
Nos mains expertes ont ourdi des complots de rivages
Les vagues sont retournées à elles-mêmes
Elles sont désormais sous la protection des sources
De l'inéluctable ensablement des rades

Les passages se sont faits étroits aux cîmes des ombres
Et des lutrins de pierre ont effacé les soirs et les aubes
Dans le souffle chaud des mots et des prières
La pierre, le désert enfin, s'est couverte de lys et de trèfles
Le fruit s'est fait révélation, acquiescement à la pulpe

Sous les paroles de cendre, parmi les chants d'eau et de sabre
Et longtemps encore le cygne de l'enfance aux ailes vaines
Glissera dans les veines d'un ciel d'écumes 
Et de ses vallées le long écho plaintif de ses lèvres
Assiéra son empire sur le trône de ses fièvres.





dimanche 24 juillet 2016

Aux Seuils d'Absence (13)


Reste la paille
Où mûrissent
Lumière et songes
Qui font demeure à ce qui erre

Je croise en  terres immobiles
Des épaves et des ruines
Que signe le déclin de l'eau et de l'argile
Qu'importe à celui
Dont l'absence a modelé les mains :
Le défaut et l'oubli frissonnent
Dans le parfum des fleurs.

mercredi 20 juillet 2016

Eau lente, mailles de joncs (14 et fin)


Ceindre l'abîme de la coiffe des Confins
Couronne de nuit et de désert
Où l'Obscur luit et la soif apaise
Car seul le Verbe est l'épée
Qui ouvre des routes entre les sables

Les semailles s'abreuvent de sècheresse
Aux labours des dunes
La graine éclôt
Gorgée du lait de pauvreté
L'infécond est mère de ce qui vit.






Aux Seuils d'Absence (12)

Où je suis
Je ne suis pas
Ce que je vois
Ne le voit pas
Dans le vent
Rien ne souffle
Dans le feu
Rien ne brûle
Et dans l'eau
Rien d'humide
Ce n'est que hors
Que je vois ce que je vois
Ou suis ce que je suis
Absence, présence à l'ailleurs
Où bruit ce qui est d'ici



mardi 19 juillet 2016

Aux Seuils d'Absence (11)

On raconte
Que l'absence est l'écho muet
De la mémoire
Moi je dis
Qu'elle est demeure où tout se tient
Demeure aux guets ensommeillés
Une vibration qui offre voix
Un passage, la passe maritime
De l'un vers l'autre

Aux Seuils d'Absence (10)

C'est de l'ombre nue
Que sortent les clairières 
Ténèbres légères
Rivages de silence humide 
Aux vagues trop floues
J'aimerais être là
Aux lisières de tes yeux
Et dans leur iris sombre
Capituler devant l'évidence des brumes.







vendredi 1 juillet 2016

Les Diables au Paradis (1)


Ô Déception ! Ô désespoir ! Y a-t-il plus de grandeur d'âme à accepter les tourments outrageants d'un destin  contraire qu'à hisser haut la voile gaillarde sur  les flots d'une révolte mille fois inutile ? 
Ô Vertonghen ! Ô Vermaelen ! Et peut-être toi aussi Hazard,  contractures à l'Est d'Eden ! Combien nous manqueront ces Diables en Pays de France et dans nos malheurs où donc chercher remèdes ?
Ne vaudrait-il pas mieux, plutôt que subir la honte des cieux, recouvrir la terre entière d'un manteau de silence et qu'à la victoire galloise, dans l'adversité des Dieux, nous répondions enfin sans jamais douter de notre Grandeur !
Et qu'accorder à cette débâcle tant de troubles affreux et de désespoirs confondus ne nourrissent que fureurs absurdes et colères meurtrières !
Ne gavons point nos craintes là où la sérénité est requise et gardons à nos sens aiguisés l'empire de notre raison
Allons vers elle comme un ange apprenant tout de son vainqueur !
Et oublions dans l'onde rougeoyante du vin les tristesses encore à venir.