samedi 26 novembre 2016

Intitrés

Sur la crête sombre,  figé à la limite des ombres et de la lumière,
ce solitaire est nu, enfermé entre deux immensités. L’immobilité tombe du ciel et étreint la terre. Les heures du soir dans l’espace se vident ; le gel encore a saisi les labours, un peu de givre accompagne leur houle.

Dans le ciel mat, l’écho d’un oiseau noir. L'attente et le suspens se couvrent  de nuit.

Une vague de terre court vers le ciel, ombres et lumières figées
Elle est solitude, monodie du temps, ce qui parle en costume d'infini. Immobile aussi dans les cercles du soir où les limites s'épuisent ; le givre endort les labours, un air glacé fixe le présent. Le ciel est un creux que les mots ne peuvent combler.  



jeudi 24 novembre 2016

Intitrés

Une voix se dérobe, tu es là pourtant
Dans ton oeil les jardins bleutés où s'aiment les horizons
La voix traîne alors comme un nuage par dessus le vent
La bergerie où tu dors n'est qu'écho et la voix encore se perd

Les matins sont obscurs, ceux où tu cherches enfin cette voix
Ceux où tu soulèves la pierre pour entendre son frémissement
Tu vis dans une maison où les brebis s'envolent et t'abandonnent
Te voilà à coucher avec une parole sans voix
Aux matins sombres où tu attends tout du vent.

mardi 22 novembre 2016

Intitrés



Combien de nuits ont coûté à nos mains avides
L' attente des jours qui coloraient les aubes ?
Et lesquelles, parmi ces cendres, valaient l'espoir
De l'accomplissement et de la lumière ?

Sur les schistes austères, les feuillages de pierre
Offrent aux fleurs de marbre ces coraux d'hier
Cette voix enfermée et pourtant familière
Que je bois à tes lèvres aux silences brûlants

mercredi 16 novembre 2016

Aux Seuils d'Absence (19)


On m'a dit le feu a couché entre les rêves des chambres sans mémoire, quand le vent s'est levé là où s'étale le temps et que la peur alors s'est assise entre mes gencives. Les miroirs ont pris leur envol dans la nuit mature et j'ai guetté leur retour au milieu d' images trop jeunes aux regards trop froids.

A l'époque je vivais sous ta robe où se perdaient et se perdent encore les chants inquiets des lieux inaccomplis.

mardi 8 novembre 2016

Aux Seuils d'Absence (18)


Mes paroles étaient des silences froids
Dans l'arbre, un oiseau parcourait le désert
Des fruits de sable couraient comme des nuages
Sous la nuit d'un port du Nord

Plutôt que de ramper dans le sel de mes mots
Tu préféras ouvrir un chemin aux jardins des heures
Où tes minutes closes comme des flots en fleurs
Débauchaient mes vaisseaux en quête d'écueil

Tes bras ne serrèrent qu'un beaupré en loque
Un sommeil d'étrave sous l'écorce brûlée
L'aubier de tes jours quand la lumière se retire
Et que le sombre même s'écarte et se refuse.

lundi 7 novembre 2016

Aux Seuils d'Absence (17)

Toi, tu as séparé les parts du vent
Heureuse comme une pluie où gémissent les absences
Tu as coupé le pain des aubes et la mie a fui
Dans l'eau que tu as versée où se hante ma nuit.

Les croûtes font bande à part

Dans la part du vent
Ecoutant au pied des murailles
Les voix qu'elles craignent mais appellent.


Aux Seuils d'Absence (16)

Nous étions ! Terres de labour, gangue de terre
Dans la nuit, tous deux parmi les pierres pâles
Et les ombres couchaient dans nos mémoires
Aussi soulevas-tu la crinière des jours
Pour ouvrir le temps sur la trappe de l'Eternel
Nous étions deux à suivre la procession des houles
La question que tu posas nous rendit aux feux des solitudes
Puis l'ordinaire comme la coutume l'exige
A nouveau se reput dans l'auge de nos habitudes.

Nous étions et nous fûmes
Fragments constellés dans le lit des étoiles.