vendredi 30 juin 2017

Quatrains (47)

Les fleuves sont silence de cendres et de sang
Rouge sang qui s'efface absorbé par les rives
La pourpre de l'amont qui refuse l'aval
Etoffe ruinée sous les plaintes d'automne

Quatrains (46)

Longtemps aux soirs sourds
L'obscurité tombait drue
Sur les vertèbres mortelles
Lasse une harpe d'eau jouait de ses roseaux

mardi 27 juin 2017

Quatrains (45)

Mes instants sont des fourmilières
Une meute tapie sous une terre absente
Les terriers sont ainsi faits
Que les issues sont aussi des entrées

Quatrains (44)

Au hasard d'une route
J'ai rencontré un mort
Un enfant plein de sève
Terre nouvelle aux racines fécondes

lundi 19 juin 2017

Quatrains (43)

L'air est doux parfois
Qui paresse sans un souffle
Cette voix paisible
Qui soutient sans savoir

Quatrains (42)

J'ai besoin d'un commencement
Dans ces ténèbres où scintille la lune
Je cherche dans les ornières
Lorsque le ciel se pose sur la terre

dimanche 11 juin 2017

Quatrains (41)

Les miroirs ne retiennent que les ombres
Déjà on peine face à la limpidité
Comment user de leurs reflets brisés ? 
Sous les plis du tain, des issues grouillent, méconnaissables

Quatrains (40)

Je cherche ce pauvre vent d'autrefois
Qu' emportaient de joyeuses mains d'enfant
Ce vent lisse et ignorant trop riche maintenant
Cette brise d'aujourd'hui aux  reflets grimaçants

samedi 10 juin 2017

Quatrains (38)

Dans ce pays borgne
L'impasse de ce qui demeure
Une route sans sillage
Les inscriptions  fleurissent dans le noir

mardi 6 juin 2017

Quatrains (37)

Partout n'est que solitude
Dans l'attente où je me retourne
Errant sur ces trottoirs d'ennui
Ce frisson un jour d'exister

Quatrains (36)

Dans la pâleur des heures,
L'appel muet d'un matin,
L'accord libre du luth et du vent
Arrondit la pulpe du silence

lundi 5 juin 2017

Quatrains (35)

C'est un espace affranchi d'ombres et de lumières
Il y brûle des soleils factices
Un noeud de lisières, de rameaux et d'oranges
On y sème les sources qui avalent le ciel

Quatrains (34)

Je suis sous un ciel sans fin
Comme un autel éventré
Braises et roses
N'ont plus de nuit où douter.