jeudi 14 septembre 2017

Terre Levée (1)

Ce qui croît par les heures serviles,  soeurs sanglantes et obstinées
Dans cette forge des ans qui vide le sang et creuse la terre
Ce qui croît sous cette grâce meurtrie, une immensité close
Aux bornes infinies au milieu d'un fleuve sans gué

C'est une conquête - dit-on - de formules et de rites
Qui tisse dans la chair les barreaux de l'horloge
Cette geôle où nos jours s'éclairent de leurs ombres
Dans cette plaine de joug  aux lumières aveugles

Et dans cette attente obscure où rumine l'absence
On balise des sentiers comme une haleine vierge
Par dessus la pourriture, ses brumes et ses agapes

Et sur ces routes de neige invisibles sous les cieux
Des mains gravent de récits la voix de nos nuits
Comme une poussière tiède soulevée des sépulcres.

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