vendredi 15 septembre 2017

Terre Levée (2)

Ignorantes buées, énigme des miroirs que rien ne résout
Gerbes de fatigue, épis de brume assemblés pour la nuit
Les mots regardent le souffle qui les offre
Visages de silence où l'immobile est tu

J'attends un hiver nu, une moisson stérile que lèvera la terre
Pour un pain d'avenir aux levures interdites
Et l'encre des lointains, encore, comme un toit sous l'averse
Pour une lame fine qui assassine les printemps

Et cette âme qui fuit la lumière pour brûler dans l'obscur
Cet âtre de froideur qui blesse comme un feu lourd
Mendie seule des forêts dénudées où se risque l'appel

Et dans ces sources où s'échappe le ciel
Dans cette eau rance où s'endort la lune
Je me suis enivré du lait de ses songes

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