mardi 17 octobre 2017

Terre Levée (4)

Immobile,  fils de cette limpidité légère, muette et libre
Qui suspend les nuages dans la nacre transparente de l’été
J’abreuve mes lèvres de rondeurs lumineuses
Et mes pensées nues s’éparpillent dans un parfum d’infini

Mais une tique vénéneuse, jalouse et rancunière, couvre de son hiver
Les prairies roses où frissonnent mes printemps
Elle s’agite, m’encercle et vocifère
Outrage les échos éphémères des vergers de miel où elle prolifère

La haine et ses décrets de vermine ont posé sur ma langue
Un magistrat furieux et bedonnant aux jambes arquées
Qui remplit ma bouche de  reptiles visqueux et funèbres

Dans ce théâtre des Grotesques où le mélange est la seule pureté
Mes doigts  enfiévrés délacent les nœuds où de pauvres mots
Creusent le lit du néant dans le sable d’une page sans relief

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