lundi 6 novembre 2017

Hors service (2)

Serres chaudes, fragments de vertiges...
Sous tes paupières de nuit, tes yeux fixent le jour s’épuiser et son agonie révulsée répand sur tes rides douces un  crépuscule farouche dont les torrents endorment tes entrailles. Tu es un champ ailé qui survole la matière de sa vie transparente, un abîme où s’égare le temps et  plane sur l’espace dans lequel tous mes regards se perdent ; je me suis noyé dans les méandres fleuris de tes fleuves immenses à la source blessée et aux senteurs d’herbes sauvages et ma vie, devenue nébuleuse de chair, s'est réchauffée au sein de tes lueurs ténébreuses.
J’ai peuplé ce territoire sans borne où apparurent des creux, des fosses, des crevasses et des oiseaux  calcinés chantèrent dans ta gorge les vertiges du ventre où nait la brisure.
Je me suis incliné vers ta terre où je me suis endormi, les yeux ouverts sur le monde, accroché à tes paupières de jour, petite fleur de nuit.

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