vendredi 31 août 2018

Cité(4)

La rosée s'est posée, aube électrique et nue,
Et les pavés de la cité se glacent et se lissent d'un éclat maritime
Si chaud ce miroir des choses, si chaud dans le souvenir de sa froideur
Si silencieuse comme une rumeur d'éveil sous la pente des toits
Puis les bruits, les cris, les appels dans le nid du jour
Comme un horizon qui grandit au fond d'une bouche
Où l'amas descendu dans sa nuit se fait rivière d'haleine, de chair et de sang
A volonté. 

Ce sont des ramures d'acier qui frissonnent en toi maintenant, des pétioles graisseux qui s'agitent sous tes pas, des limbes meurtris qui se parlent du fond des puits où tes âmes charbonnent d'une lumière lente. Des univers d'âges perdus, trop seuls pour se savoir seuls, déjà, encore et toujours, dès l'origine à aiguiser le tranchant, le sec et le dur qui écartent la vie en en perçant la pulpe, incomparable muraille qui blesse la nuit et tue le jour.

Ce sont des cités de craies et d'argile, eaux stériles sans message,  funambules sans joie et sans hauteur, ponts noyés entre les îles souterraines, les lèvres tendues sur les roses étirés du crépuscule pour en apaiser les songes.

En épuiser la force.