jeudi 13 septembre 2018

Les marcheurs (2)



                                     
                                           L'air du temps


L'ombre hospitalière, avide de feuillages et de fossés,  a inondé le désert pour briser en sa lumière les idoles qu'elle renferme et avertir leurs signes obscurs de se couvrir de dunes.  

Ce qui brûlait les yeux du vent, un silence chaud, le souffle suspendu, l'âme comme un rocher lisse ; ce qui consumait le sang des fleuves, les sources arides, ce raclement des gorges sèches.

Le promeneur lit maintenant le livre du gel et sur ses lettres de givre, il voit s'annoncer  dans ces fables d'hiver le récit des racines et l'attente des heures muettes.

Mes paupières ont maintenant l'âge des poussières épaisses.

2 commentaires: