C'était l'averse qui luisait dans le regard de midi La houle du ciel roulait ses vagues noires jusqu'au rivage des horizons Dans cette écume diurne, c'était la nuit à midi
Tacheté de nuages et de brumes Un vent sceptique venu du Sud Frissonnait sur l'écorce des arbres Un enfant courait nu dans la glaise L'orage prit d'autres routes S'engagea sur d'autres landes d'autres lopins de vérité Les parents du jour s'embrassèrent Sur ce baiser d'enfance et de bruyère naissent et couvent mes cendres, De la plaie oubliée s'étire le temps, sa rosée innocente
D'abord c'est un son de feutre L'arrière-ban d'un silence à l'éloquence fourbe Puis des lèvres qui avancent la pénombre Scrutent l'eau sous la neige Le souffle dans le vent D'autres encore qui exagèrent la nuit Multiplient l'abîme sous les gouffres Les images dans les choses Il reste un regard clair ce couvre-feu qui ferme les ponts.
Ce qui s'estompe dans la mer, la marche vers le ciel et les vérités morceaux de nuages sanglants. C'est une parole figée par les regards, un manuscrit qui s'écoule dans la gorge, Dieu ou la mort Quand tout se tait, à la dernière noce aux œuvres dernières... Plus loin, plaies et chancres dansent sous le vent fiévreux des sarabandes sans bords Le poids des morts gercent mes sangs Sans rancœur pour les poussières