Temps
On ne revient pas
de ses heures, de ses nuits
Du visage des jours
On suit les lacets de la mémoire
A prier la poussière des traces
pour obtenir la terre plutôt que le ciel
Toujours absorbé par les ombres mouvantes
de ce qui fut,
bouches d'ombre aux lèvres de feu,
bouches passantes aux lames mortifères
Toujours à se chercher un destin
une étrange certitude
une garantie
parmi les chemins brisés
de ce qui naquit et passa
d'un même pas
Spirales infinies de feuilles rousses
et d'écorces bruissantes
cette marche est ouïe, résonance
échos des citadelles, reflets de paroles mortes
où tout tait l'imperceptible reptation
comme une ombre au cœur du soleil
Loin
les rumeurs d'été, murmures de silence,
bruissent couvrant l'or des champs
Quand le voyageur passe ou se couche
Il attend dans sa prairie
que son sang parle
parle le langage inconnu
qui combat en l'aimant
le temps introuvable
Il s'étend entre les gouffres.
Les siècles passent.