dimanche 30 avril 2023

Les Confins : S’ouvrent aussi hautes vagues sous la voile des mers...(2)

Aux avers...

 

L’effigie de sel

Se repait de l’écume sanglante

Voilier ardent s’inclinant

Sous les souverains du vent

Frégate effarée

Sous la fronde des orages

 

A l’hiver des songes

L’écueil oublié

Témoigne du rameau fertile

(Les gabiers ont perdu vue)

 

Grand voile couchée

Humiliée sous les mortes-eaux

Et les mats

Comme pierres levées

Offerts au poing fermé du ciel

 

Face aux turbans aveugles des nuages

Où se jettent les ancres

Les mots fouillent le front de l’azur

L’inscription des quêtes foraines

 

... Au loin

Hauturiers sous le vent...

 

 

Aux revers...

 

Mangeuses de fruits amers

Sorcières sous la peau

Chantent les murailles dissipées

Sous l’ombre des regards

Les paupières ouvertes sur la nuit

Où se cousent les déserts

 

Quand l’ombre s’allume des coraux

Les aubes plantent des oboles de lune

Dans les gouffres que taisent les eaux

 

...Aux amers envers des avers de mer...


Les Confins : S’ouvrent aussi hautes vagues sous la voile des mers...(1)

 

Havres des mirages....

 

Aux ports ensablés,

Chimères intègres,

Songeries en haute Capitainerie


 

Aux Confins

S’ouvrent aussi

Hautes vagues sous la voile des mers

 

Les masques du bûcher

Flammes aux ténèbres jetées

 

Récifs de pleine mer`

Fendent seulement

L’eau qui passe

 

Sous l’arc de la nuit

A la porte des heures

Une voix d’ivresse résonne de ce qui s’efface


 


Les Confins : Aux digues...(20)

Ainsi demeure cette faim

Hantise qui exige

 

Lieux

Comme domiciles errants

Egarés sur l’étendu

Et le mètre affable

 

La sédition pullule silencieuse

Dans la réticence et la discrétion

 

Hôte sans abris

Qui rend l’innocence limpide

L’offrande ignorée de la lenteur

 

Obscurcir les secondes

Solitaire royauté

De la courbe et de l’arrondi

 

L’angle s’épuise dans la mesure

 

Là où l’araire fend le ciel

S’élancent les rémiges


Les Confins : Aux digues...(18)

Incise le grain de l’exil

Rompt l’hivernage

Des poussières

 

La minuscule exulte

Enfin au jour…

 

Glissent les rétines de l’abîme

Sur les pentes de l’infécond

Jusqu’aux jarres du monde

 

Où l’air éclot

Et l’ordinaire s’aveugle

 

Ainsi

Les plaies de la lumière

Sont terres d’exode

Pénitence des spectres

 

Fuir les éclats âpres

Les heures calcinées

 

Sous le bâillon des mots


Les Confins : Aux digues (19)

Misère

Enfant de la limite

Lambeau d’éternité

Vogue vogue

Ombres véreuses

Sous la pèlerine des siècles

 

Misère

De la même vague

Au milieu des bordures

Habiles mais infidèles

Mille mains

Ne suffisent pas

 

A rejoindre le séjour

L’accueil et l’abandon

 

Misère aride

De planter, lasse..


Les Confins : Aux digues...(17)

Les nuages en sont témoins :

 

Obscurités lourdes de chair

Hommes de déserts

Coureurs de plaines

 

Aspirations aux levées

Innocence obligée aux gouffres

 

Mais toujours seuls

Dans la sagesse des lointains

Où notre mort s’achève


Les Confins : Aux digues...(16)

 

Nous naquîmes

Vierges à jamais

 

A l’énigme des soifs

 

En appeler aux lumières impures

Aux atteintes du clair et de l’obscur

 

Sous les arches effaçons les rives

De l’épi tangible


 


Les Confins : Aux digues des lointains (15)

Meutes d’horizons

Emplies de lointains

 

L’éclair abonde

Sous le jour

 

Sois le confident de l’île

Guetteur voûté

Vigie agile

 

Offre aux clameurs d’azur

Les béances tacites du vent

 


Les Confins : aux digues des lointains (14)

 

Sur la paume de la terre

 

Aux heures étales

J’ai ouï le message

Hélé l’écho des coraux

 

Le chant des hautes plaines

 

Senti

 

L’indigence des appuis de givre

La misère des quais sans houle

 

L’envers des écumes

Dans un ciel affamé d’aurores venimeuses

Et la doublure cristalline des hivers

 

Dans la chaleur des foyers

 


Les Confins : Aux digues des lointains (13)

Pourtant nul n’est tenu à dire

L’échancrure intime

Où le sang offense les limites

 

Plutôt le vertige des choses mates

Que l’abîme tu des mots

 

A couvert sous

 

L’aride vision de l’oppression

 

 

 


dimanche 16 avril 2023

Les Confins : aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(12)

Et dans ces jours qui se répandent

Dans ces boucles d’aubes

Tournent le manège

Les ruses bonhommes

Qui maintenant t’enfantent

 

Tes marées s’éprennent

De feuilles d’ombres

Pour des fureurs

Aux chaleurs stériles

 

Tu as cru aux Ganges nouveaux

 

Mais ce sont des matins anciens

Qui t’exilent

Dans l’immobile calligramme

De tes cercles

 

De ce qui te hèle

Te voilà banni

 

Scellé.


Les Conf' : Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(11)

 

Chœurs de terre et de mer

Chants d’algues et de seigle

Psaumes de prairies et d’écume

Coryphée de ruines et de naissances

 

Le mot te prend et soulève les aubes

Au milieu de l’aride et du rugueux

Sous la pierre froide du clôt

 

Paroles  apparues

Comme cailloux jetés aux façades

Comme passantes sur le figé

 

Comme une orée posée sur l’étanche

Le seuil d’où tu contournes

Les hauteurs vaines et les attentes mortes

 

Là commencent ta mer ardente

Ton océan discret

Ton esprit de semailles.


vendredi 14 avril 2023

Les Confins- Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(10)

Pars avant l'été

Viens devant ta nuit

Et perce-la

Trouve la paume vermeille

 

Les mailles chaudes de la sève

 

Noue l’iode et le varech

Arrime les confluents

Aux amours cendrés

A l’écho magnétique des soupirs

 

Glisse l’anneau d’accueil

Aux doigts de l’innocence

Et du baiser des ombres

Offre à la bouche du ciel

Toute la mer dévorée

 

Guette au bout des môles

Les fouets aux brûlures de sel

Au hasard des méridiens aveugles

 

Aux Confins des abimes

Se confondent les eaux

Où les mains se parlent

Dans la langue des poulpes

 

Et tout se noue et se défait

Depuis la solitude

Des grands silences lointains.


Les Confins - Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(9)

Patience des coeurs  

Où s'attablent les mers

Suppliant des ports neufs

De briser leurs marées

Et remplir de mots

La brûlure de leurs vagues

 

 

 

Patience du miel

Espérant dans la fleur

La naissance du sucre

A la levée du midi 

 


 


Les Confins - Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(8)

Sur les routes alignées

-De sang, cendres d’or-

Les affairements exigent

Le souffle bas

Les poisons à venir

 

L’ouvrage

De l’aire et du nombre

L’oppression du temps

 

Plutôt le novice en clarté

Et l’apprenti de l’énigme

 

Le sillon discontinu

 

Le premier geste, l’évidence sombre

 

Nourrir l’épigraphe de la solitude

D’une goutte d’encre

 

 

Marier  ce qui exclut et achève

A  ce qui unit et n’a pas de fin

Les Confins - Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(7)

Sous l’échafaud de l’exigu

Sourit la fauvette

Mes frères ...

 

Maitres et Apôtres du lieu

Semant graines mortes

Sur des arpents de ronce

 

Et nos puits cèdent

Des ailes de crins amers

Entre les bords chimériques

D’un hiver de pulpe maigre

 

Mourir au jour

Dans un lit sans quête

Quand trop de rivages

Bornent les voeux

 

Nous sommes enfants de pluie sèche

Enfants toujours de ce qui se fuit

 

Une geôle aux barreaux de tendresse

 

 

 

Sous la lune

Rien ne nait, ni ne s’envole

Des blés verts où nous  nous mourrons


Les Confins -Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(6)

 

Et de tes rives maîtresses

que puis-je absorber

sans blesser tes berges souples...

Les Confins - Aux digues des nuits se recouvrent les nuits (5)

Lumière indivisible

Invisible matrice du visible

Source des sources vives

De ce qui siège 

 

Face à l’obscure figure

Face à la voix sans regard

 

 

Les chemins des ports sont chemins de lune

La plume ouvre le volet du deuil

Accourt le monde d’entre les lettres

 

Le monde d’avant la Lettre

 

 

Trouver l’encre

Où se mirent les feux sans fard

Là ondulent, vagues incessantes,

Des prières d’ivoire blêmes

 

Celles que chante l’ivrogne

Lorsque de son haleine

S’échappent les anges

 

Celles de la chaleur et de la femme

Les deux sœurs d’argile

Cette arche du monde

Qui réunit et sépare

 

Les deux impuissances

Dans la même solitude


Les Confins - Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(4)

Pupilles de l’infini,  paupières marines

Frappant aux frontières de l’immense.

Déroulant le tapis écarlate de l’accueil....

 

Cherche

Les nuits de l’Etrangère

Les nuits nourricières

Où paresse le langage indocile

La lame des évidences

Y danse des chaconnes masquées

 

Ce qui fend la peau

C’est le miel posé sur l’écorchure

Le chagrin des anémones

 

Piège le terme dans ta lenteur


Les Confins -Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(3)

Brûle le mot sec,

Et conduit l’âme

Aux degrés de l’Angle

Aux berceaux des morts

 

Le marais asséché

Blâme, taciturne,

La houle lourde

Et la dérobade des mers

 

Le souffle est 

Pourtant

Plaines grises,

Chemins d’abîme

Où vit l’Etrangère

 

Mais il frémit

Abusé de clôtures

 


Les Confins-Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(2)

Paroles de confins

Ou bruissement voilé

D’un midi sans ombres

L’imperceptible fraicheur

Des soifs qui veulent....

 

Paroles étrangères

Aux tonalités brumeuses

De ce qui est sans horizon

De ce qui est parce que sans limites

 

Brise, brise inconnue

Sondant dans l’ouï

Le dire qui s’incline

Devant ce qui se tait

 

Le silence béant qui ouvre toute parole

En l’étreinte réticente du déclôt...

 

Il faut la vision poreuse de paysages absents

Seulement la trace de la source lointaine

Brûlant la main qui se tend

Et la plume qui danse

Comme une méduse nocturne

Dans la secrète noirceur de nos fables

 

Je veux

Ce qui s’éveille en ce qui dort

Et m’étendre, doux, au seuil  de la voix

Auprès de la demeure aimée du Verbe....

 

Suivre la route des ports

Où se consolent les mats de misère

Et les voiles oubliées du vent

 

Et à quai

Le grand sommeil des confins

Dans le ventre des femmes

Et l’appel du dehors

Comme un écho de chairs secrètes...

 

Puis peut-être

Si nous sommes sages

L’anneau qui exhorte,

Qui nomme nos songes,

L’anneau dont la grandeur ignore les racines

Cet anneau des Confins, en nous et hors de nous

Offert aux reflets de ce qui rompt les miroirs

 

Les lèvres du monde se sont refermées sur l’anche des mers


Confins - Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(1)

I

 

Qu’on dise : les confins !

Ce frisson des lointains jusqu’aux bordures du temps

 

Qu’on les dise

Avec voix de pierre

Ces confins au delà de la terre

Mais aussi la ruine des roses, posée

Boucle de feu, au-dessus des berceaux

 

Qu’on les dise

Ces ailleurs de la terre, l’ironie des lisières

Qui aiguisent leur présence

Jusqu’à la source âcre de la geôle fleurie

Pour que croissent sous les paupières

Ce qui ne peut se voir

L’invisible nu

 

Qu’on les proclame

Ces Droits des confins et de l’inborné

Ces territoires innommables

Ce vent qui ne pèse de rien

 

Les confins, chants de la nuit,

Tisserands méprisés de nos heures

Fantômes aux humeurs étranges

Où s’efface ce qui ose et persévère

 

Qu’en appellent, nos épitaphes incrédules

Qu’en appellent au marbre vain

Nos fronts de vérité amère

Tout ce sang qui doit mourir pour s’écouler

 

Les hôtes des Confins ignorent ces horizons immobiles

Simulacres royaux couronnés dans l’antre souveraine

 

Et pourtant

L’écume jaillissante

De la vague émeraude

Etend sur la soie lumineuse des soirs

L’ombre laineuse de la vie

 

Et brise ce qui sépare

 

Que je dise

 

Toujours la gerbe palpitante

Comme, aux jours de fêtes

Barque pavoisée toujours à quai

Au milieu des eaux

 

Chasseurs de lointains

Poseurs de nasses abstraites

Ciel captif au fond des eaux

Dire les métaphores qui germent sous les arbres

Et sommeillent dans les prairies

Terres humides des confins

 

Qu’enfin je dise

Averses de spectres, écailles de nuages

Ces rivages insoumis où poussent

Les fougères et l’indicible.