vendredi 16 décembre 2022

De Morte-Naissance (9)

Plus s’éparpille la voix qui siège à l'ultime

Plus le tissu se déchire, voiles gonflées de béance

J’atteins ce que j’ignore dans la fuite

De ce qui échappe

ce pays qui ne vit que d’absence

 

 Et au-delà de ce qui se retire

Je m’adosse au pied de l’être

Dans l’abandon de ce qui...

 

Seulement dans le chœur des mots.


mercredi 14 décembre 2022

De Morte-Naissance (8)

De rivages en rivages, la barque s’épuise

J’écope l’eau de la grande inassouvie

Où donc à nouveau, l'île souveraine, 

de la main ligneuse,  fleurira-t-elle ?


Restera-t-il encore un terrain sec, une terre vide

Repue où se consacrent les aulnes avant de mourir?

 

Ou suivre la fugue des vapeurs

Couronnant l’infortune prospère de leur lignage

 

Les alluvions restent sourdes

en partie cause perdue en partie espérance du  soir

que faire d’un humus fertile qui ne peut rompre le pain

que faire si je savais l’obscurité étale

 

lorsque de la nuit s’éprend le mendiant


mardi 6 décembre 2022

De Morte-Naissance (7)

Parmi ce qui en nous s’éveille

Cet effleurement inconnu et instable

Choisir ce qui déchoit et s’altère

Ce qui abaisse plutôt que ce qui grandit

 

Suivre le cours des fumées captives

Celles qui se nourrissent de tes famines honteuses

Dans l’abîme intime de tes murailles

 

J’aspire à l’aguet distrait de la seiche

A la douceur de son encre

Qui montre en la cachant

La mémoire des sédiments


dimanche 4 décembre 2022

De Morte-Naissance (6)

C’étaient sur la route

Un soir de deuils noueux...

 

Une butée sans signes

Un pays d’écueils et de fanges

Dépitait  la main indigente

En alarmant un cœur sans rimes

 

C’était l’infraction du commun

Le creux de l’heure ravinée

 

Au moment de  haute lice

S’acharne le dévot de l’amble futile


samedi 3 décembre 2022

De Morte-Naissance (5)

Sauver ce qu’il me faut perdre

 

L’insomnie a le goût de l’éveil

Et au tranchoir de minuit

La limpidité de la hulotte

 

J’attends la cautère du glas

Quand ses échos croisent

Le regard où se ferme l’enfance

 

A morte-naissance

se cabrent sous le masque

le consentement et le refus


vendredi 2 décembre 2022

De Morte - Naissance (4)

C’est le zèle de la parole

de quitter d’un coup d’aile

le nid où rien ne repose

 

Le vent songeur supporte ses élytres

Et parmi les prières souffrantes

dénoue nos bras, élargit nos mains

 

à l’orée du lieu où les voiles éclosent

 

Dans le vide vertical

Les étoiles ne sont proches

que lorsqu’on les quitte

 

Assiéger les remparts du bord


jeudi 1 décembre 2022

De Moret-Naissance (3)

 

De ces aurores pâles, l’essaim peut-être...

Le jour peine  à faire voir

la foulée en instance

où chaque borne est un pas

lorsque de la vendange nait le pampre

 

C’est à la brune

toujours

que le cueilleur se lève du fruit.


mercredi 30 novembre 2022

De Morte-Naissance (2)

Fertiles ces voix  au revers du silence,

La main fouille ce viatique secret

Mais le cœur s’acharne et le pertuis échappe

 

L ‘alouette s’élance dans un été contraint

au cœur des semailles, le gel frissonne et attire

 

S’immoler au givre ardent de l’amante patiente


mardi 29 novembre 2022

De Morte-Naissance (1)

Le conte du serin suffirait

Lorsque la tasse se vide

Et qu’aux carreaux l’ombre se fige

 

C’est à l’heure des partances sans retour

 

Que l’homme se lève

Et qu’à hauteur d’âge

Il entaille le vent

 

C’est souche d’estoc

Le pendule et son branle

Oublieux

 

De l’argile des jours

 


dimanche 13 novembre 2022

Sources d'aval (5)

En ces soirs brûlants

les racines aux cimes rompues

boivent le vin crépusculaire

 

seule

la langue du vigneron

s’assèche à la forêt calcaire

 

loin de la grappe

la main qui la cueille


Sources d'aval (4)

Heures sauvages les immobiles

terres profonde de l’asile

 

bucolique à la socque alourdie


Sources d'aval (3)

 

 

l’initial est terme en ces eaux

 

moissons de mer, épis d’écume

comme gerbes de rivages

chants de la houle

 

seulement

 

lors des étés liquides

souvent l’hivernage prend le pas

 

nourrice pauvre alors

cette laisse de mer

qu’attend le sablier


Sources d'aval (2)

Des sources d’aval

l’envol suscite

 

la terre d’amont

 

trace entière dans le souffle

l’effluve frisonne

loin maintenant de son île

 

alors le clos se fait voûte

 

l’arc s’étend

sa flèche est mots

substance d’amont

 

à l’aval sans borne

 

L’aveu du ciel rejoint l’aveu du sang

toujours les étoiles s’adressent à la pierre

 


Sources d'aval (1)

Je croise le chemin que je suis

 

cette lueur sans existence

 

l’ai-je découvert cent fois

à jamais il n’est égal

 

sous son toit fragile qui s’attarde

 

le silence paraît lorsque je parle

calcine le sable

épand ses cendres sur la glaise

 

le brasier est nu qui contient tout

 

braises, restes et poussières

 

l’octroi de mon sang à mon sang

de l’inexistence du lieu

 

 

où gît ce qui ne peut mourir

 


dimanche 16 octobre 2022

Sous la peau

sous la croûte

ce séjour sans vent

 

maintenant

 

que l’attente a trouvé sa tombe

je joue avec les fantômes

 

il faut s’y faire

à ce silence gorgé de ruines

 

cette inscription qui n’est rien

c’est l’impasse où je m’accroche

 

le clos de l’absence

le surjet qui vacille

 

 

le fil qui égare

 


mardi 11 octobre 2022

Sous la peau

A choisir parmi les saisons

la force fleurie sous l’humus

 

J’aime une prairie absente

 

le soleil y pose ses ombres

puis des étoiles sous les ramures

 

l’horizon depuis est proche


 

et le silence au loin

a la forme de tes yeux

 


dimanche 9 octobre 2022

Sous la peau

Je ne suis pas cette lance agile

qui subjugue le gris où se jette son ancre

 

cet éclat du regard que rien n’apprivoise

 

je passe et repasse seulement

sur les pistes des heures ordinaires

 

au milieu d’un miroir fragmenté

la chair sombre ne trouve d’autres hivers

 

que le froid brûlant à la lisière des fenêtres

 

 

dehors la jachère muette

la récolte impossible


samedi 8 octobre 2022

Sous la peau

Ce qui nait des naufrages

on ne sait

 

terres bientôt répudiées

courants inconnus, destinations sans faille ?

lignes sinueuses, abruptes, interrompues...

 

finissez donc et dénouez vos lacis !

 

vos voiles nues et vos eaux orphelines

chantent mieux près des coraux et des algues

 

loin de mes jours brûlants


vendredi 7 octobre 2022

Sous la peau

Les eaux se mêlent

et ce qui afflue en moi,

 

ce sang étranger

qui se jette,

ne m’est pas étranger

 

entre mes rives

des songes inconnus sont miens

 

d’autres soleils sur d’autres navires

étendent leurs ailes ombreuses

sur un ciel trop bas

 

Le souffle a faim, le souffle a soif

il suit le chemin des fleuves

et celui des poussières

 

Les sources se dévêtent aux marées


Sous la peau

dans les veines stériles 

l’enfance déjà s’est assoupie

 

Il est temps

cargue les moments de papier

 

et lanterne éteinte

 

espère du vide

où tu sièges

qu’il gonfle tes joues

 

et que tes âpres rivages

bordent de pauvres flots

 

puissent

 

les os brûler sous le sable

tes îles minérales


jeudi 6 octobre 2022

Sous la peau

sous la peau


le sang se fait clair

silence pâle

ce chemin tu

 

de vif et de gel

 

se plisse la terre

se ride la vigne

 

dans la tourbe qui s’épaissit

le feu n’espère plus du vent

 

que l’éloge du ciel

 

 


mardi 20 septembre 2022

Latence

Ailes repliées

prisonnières sous les ponts

 

refermées dans leurs corolles

le souffle gonflé de chants muets

où il ne reste que fosses et abîmes

 

espèrent de l’amère attente

 

le signe de leur envol


samedi 17 septembre 2022

Latence

Le pain offensé

cette vieille atteinte

 

entendre encore

 

cette misère

 

combien de temps

à dilater les cicatrices

 

à se cacher en plein midi

 

 

 


vendredi 16 septembre 2022

Latence

se maintient la nuit

inerte rivale

 

des scrupules du jour

 

d’un mensonge affaibli

par la fente nocturne

s’écoule l’incertain

 

seul le flou est assuré