mercredi 24 avril 2019

La nuit, encore..(1)



C’est un oiseau aux ailes d’ombre

Survolant de sa vague froide

La pénombre sèche des nuits

Sur cette immensité obscure 

Il déchire de ses tempêtes

Le voile brûlant qui le masque



Le jour a éteint ses mirages

Puis s’est englouti dans l’abîme

Au cœur de ces ténèbres crues

L’horizon s’éclaire de  feux

Braises opaques, lueurs aveugles

La clarté raillée, le jour meurt



La voile sombre s’est levée

La ruine a lancé ses faucons

Les vaisseaux du gouffre stérile

Sur la voute seule et déserte

Ont jeté leurs ancres cruelles

La nuit elle-même renonce

dimanche 21 avril 2019

26 à la Mairie (2)


Combien errantes sont les îles

Nues et seules, en attente de la cendre

Brûlées sans un cri de lumières absentes



Parfois, lorsque  l’été sous les soirs endormis

La lune ploie vers la terre ses fruits d’ombre

On y entend des langues étrangères, des paroles en vergers



Mais de ces fleurs de brume rare où flâne le hasard

Faut-il encore arracher le jour à la nuit

La solitude au désert



Elles bruissent de tempêtes pâles

Un grésillement de l’être vibre sous la peau

Des  rives sanglantes s’aiguisent dans la chair



Lorsque l’impénétrable hiver calcine les âmes

Par dessus le fleuve et ses rives écartées  de ses vagues défuntes

On y danse de tristes chaconnes sur des ponts de poussière



Et qu’importe si toujours la lumière hésite

Comme une évidence dans l’obscur

Comme un été mêlé à la boue.


26 à la Mairie


Le cœur ne bat plus qu’au milieu des heures exsangues

La solitude  est un fruit de rosée où s’éclaire l’appel

La poussière douce des jours qui rosit de mes joues

Des anneaux de passages qui trompent la mémoire



Je marche sur ces trottoirs où affleure le passé

Parmi les quartiers hantés de ce qui s’y est éteint

Dans l’abandon de ce qu’ils cèdent à la mort

Enfants des rues sous un soleil immobile



On n’entend rien  sous l’aplomb du silence

Qu’importe si la source ne porte plus paroles

Car  la moisson du jour lie en gerbes perdues

Les sèves mortes pour les songes de demain



Je marche à travers ce qui vient de loin

Dans un mirage où s’entrevoit la chair du temps

Lorsque du sable je jette un regard aux étoiles



Il est des nuits comme partout des jours

Où rien ne nait des aubes

Quand les crépuscules n’épuisent rien de leurs sangs.