La nuit tendue devant les fenêtres
affranchis de l’âcreté du jour
on avale les grisailles de l'heure
comme chemins obligés du sang
On espère libre l'horizon
et le ciel qu'on y suspecte
s'étend comme lande sèche
Le soupçon est insuffisant
qui traverse les chambres closes
un rideau d'ombre dépose ses poussières
où, cendre tue, le souvenir se voile
On aimerait être sans avoir à être
ne jamais avoir servi de chemins
dételer les rives de la source
Céder à la pierre nue.
dimanche 15 décembre 2019
dimanche 1 décembre 2019
Les horizons verticaux (4)
Demain prend
ce que hier a perdu
Le chemin, l'ombre
les routes de misère
où tu marchais les pieds
dans ton âme en sang
On ne sait si on arrive
Si on retourne ou si on part
Les villes passent, se retirent
le soleil se voile, s'écarte
tes ailes fendent sa clarté
de s'en aller un jour
où il n'y a pas d'ailleurs
Tu épuises ta route d'ici
et la sueur et la fatigue
comme marée s'en vont et viennent
Comme poussières sous le vent
qui souffle puis se tait
Qui gît puis surgit
Comme le jour à l'aurore
Et la parole comme la vague
se lève écume vaine
Sous la lune, les étoiles
Et le silence qui les enfante
Dès demain
Lorsque trop tôt
Tu auras dissipé
le temps offert.
ce que hier a perdu
Le chemin, l'ombre
les routes de misère
où tu marchais les pieds
dans ton âme en sang
On ne sait si on arrive
Si on retourne ou si on part
Les villes passent, se retirent
le soleil se voile, s'écarte
tes ailes fendent sa clarté
de s'en aller un jour
où il n'y a pas d'ailleurs
Tu épuises ta route d'ici
et la sueur et la fatigue
comme marée s'en vont et viennent
Comme poussières sous le vent
qui souffle puis se tait
Qui gît puis surgit
Comme le jour à l'aurore
Et la parole comme la vague
se lève écume vaine
Sous la lune, les étoiles
Et le silence qui les enfante
Dès demain
Lorsque trop tôt
Tu auras dissipé
le temps offert.
mercredi 20 novembre 2019
Les horizons verticaux (3)
Il faut prendre la route du Nord
le frisson gelé, la parole sèche
comme une buée froide au milieu des mots
Plutôt le gel et le chardon malade
les poches vides et l'idée absente
comme un air sans rythme
où chantent les banquises
Comme si glissaient sous le givre
le dernier été, la dernière lueur,
la dernière parole que nous nous offrîmes.
le frisson gelé, la parole sèche
comme une buée froide au milieu des mots
Plutôt le gel et le chardon malade
les poches vides et l'idée absente
comme un air sans rythme
où chantent les banquises
Comme si glissaient sous le givre
le dernier été, la dernière lueur,
la dernière parole que nous nous offrîmes.
dimanche 17 novembre 2019
Les horizons verticaux (2)
Se vide le jour
et de sa lumière de dimanche
le soir, masque d'ombres,
avance sur la scène
avec ses semelles de silence
On n'y voit rien.
Le nez dans le rideau
les yeux se noient
dans ce bleu de nuit
où s'étend le bouffon
C'est dans ce prélude
que nous avons appris à vivre
à chercher la voix de l'obscur
pour incendier le jour
et son astre ruineux
C'est dans la nuit
que nous sommes advenus
de la nuit que nous sommes venus
à sonder l'impalpable et le creux
n'avons-nous jamais perdu le sens de l'introuvable?
et de sa lumière de dimanche
le soir, masque d'ombres,
avance sur la scène
avec ses semelles de silence
On n'y voit rien.
Le nez dans le rideau
les yeux se noient
dans ce bleu de nuit
où s'étend le bouffon
C'est dans ce prélude
que nous avons appris à vivre
à chercher la voix de l'obscur
pour incendier le jour
et son astre ruineux
C'est dans la nuit
que nous sommes advenus
de la nuit que nous sommes venus
à sonder l'impalpable et le creux
n'avons-nous jamais perdu le sens de l'introuvable?
vendredi 8 novembre 2019
Les horizons verticaux (1)
Aux heures rubicondes
du ciel mêlé à l'écume
des lames de fond
se lèvent des estuaires
Refusent la mer
et l'argent de ses crêtes
L'horizon vertical
vomit l'ordinaire,
la climatisation des choses
dilapidées dans l'absence
et l'étreinte du vent
Rien ne grandit
de ces chambres closes
au zénith du vide et de l'absolu
quand les hommes plongent
profond sous les surfaces nues
d'une tranche
de matière brute
.
du ciel mêlé à l'écume
des lames de fond
se lèvent des estuaires
Refusent la mer
et l'argent de ses crêtes
L'horizon vertical
vomit l'ordinaire,
la climatisation des choses
dilapidées dans l'absence
et l'étreinte du vent
Rien ne grandit
de ces chambres closes
au zénith du vide et de l'absolu
quand les hommes plongent
profond sous les surfaces nues
d'une tranche
de matière brute
.
mercredi 6 novembre 2019
Automne (2)
Où donc se retourner quand l'automne
ouvre ses plaies et que coulent
de sa sève des larmes de pins et de chênes
sinon dans le vent porteur qui marie
l'avant et l'après, l'oiseau et la branche
sous un ciel gros des lourdeurs d'août.
C'est un afflux de fins et de paix
l'agitation se fige dans son lac
et les doigts se souviennent des mers
éteintes où nous trempions notre pain
dans ces jattes en grand fleurage
âtres de porcelaine où brulaient nos ardeurs.
ouvre ses plaies et que coulent
de sa sève des larmes de pins et de chênes
sinon dans le vent porteur qui marie
l'avant et l'après, l'oiseau et la branche
sous un ciel gros des lourdeurs d'août.
C'est un afflux de fins et de paix
l'agitation se fige dans son lac
et les doigts se souviennent des mers
éteintes où nous trempions notre pain
dans ces jattes en grand fleurage
âtres de porcelaine où brulaient nos ardeurs.
mardi 5 novembre 2019
Automne (1)
Qui fondent sous le soleil
Ces champs, ces arbres,
où l'automne se répand
Comme une sécheresse
à l'angle des toits
Qui percées de lumière
Ces portes, ces vitres
Quand le soir
sur les drèves
se raconte les ombres
Puis qui lève rude
le sang du matin
encore de la nuit
fatigué, à peine éclos
de l'hostilité du jour
Je regarde l'infini
s'éclairer de café
dans une tasse malpropre.
Ces champs, ces arbres,
où l'automne se répand
Comme une sécheresse
à l'angle des toits
Qui percées de lumière
Ces portes, ces vitres
Quand le soir
sur les drèves
se raconte les ombres
Puis qui lève rude
le sang du matin
encore de la nuit
fatigué, à peine éclos
de l'hostilité du jour
Je regarde l'infini
s'éclairer de café
dans une tasse malpropre.
samedi 28 septembre 2019
Zemmour
Viens de voir en direct les premiers échanges de la
Convention des Droites organisée par La Maréchale. En ouverture du bal Eric
Zemmour (on applaudit bien fort) :
Une demi-heure de paranoïa apocalyptique, de haines et de vanités mal dissimulées, de poncifs d'extrême d'extrême droite (le RN à côté est un parti centriste), une intelligence de slogan et de lieux communs, un homme fatigué, sans énergie, démoralisé, accablé, quémandant des yeux un accord des conscience, des références à Renaud Camus, au delà même de Joseph de Maîstre, qu'il cite mais dont il ne partage pas le talent, un appel constant au bon vieux temps de Charles Martel en passant par le siège de Vienne, dans un salmigondis d'ironie amère, de propos outrés, d'élucubrations sans fondements. C'est un homme déjà fini qui exhorte sans conviction à la politique mortifère d'un désespoir rance et sordide. Il pourrait être un de ces merveilleux médiocres des romans de Houellebecq (c'est d'ailleurs peut-être pour cela qu'il l'apprécie)
Sans la moindre solution aussi.
Une demi-heure de paranoïa apocalyptique, de haines et de vanités mal dissimulées, de poncifs d'extrême d'extrême droite (le RN à côté est un parti centriste), une intelligence de slogan et de lieux communs, un homme fatigué, sans énergie, démoralisé, accablé, quémandant des yeux un accord des conscience, des références à Renaud Camus, au delà même de Joseph de Maîstre, qu'il cite mais dont il ne partage pas le talent, un appel constant au bon vieux temps de Charles Martel en passant par le siège de Vienne, dans un salmigondis d'ironie amère, de propos outrés, d'élucubrations sans fondements. C'est un homme déjà fini qui exhorte sans conviction à la politique mortifère d'un désespoir rance et sordide. Il pourrait être un de ces merveilleux médiocres des romans de Houellebecq (c'est d'ailleurs peut-être pour cela qu'il l'apprécie)
Sans la moindre solution aussi.
Une fraude intellectuelle. Mais il vend, dans ce marketing de la diatribe haineuse où il prend sa jouissance.
mercredi 18 septembre 2019
Sous le creux des houles ( 4)
Des heures pleuvent les siècles
le savons-nous noyés dans cette mer invisible
sur laquelle nous promenons nos attentes ?
Et si des traces, des sillons ou des routes
esquissent leurs destins entre des ports de cendre
Rien ne se garde au jardin des horizons
A peine sentons-nous un peu de cette existence
qui rend la terre lourde, l'herbe crue et le ciel aride
A peine le temps d'articuler une lettre
Que les rives ont annulé le fleuve.
le savons-nous noyés dans cette mer invisible
sur laquelle nous promenons nos attentes ?
Et si des traces, des sillons ou des routes
esquissent leurs destins entre des ports de cendre
Rien ne se garde au jardin des horizons
A peine sentons-nous un peu de cette existence
qui rend la terre lourde, l'herbe crue et le ciel aride
A peine le temps d'articuler une lettre
Que les rives ont annulé le fleuve.
mercredi 4 septembre 2019
Sous le creux des houles (3)
Je cours à l'horizon des orages
quant à ma vie fermée, bâclée
comme un devoir d'écolier aux abois
elle dort sale, chiffonnée de vide
dans la penderie des morts
Je cours sans ma vie
à côté de faims tranchantes
d'autres bords, d'autres abîmes
sans jamais dire un mot
au passant qui s'en va
dans sa part de nuit où gèlent ses mots.
lundi 2 septembre 2019
Sous le creux des houles (2)
Nous ne sommes pas surpris du fruit sous la fleur
ailes de ce qui n'était pas encore
pour l'envol futur de l'immanquable
alors que sous les mots pas même une terre
moins qu'un chemin, rien que l'écorce creuse
pour noyer le silence d'un verbe sec et amer
Lorsqu'au ciel la mer monte et tremble
que tonne la voûte des vagues dans les tempêtes d'août
le regard plante son ennui, fatigué, stérile
alors qu'invisible et nu le pli voilé de la lettre
s'ensommeille dans l'éclipse du signe
endormi comme cendres dans la lumière des sources
qui brûle pourtant dans la nuit des Noms.
ailes de ce qui n'était pas encore
pour l'envol futur de l'immanquable
alors que sous les mots pas même une terre
moins qu'un chemin, rien que l'écorce creuse
pour noyer le silence d'un verbe sec et amer
Lorsqu'au ciel la mer monte et tremble
que tonne la voûte des vagues dans les tempêtes d'août
le regard plante son ennui, fatigué, stérile
alors qu'invisible et nu le pli voilé de la lettre
s'ensommeille dans l'éclipse du signe
endormi comme cendres dans la lumière des sources
qui brûle pourtant dans la nuit des Noms.
lundi 29 juillet 2019
Sous le creux des houles (1)
Trop de vagues, trop de ressacs, ils doublent les amarres
sur le vide et, dans les ports, sous le creux des houles ,
des bazars et des Babel, labyrinthes secrets de sabirs inconnus
qui les déferrent devant eux-mêmes
Avec l'innocence des nuages face à un ciel de marbre,
ils ne savent ni l'inexistence des sources, ni le rêve des racines rêvées, ni l'impossibilité des cimes et quand ils creusent la terre, c'est une promesse chaque fois qu'ils emprisonnent
Et qui pèse lourd dans la balance des miroirs où leurs regards se ruinent. Moi aussi, j'ai labouré le ciel et semé des promesses
et, dans le labyrinthe, tracé des lignes et des points pour tromper
les dialectes du multiple et du vain.
sur le vide et, dans les ports, sous le creux des houles ,
des bazars et des Babel, labyrinthes secrets de sabirs inconnus
qui les déferrent devant eux-mêmes
Avec l'innocence des nuages face à un ciel de marbre,
ils ne savent ni l'inexistence des sources, ni le rêve des racines rêvées, ni l'impossibilité des cimes et quand ils creusent la terre, c'est une promesse chaque fois qu'ils emprisonnent
Et qui pèse lourd dans la balance des miroirs où leurs regards se ruinent. Moi aussi, j'ai labouré le ciel et semé des promesses
et, dans le labyrinthe, tracé des lignes et des points pour tromper
les dialectes du multiple et du vain.
mardi 23 juillet 2019
Entre les étoiles (5)
Où êtes-vous, mes cendres ?
Mes cendres vives sous le vent
Dans cette pluie qui ramasse la terre
Bourgeons dans la chair d'enfant
Fleurs de marge, de poussière et de sable
Où êtes-vous, mes cendres ?
Mes cendres sous mes pas
Dans le tombeau vivant des passants
Le creux encore clos du temps
Qui dit bonjour, comment ça va et puis bonsoir
Où êtes-vous, cendres innocentes
Cendres patientes dans la parole des jours
Et, dans les saisons d'oubli, le fruit de vos échos
Comme un glas au milieu d'un sourire,
Creuse les chemins parallèles qui toujours se marient.
Mes cendres vives sous le vent
Dans cette pluie qui ramasse la terre
Bourgeons dans la chair d'enfant
Fleurs de marge, de poussière et de sable
Où êtes-vous, mes cendres ?
Mes cendres sous mes pas
Dans le tombeau vivant des passants
Le creux encore clos du temps
Qui dit bonjour, comment ça va et puis bonsoir
Où êtes-vous, cendres innocentes
Cendres patientes dans la parole des jours
Et, dans les saisons d'oubli, le fruit de vos échos
Comme un glas au milieu d'un sourire,
Creuse les chemins parallèles qui toujours se marient.
jeudi 27 juin 2019
Entre les étoiles (4)
Qu'écrire encore dans la valse des heures
Sinon le contrejour des nuits, les saisons de lune pâle ?
En appeler aux plaines d'enfance, aux ronces fleuries
qu'écrivent encore sur tes mains l'épine et le sel ?
Recourir aux archives des pierres dans les demeures d'espoir
ou sur les falaises de verre attendre la mer qui s'ajourne ?
Tu cherches des saisons d'ébènes
dont les fruits percent l'avenir
des noyaux de mots pour ensevelir tes morts
des prairies chantées aux balcons des villages
Mais tu t'alarmes et tes doigts, un à un,
lachent le vent où tu es né.
Sinon le contrejour des nuits, les saisons de lune pâle ?
En appeler aux plaines d'enfance, aux ronces fleuries
qu'écrivent encore sur tes mains l'épine et le sel ?
Recourir aux archives des pierres dans les demeures d'espoir
ou sur les falaises de verre attendre la mer qui s'ajourne ?
Tu cherches des saisons d'ébènes
dont les fruits percent l'avenir
des noyaux de mots pour ensevelir tes morts
des prairies chantées aux balcons des villages
Mais tu t'alarmes et tes doigts, un à un,
lachent le vent où tu es né.
mardi 25 juin 2019
Entre le étoiles (3)
C'est une âme qui frappe
aux clochers de l'automne
celle qui creuse des chemins
avec du vent et de la pluie
des fougères et peu de mots
une ivresse fine au dessus des marées
Et l'île déjà perdue, l'île nue et sèche
Aride dans le texte qui oublie
la route du rivage.
aux clochers de l'automne
celle qui creuse des chemins
avec du vent et de la pluie
des fougères et peu de mots
une ivresse fine au dessus des marées
Et l'île déjà perdue, l'île nue et sèche
Aride dans le texte qui oublie
la route du rivage.
lundi 24 juin 2019
Entre les étoiles (2)
Tous les visages transpercés d'abandon
C'est le gel qui traverse le printemps
La nuit sur la terre a des bourgeons d'orfèvres
Son or brille sur tous les fronts
Les peaux tachées de rêves
plantent leurs cris aux façades nues
Puis comme l'enfant disparu
Germent dans le désert des jours
L'ancienne moisson s'est teintée de lune
Ombre de serpe et de faux
Jetant aux rivières crues
L'argent effilé de leurs courbes
Dans tes yeux naissent les lueurs
s'offusque l'hiver, s'assagissent les ombres
Caresse des miroirs recouverts de silence
En paix les siècles s'envolent des toits
Entre nos mains l'océan apaisé
Comme une injure à la nuit
Les vagues assoupies, la houle mise à nu
Les remous s'endormiront au terme du rivage
C'est le gel qui traverse le printemps
La nuit sur la terre a des bourgeons d'orfèvres
Son or brille sur tous les fronts
Les peaux tachées de rêves
plantent leurs cris aux façades nues
Puis comme l'enfant disparu
Germent dans le désert des jours
L'ancienne moisson s'est teintée de lune
Ombre de serpe et de faux
Jetant aux rivières crues
L'argent effilé de leurs courbes
Dans tes yeux naissent les lueurs
s'offusque l'hiver, s'assagissent les ombres
Caresse des miroirs recouverts de silence
En paix les siècles s'envolent des toits
Entre nos mains l'océan apaisé
Comme une injure à la nuit
Les vagues assoupies, la houle mise à nu
Les remous s'endormiront au terme du rivage
dimanche 23 juin 2019
Entre les étoiles (1)
De ses sources murmurantes
Un souffle leste un ciel que les horizons ont fui
Nos yeux bornent de lisières
nos visages dispersés, sables épars
fragments de sel mêlés au vent
Puis ouvrent les paupières de la blessure cachée
La douleur d'Aden aux ailes repliées
comme une ombre sanglante
à chacun de nos pas
Un souffle leste un ciel que les horizons ont fui
Nos yeux bornent de lisières
nos visages dispersés, sables épars
fragments de sel mêlés au vent
Puis ouvrent les paupières de la blessure cachée
La douleur d'Aden aux ailes repliées
comme une ombre sanglante
à chacun de nos pas
samedi 18 mai 2019
La Nuit, encore...(6)
Qu'y a-t-il entre les étoiles ?
Les pièges tendus au ciel ont la mâchoire des masques de chair.
Les pièges tendus au ciel ont la mâchoire des masques de chair.
Des horizons restreints aspirent aux rives
d'un mirage où s'achèvent les rêves,
ces routes béantes des chagrins errants.
Des égarements lunaires mènent aux impasses notoires
pendant que prie l'étroit espoir de la source blessée.
D'aucuns posent un voile par dessus ses toits
et observent sans s'émouvoir un ciel trop bas,
aux lumières sourdes d'un éclat boiteux
Entre les étoiles
La grimace enclose de murailles d'argent,
Le passager des saisons ne sent rien des portails,
clos et fermes, sous le pont des paupières,
lorsque les cils qui les portent vident leurs larmes.
Quand partout les échos en fleurs parcheminent le vent,
leurs graines s'envolent dans le bec des hiboux.
On cueille des ruines dans l'agonie des prés
le long des sentiers où renaissent les morts
Entre les étoiles, là où nous sommes.
jeudi 16 mai 2019
La Nuit, encore.... (5)
Du haut de l'abysse, la pente où l'on aimerait glisser
Et dans tes yeux, les ténèbres où l'on aimerait mourir
Tu es la berge du printemps, une caresse aux siècles absents
Ton visage nait de la brise chaude d'un regard
comme un rêve qui se lève d'une rumeur brûlante
On guette une averse d'azur sans attendre les heures
et, entre les murs, l'étreinte du temps
oublie le poids des fontaines amères
Les cimes touchent les ruisseaux du ciel
La terre se veut liquide et les eaux deviennent sèves
se lève la vie au front des cadavres
et le tombeau s'anime d'un tango joyeux et bavard,
se jouant des cachettes, des secrets et des ruses
La nuit se meurt dans le refrain des jours
Le couplet que siffle en rêvant les morts de demain
n' a de souffle que celui de l'enfer
et si tes ombres réveillent la complainte du pendu
c'est le sable et le vent seulement qu'agite sa langue
Sa vie se vide parmi les reflets d'une fenêtre déchue
Cette faveur nue et innocente du firmament cadenassé
s'enroule dans ses prisons muettes et ses aveux masqués
puisque, dans cette course immobile, sous une lueur équivoque
les fantômes ne peuvent se dire.
mercredi 15 mai 2019
La Nuit, encore...(4)
Qu'on le veuille ou non, c'est une impasse docile
où se pressent des chemins en déroute
La solitude s'agite
quand les soirs somnolent,
avides toujours d'éclat
sur le miroir des jours
On ouvre ses bras
Et c'est la sécheresse des plaies
qui se déchirent pour se faire un visage
On couche avec le sang qu'on étreint ?
Le soleil se lève sur les lèvres
puis le regard violé trahit
des brisants de lune et de cailloux.
où se pressent des chemins en déroute
La solitude s'agite
quand les soirs somnolent,
avides toujours d'éclat
sur le miroir des jours
On ouvre ses bras
Et c'est la sécheresse des plaies
qui se déchirent pour se faire un visage
On couche avec le sang qu'on étreint ?
Le soleil se lève sur les lèvres
puis le regard violé trahit
des brisants de lune et de cailloux.
lundi 13 mai 2019
La Nuit, encore (3)
Le souffle vient de la terre
Né des taillis obscurs
Remue dans le secret des puits
On y marche à rebours
Pour y voir plus clair
Quand la neige a vaincu l'argile
Les jetées touchent l'horizon
Et le large frissonne à nos pieds
Puis les murs se mettent à parler
Et l'opaque s'absorbe dans le clair
Dernière ruse de son livide appel
Dans les chairs chaudes, granit
Où se répandent les songes
Des fleuves blancs, flots incurables,
Épuisent leurs source salines
A l'heure où s'endorment les bêtes
jeudi 9 mai 2019
La nuit, encore (2)
Regards parcourant la nuit blême
Fixant ses voûtes de verre
Par dessus les routes de sable
Je ramasse des eaux mortes
Noyées dans le silence de tes pas
Fixant ses voûtes de verre
Par dessus les routes de sable
Je ramasse des eaux mortes
Noyées dans le silence de tes pas
Ramasse les traces sans poids
Des clartés de tes pluies
Où tu laissais ton ombre
Au temps des heures limpides
Comme un berceau où s’endormait l’été
Des clartés de tes pluies
Où tu laissais ton ombre
Au temps des heures limpides
Comme un berceau où s’endormait l’été
Puis le vent a posé ses lèvres
Sur la saison des étoiles
Qui levait tes paupières
Et, dans cette émeraude océane
Pénétra l’iris sombre de l’hiver
Sur la saison des étoiles
Qui levait tes paupières
Et, dans cette émeraude océane
Pénétra l’iris sombre de l’hiver
L’astre s’est couché dans l ‘azur endormi
mercredi 1 mai 2019
26, à la Mairie (3)
Un ciel sans lueur pèse sur la
terre
Les arbres ouvrent leur corolle de sommeil
L’horizon accablé étend son arc brisé
Le monde s’épaissit d’une chair de sang
De l’opacité des murs où les visages s’enferment
Le jour s’égare puis s’enfuit du vide de mes mains
Seuls tes yeux contre la nuit éclairent les toits
Et, sans rien dire des minutes où se toisent les peurs,
Couvrent les plaies qui naissent
des berceaux
L’origine mortelle posée sur chaque matin
Ce qui bat aux coeurs, la cicatrice brûlante
A laquelle la quête se résume
Quête de vent qu’exige le sépulcre
Ce chaudron froid où s’ignorent les os
Où le néant méprise le néant
mercredi 24 avril 2019
La nuit, encore..(1)
C’est un oiseau aux
ailes d’ombre
Survolant de sa
vague froide
La pénombre sèche
des nuits
Sur cette immensité
obscure
Il déchire de ses
tempêtes
Le voile brûlant qui
le masque
Le jour a éteint ses
mirages
Puis s’est englouti
dans l’abîme
Au cœur de ces
ténèbres crues
L’horizon s’éclaire
de feux
Braises opaques,
lueurs aveugles
La clarté raillée,
le jour meurt
La voile sombre
s’est levée
La ruine a lancé ses
faucons
Les vaisseaux du
gouffre stérile
Sur la voute seule
et déserte
Ont jeté leurs
ancres cruelles
La nuit elle-même
renonce
dimanche 21 avril 2019
26 à la Mairie (2)
Combien errantes sont les îles
Nues et seules, en attente de la cendre
Brûlées sans un cri de lumières absentes
Parfois, lorsque l’été sous les
soirs endormis
La lune ploie vers la terre ses fruits d’ombre
On y entend des langues étrangères, des paroles en vergers
Mais de ces fleurs de brume rare où flâne le hasard
Faut-il encore arracher le jour à la nuit
La solitude au désert
Elles bruissent de tempêtes pâles
Un grésillement de l’être vibre sous
la peau
Des rives sanglantes s’aiguisent
dans la chair
Lorsque l’impénétrable hiver calcine les âmes
Par dessus le fleuve et ses rives écartées de ses vagues défuntes
On y danse de tristes chaconnes sur des ponts de poussière
Et qu’importe si toujours la lumière hésite
Comme une évidence dans l’obscur
Comme un été mêlé à la boue.
26 à la Mairie
Le cœur ne bat plus qu’au milieu des heures exsangues
La solitude est un fruit de rosée
où s’éclaire l’appel
La poussière douce des jours qui rosit de mes joues
Des anneaux de passages qui trompent la mémoire
Je marche sur ces trottoirs où affleure le passé
Parmi les quartiers hantés de ce qui s’y est éteint
Dans l’abandon de ce qu’ils cèdent à la mort
Enfants des rues sous un soleil immobile
On n’entend rien sous l’aplomb du
silence
Qu’importe si la source ne porte plus paroles
Car la moisson du jour lie en
gerbes perdues
Les sèves mortes pour les songes de demain
Je marche à travers ce qui vient de loin
Dans un mirage où s’entrevoit la chair du temps
Lorsque du sable je jette un regard aux étoiles
Il est des nuits comme partout des jours
Où rien ne nait des aubes
Quand les crépuscules n’épuisent rien de leurs sangs.
dimanche 3 février 2019
L'accord majeur (2)
J'évoquais le chant d'un chemin, la borne disparue qui cherche la voix de demain, un compagnon de cailloux ou de boue sèche
qui déroute les astres et trace, sur les pas des nuages, par dessus les étoiles, des nefs de pierres et de vents où assoir son temps.
Siège fragile échappé dans le chœur des heures, petit chant des rivières s'écoulant comme un matin qui s'oublie.
qui déroute les astres et trace, sur les pas des nuages, par dessus les étoiles, des nefs de pierres et de vents où assoir son temps.
Siège fragile échappé dans le chœur des heures, petit chant des rivières s'écoulant comme un matin qui s'oublie.
L'accord majeur (1)
Ce qui se passe, ce qui se meurt,
que le jour emporte et la nuit pleure,
l'éclat ailé de ce qui attend
que le jour emporte et la nuit pleure,
l'éclat ailé de ce qui attend
samedi 2 février 2019
Les Plaines (7)
Voyons la nuit
Non pas encore la nuit,
Ni l'aube, ni le soir
Nous marchions
L'eau bourgeonnante d'écume
D'ondes bleues sous des ruisseaux de lune
Mais ce n'était pas la nuit,
Mais ce n'était pas le jour
Nous marchions
Sous les galeries du ciel
Sur des torrents blanchis
A portée de parole
Et les fièvres anciennes
Dans la rumeur des gorges
Arrachait une voix
d'épines arides
A la langue harassée.
Dans cet air limpide
Où l'enseveli offrait
un silence laineux
Aux échos oubliés de la vie
Voyons les ombres
Non pas encore les ombres
Ni l'obscur, ni le tu
Je voyais dans ces buissons
Seulement les lueurs en fleur
Nature profonde aux souffles voilés
Qui brûlent mes yeux
En y posant son givre
Mais ce n'était pas l'hiver
Ce n'était pas l'été
Dans les plaines.
Non pas encore la nuit,
Ni l'aube, ni le soir
Nous marchions
L'eau bourgeonnante d'écume
D'ondes bleues sous des ruisseaux de lune
Mais ce n'était pas la nuit,
Mais ce n'était pas le jour
Nous marchions
Sous les galeries du ciel
Sur des torrents blanchis
A portée de parole
Et les fièvres anciennes
Dans la rumeur des gorges
Arrachait une voix
d'épines arides
A la langue harassée.
Dans cet air limpide
Où l'enseveli offrait
un silence laineux
Aux échos oubliés de la vie
Voyons les ombres
Non pas encore les ombres
Ni l'obscur, ni le tu
Je voyais dans ces buissons
Seulement les lueurs en fleur
Nature profonde aux souffles voilés
Qui brûlent mes yeux
En y posant son givre
Mais ce n'était pas l'hiver
Ce n'était pas l'été
Dans les plaines.
jeudi 31 janvier 2019
Les Plaines (6)
Ils marchaient, à l'orée du soleil, l'un et l'autre
Accoudés aux lisières froides,
Aux sources du matin.
On les voyait arriver comme
Des boucles de ténèbres,
Braises obscures dans l'éclat du jour
Cavaliers aux éperons blessés,
Les yeux clos, dans ce baiser d'aurore,
regardaient où respirent les hommes,
Comment du champ de leurs jours
montaient ces sueurs de souffrance
Ces cris tus dans le hurlement des loups.
C'étaient des étrangers, inconnus
des gémissements d'ici, des plaintes nouvelles
au centre des enclos.
Des plaines rien de fermé et dans l'espace béant
où les murs se parlent,
Des brèches pour qui veut, un passage qui espère.
Accoudés aux lisières froides,
Aux sources du matin.
On les voyait arriver comme
Des boucles de ténèbres,
Braises obscures dans l'éclat du jour
Cavaliers aux éperons blessés,
Les yeux clos, dans ce baiser d'aurore,
regardaient où respirent les hommes,
Comment du champ de leurs jours
montaient ces sueurs de souffrance
Ces cris tus dans le hurlement des loups.
C'étaient des étrangers, inconnus
des gémissements d'ici, des plaintes nouvelles
au centre des enclos.
Des plaines rien de fermé et dans l'espace béant
où les murs se parlent,
Des brèches pour qui veut, un passage qui espère.
mercredi 30 janvier 2019
Les Plaines (5)
Nous courions, enfants,
Dans ces matins aux urgences inédites
A travers ces jardins où murmuraient les sangs
Comme une rivière lente
courbant de ses rives
le silence des vents
Nous courions ainsi
refusant la mort
sans autre rêve
que le présent
C'était le district des horizons
La vigne des nuages
Le district de l'âme
l'empierrement des allées
et des amours de Chine
Proches plaines du lointain invisible
Proches plaines où poser nos mains
Proches plaines
haleines de la terre, papillons des nuées.
Dans ces matins aux urgences inédites
A travers ces jardins où murmuraient les sangs
Comme une rivière lente
courbant de ses rives
le silence des vents
Nous courions ainsi
refusant la mort
sans autre rêve
que le présent
C'était le district des horizons
La vigne des nuages
Le district de l'âme
l'empierrement des allées
et des amours de Chine
Proches plaines du lointain invisible
Proches plaines où poser nos mains
Proches plaines
haleines de la terre, papillons des nuées.
mercredi 23 janvier 2019
Les Plaines (4)
Comme une marée étale
La plaine suspendue
Entre flot des jours
Et jusant des nuits
Attend la minute prochaine.
Devant cette gueule béante
Elle frissonne un peu
Comme l'innocence
Sous un ciel de braises.
mardi 22 janvier 2019
Les Plaines (3)
La plaine est un matin.
Légèreté limpide,
le regard s'agace
de cet excès de visible.
Asile cependant :
il disperse ses lueurs
dans sa clarté obsédante.
C'est à moindre prix
qu'ainsi on hypothèque sa nuit
samedi 19 janvier 2019
Les plaines (2)
Dans les plaines
Nous nous sommes couchés
et aux eaux des mêmes rivières
Nos lèvres se sont jointes
Celles qui n'assèchent pas les soifs
Qui se nourrissent de leur faim
Ces rivières-là
de celles qu'absorbent les étoiles
lorsque nous les regardons
briller sur la lame des faux
Ces plaines qui s'accordent
Et s'attachent des liens
De nos absences pâles
Qui nouent les éclipses
De nos routes enlacées
Mortes plaines !
Vives plaines !
invisibles sous le gel
sous ce fruit du départ
où nous vivons enfin
Nous nous sommes couchés
et aux eaux des mêmes rivières
Nos lèvres se sont jointes
Celles qui n'assèchent pas les soifs
Qui se nourrissent de leur faim
Ces rivières-là
de celles qu'absorbent les étoiles
lorsque nous les regardons
briller sur la lame des faux
Ces plaines qui s'accordent
Et s'attachent des liens
De nos absences pâles
Qui nouent les éclipses
De nos routes enlacées
Mortes plaines !
Vives plaines !
invisibles sous le gel
sous ce fruit du départ
où nous vivons enfin
vendredi 18 janvier 2019
Les plaines (1)
Dans les plaines retentissent
Les blessures de l'espace
Dans cette plaie nue
L'étendue découverte lève ses ombres
Et de ses sédiments obscurs se rédigent
Les fables du vrai et du faux.
Les blessures de l'espace
Dans cette plaie nue
L'étendue découverte lève ses ombres
Et de ses sédiments obscurs se rédigent
Les fables du vrai et du faux.
dimanche 13 janvier 2019
Le désert (10)
Tout s'y montre
Tout s'y cache
Dans cette nudité ordinaire
Les ombres possèdent la complexité des échos
Le silence, des ourlets de lumière
On se sent exclu de cette complication
De ce paradoxe de sable.
Tout s'y cache
Dans cette nudité ordinaire
Les ombres possèdent la complexité des échos
Le silence, des ourlets de lumière
On se sent exclu de cette complication
De ce paradoxe de sable.
jeudi 10 janvier 2019
Le désert(9)
Le désert s'étonne du temps
De son intransigeance à être
De son impassible maturité
En lui il n'est pourtant que mirage
Docile rêverie du désert
Source de l'inexistence
De son intransigeance à être
De son impassible maturité
En lui il n'est pourtant que mirage
Docile rêverie du désert
Source de l'inexistence
Le désert (8)
Dans cette translucidité pure
Tout se dit dans l'obscur
Chaque grain est un crime
Chaque grain, une faute
L'insoluble blessure fleurit dans les sables
Tout se dit dans l'obscur
Chaque grain est un crime
Chaque grain, une faute
L'insoluble blessure fleurit dans les sables
mardi 8 janvier 2019
Le désert (7)
S'astreindre au Désert
Au supplice de l'épure
Comme un souffle clair
Qui monte jusqu'à soi
Comme un sang chaud
Où chantent les plaies
Consentir aux gestes de sable
Le désert (6)
Le Désert ignore l'art des bordures
Les limites n'y légifèrent pas
Les convictions s'inquiètent
De cet espace indéfini
De cette absence de clôture
L'aube chevauche le crépuscule
L'ombre nait au ventre de lumière
Le silence est ici parole
Les limites n'y légifèrent pas
Les convictions s'inquiètent
De cet espace indéfini
De cette absence de clôture
L'aube chevauche le crépuscule
L'ombre nait au ventre de lumière
Le silence est ici parole
dimanche 6 janvier 2019
Le désert (5)
Trouver passage
Forcer la route
Ce que demande
Dans sa prière lumineuse
Le Désert ou la Nuit
Ici les traces sont abris.
Le désert (4)
Le Désert tient à son obscurité
La transparence est son leurre
La transhumance des mirages
Bivouaque dans d'obscures caravanes
Sous la crête des dunes
La transparence est son leurre
La transhumance des mirages
Bivouaque dans d'obscures caravanes
Sous la crête des dunes
Le désert (3)
Entre les déserts
D'autres rivages
D’autres déserts
Les mots n'ont pas cours
Dans les lits à sec.
D'autres rivages
D’autres déserts
Les mots n'ont pas cours
Dans les lits à sec.
Le désert (2)
Certains déserts arrêtent les pas
Le vide est un labyrinthe
Un corps trop vaste
Trop de chemins
Empêchent de prendre la mer.
Le vide est un labyrinthe
Un corps trop vaste
Trop de chemins
Empêchent de prendre la mer.
Le désert (1)
On ne dit jamais assez
La limpidité du désert
Rien ne s'exclut
De son silence
Rien ne bouge
Dans sa nuit.
La limpidité du désert
Rien ne s'exclut
De son silence
Rien ne bouge
Dans sa nuit.
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