Tu naquis liquide, mourus pétrifié.
Sous ta langue le bouillonnement muet
le verbe tu, le deuil accompli
Dans ce pays vide, le silence des filets
recueillit l'écume dissipée
qui parlait dans tes rides
Tu écrivis des lettres de poussière
dans ces chemins de campagne
ces sentes de sommeil
Ce monde sans fruit
à l'ombre des vergers fleuris
lorsque les cieux se voilent
lorsque se brise la nuit
Tu fus source de pierre au milieu des flots
l'attente pâle où tu te figeas.
dimanche 8 avril 2018
mardi 3 avril 2018
Chute (1)
Elles vinrent ces flammes innocentes
En ces jours domestiques, aveugles et somnolents
portées par un fatal été
soudoyer ta conscience
et de tes rêves élever des images et des morts
comme un poison posé sur tes lèvres
une racine mortelle sous la langue
brûlant tes jardins bientôt en cendres
Elles passèrent, ces flammes ignorantes
remplir tes plaines d'un suc pâle, puissant et douloureux
Marches-tu encore de cette langue de plaie
la peau arrachée de tes lèvres
avec sous tes pas, le chemin brûlé
où poussent les croix
Marches-tu encore sans dire
cette peau qui s'abrège
et ce sang qui se fuit
en ces lieux d'abandon
où les ombres s'efforcent.
En ces jours domestiques, aveugles et somnolents
portées par un fatal été
soudoyer ta conscience
et de tes rêves élever des images et des morts
comme un poison posé sur tes lèvres
une racine mortelle sous la langue
brûlant tes jardins bientôt en cendres
Elles passèrent, ces flammes ignorantes
remplir tes plaines d'un suc pâle, puissant et douloureux
Marches-tu encore de cette langue de plaie
la peau arrachée de tes lèvres
avec sous tes pas, le chemin brûlé
où poussent les croix
Marches-tu encore sans dire
cette peau qui s'abrège
et ce sang qui se fuit
en ces lieux d'abandon
où les ombres s'efforcent.
lundi 2 avril 2018
Mes Amériques (3)
Ce n'est pas dans ces souffles,
anonymes coursiers des mers
non plus vers l'obscur ailleurs, ni en ton rêve clair comme l'embrun des aubes
ni sur les plaies des risées de la surface insondable
Seulement dans ta solitude froide entourée d'horizons
Tu t'enfouis sous ton rêve, parfumé et chantant
laissant là tes vivants et leur nuit
pour des paupières légères
suspendues à tes îles, aux fruits de tes déserts,
aux heures dénudées où tu te rejoindras
C'est dans un regard d'eau, suspendu à la houle
que s'annonce la parole, belliqueuse et nocturne.
anonymes coursiers des mers
non plus vers l'obscur ailleurs, ni en ton rêve clair comme l'embrun des aubes
ni sur les plaies des risées de la surface insondable
Seulement dans ta solitude froide entourée d'horizons
Tu t'enfouis sous ton rêve, parfumé et chantant
laissant là tes vivants et leur nuit
pour des paupières légères
suspendues à tes îles, aux fruits de tes déserts,
aux heures dénudées où tu te rejoindras
C'est dans un regard d'eau, suspendu à la houle
que s'annonce la parole, belliqueuse et nocturne.
Mes Amériques (2)
Le roulis qui t'emporte est un détroit
un risque pour tes rives
le prétexte des vagues silencieuses
enflées de leur matière haineuse
pour tes routes cardinales
Routes d'Ouest aux écumes de sang
chemins de blessures qui mènent aux ports
où tu feras naufrage
tes voiles pleines encore
de tes tempêtes de nuit
ces encres qui appareillent
comme un vaisseau d'averse
qui s'enfonce sous la houle
un risque pour tes rives
le prétexte des vagues silencieuses
enflées de leur matière haineuse
pour tes routes cardinales
Routes d'Ouest aux écumes de sang
chemins de blessures qui mènent aux ports
où tu feras naufrage
tes voiles pleines encore
de tes tempêtes de nuit
ces encres qui appareillent
comme un vaisseau d'averse
qui s'enfonce sous la houle
dimanche 1 avril 2018
Mes Amériques (1)
C'est aux confins de la nuit
et au seuil du jour
lorsqu' épuisées de briller
s'évadent les étoiles
qu'encore nocturne se glisse une parole
Aux prémisses des aubes
Bourgeon de silence, mutisme des jardins,
rose souterraine, jacinthe de nuit
J'y invente des serrures d'eau
Ces bouquets de verrous que je t'offre
à toi
qui étendit ses ailes
sur les océans lointains
où le regard fleurit et espère
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