Enigmes des routes et des lignes
Plus sanguines que sentes de pluie
Un chant se meurt d'être né
Seul s'écoute la parole morte
jeudi 25 février 2016
mercredi 24 février 2016
Eau lente, mailles de jonc (9)
Nuit d'entre les nuits
Noire plus noire encore
Parmi le sombre et l'indistinct
Plus vain que le clair
Un bref passage et la lune
Comme yeux obscurs dans le soir
(Parfois de rares ramures accrochent un fragment
- Fraicheur sous les bois)
mercredi 17 février 2016
Eau lente, mailles de joncs (8)
Un vent intérieur à ciel ouvert, père des aurores et des morts,
a élevé des digues de deuil et contenu ce qui s'échappe ;
au centre des heures, un poème a glissé de l'idée, sans route et
sans chemin, havre seulement du lendemain ou de l'éventuel,
au présent de toujours, et de ce qui reste a retenu ce qui a fui
Car il garde et guide ce qui se refuse et abandonne ce qui
se libère ; l'obscurité est son milieu et sa tendresse par où passe
ce qui, mort, en ressortira vivant, l'obscurité est son domaine
privé et de ses graines germent des fleurs d'ombres qui
croissent loin des opinions et des instincts.
C'est une matière qui ne se pénètre pas, une chair noire où
croupissent les idées, comme un chant de baleine aux fleurs
nocturnes, une matière inféconde aux naissances blêmes que ne
a élevé des digues de deuil et contenu ce qui s'échappe ;
au centre des heures, un poème a glissé de l'idée, sans route et
sans chemin, havre seulement du lendemain ou de l'éventuel,
au présent de toujours, et de ce qui reste a retenu ce qui a fui
Car il garde et guide ce qui se refuse et abandonne ce qui
se libère ; l'obscurité est son milieu et sa tendresse par où passe
ce qui, mort, en ressortira vivant, l'obscurité est son domaine
privé et de ses graines germent des fleurs d'ombres qui
croissent loin des opinions et des instincts.
C'est une matière qui ne se pénètre pas, une chair noire où
croupissent les idées, comme un chant de baleine aux fleurs
nocturnes, une matière inféconde aux naissances blêmes que ne
portent aucun nom, dans une chambre froide où s'accrochent des
indifférences aux fragilités de gel.
Dans ces errances de songes, ces mers de glaces instables, ces îles
qui s'égarent, partent puis reviennent, ces demeures de nuages,
ces fragments de chants où meurent les rossignols, dans ces
alignements et ces enjambements, dans ces racines ligneuses à
fleurs de roches, rien, rien qu'un souffle de paix et de chagrins
Ainsi de ce qui choit de l'idée, sur des routes d'innocence que les
directions ignorent, les choses minces que contiennent les mots.
dimanche 14 février 2016
Eau lente, mailles de jonc (7)
En toi
Des mots, et la peur que caressent les murailles
Au fond de ton empire
Dans les coins où tu gémis
Le pollen de l'effroi
Dans ta nuit
L'angoisse du jour
Qu'un jour
De tes bras l'aube née
Imprimera
Dans l'inconnu à jamais
de ton visage
Bleu et doux
Comme la sauvagerie
De ton regard
Eau lente, mailles de jonc (6)
On aimerait des désastres purs
Comme des neiges sans taches
Sur une terre aimante
Mais le fer n'a pas de ces accomodements
Il ne négocie pas
Le fer a autorité
Et le brûlant lui est soumis
Le fer, cependant, brûle aussi
Et danse sur les pervenches
Seulement
Lorsque tes yeux sont la paix
Comme des neiges sans taches
Sur une terre aimante
Mais le fer n'a pas de ces accomodements
Il ne négocie pas
Le fer a autorité
Et le brûlant lui est soumis
Le fer, cependant, brûle aussi
Et danse sur les pervenches
Seulement
Lorsque tes yeux sont la paix
Eau lente, mailles de joncs (5)
Auprès des reflets marins
Comme un poisson aveugle
Plus encore que cécitaire
Des vallées de roches et de nuits
Plus encore que nue
Plus nue que nue sous la peau
Jusqu'au nu impossible la peau retournée
Ce qui fait pencher mai et puis septembre
Puissance rutilante des sillages
Et ton printemps que j'ai suivi
Eteignant tous mes hivers
Parmi mes pas et mes songes
Il y a un miroir
Qui dort parmi les étoiles
Un miroir de fontaines et de pluies
Et l'été comme le deuil de mon reflet
Je t'ai née aimée
Et mes mains libres
Ont caressé ton sexe
Lorsque la grâce enfin s'est posée
Comme l'image de mon ombre
Comme un poisson aveugle
Plus encore que cécitaire
Des vallées de roches et de nuits
Plus encore que nue
Plus nue que nue sous la peau
Jusqu'au nu impossible la peau retournée
Ce qui fait pencher mai et puis septembre
Puissance rutilante des sillages
Et ton printemps que j'ai suivi
Eteignant tous mes hivers
Parmi mes pas et mes songes
Il y a un miroir
Qui dort parmi les étoiles
Un miroir de fontaines et de pluies
Et l'été comme le deuil de mon reflet
Je t'ai née aimée
Et mes mains libres
Ont caressé ton sexe
Lorsque la grâce enfin s'est posée
Comme l'image de mon ombre
Eau lente, mailles de joncs (4)
Feu en habit de marié
Silencieux en son coeur
Comme une proie affamée
Appelle son bourreau
Feu penché sur le diaphane
Flottant dans le souffle liquide
Tout en venin d'errance
Les vipères dans le ventre
Feu gardien des nuits
Puis en lumière bleuie
Ce qui se veut et ce qui se tourne
Plus loin, si loin de l'âme
Car seule est-elle
Car seule en son être
Elle est sa terre
Et ne peut être autre
Même le feu
Non le feu
N'y peut rien.
Silencieux en son coeur
Comme une proie affamée
Appelle son bourreau
Feu penché sur le diaphane
Flottant dans le souffle liquide
Tout en venin d'errance
Les vipères dans le ventre
Feu gardien des nuits
Puis en lumière bleuie
Ce qui se veut et ce qui se tourne
Plus loin, si loin de l'âme
Car seule est-elle
Car seule en son être
Elle est sa terre
Et ne peut être autre
Même le feu
Non le feu
N'y peut rien.
samedi 13 février 2016
Des Mille et des Cent (5)
Mille récits dans le silence des traces et des énigmes
Mille marées en sourdine devant la fureur des demains
Mille horizons sous mes yeux d'épi et de brume
Pourtant
Mille mots immobiles
Sous la langue blême
Qu'empoisonne le silence
Et que hait la blancheur
Mille marées en sourdine devant la fureur des demains
Mille horizons sous mes yeux d'épi et de brume
Pourtant
Mille mots immobiles
Sous la langue blême
Qu'empoisonne le silence
Et que hait la blancheur
vendredi 12 février 2016
Eau lente, mailles de joncs (3)
Sous la peau des enfances
Le vent bientôt a conduit ses ombres
Dans les cosses matures
La cécité s'est faite jour
Les vertes inscriptions
Ont fondu dans l'étoffe
Des mots de l'accompli
Les enfances de neige
Aux transparences argentines
Ont tendu leurs paumes
Vers un ciel éteint
Le soleil s'est refroidi
Et dans la nuit étendue
Des mots durs et sans plaisir
Parfois une nef de givre
Eblouit la mémoire livide
C'est le berceau d'amour
Où le vieil équipage d'antan
S'endort en criant
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