vendredi 25 août 2023

La souche maigre (3)

 

Habitants des cryptes

 

Ces chapelets errants

Ces fugitives syllabes

Dérobées aux torrents

 

Vagabond asile

  fuguent les voyelles

S’arrondissent les consonnes

 

Et la voix silencieuse

Se rapprochant du verbe souple

 

Conquiert un délai

Comme une remise de peine

 

Avant de se noyer encore

Dans l’océan asséché

 

Où les soifs s’étanchent

Souche maigre (2)

 

Fanatique des épaves sonores

Sous la tutelle des décombres

 

Le regain s’annonce

     Comme crue voisée

Les cordes éraillées

 

Un thrène guide sans heurt

Aux versants  pierreux

 

Où rêvent les métaphores

jeudi 24 août 2023

Souche maigre (1)

 

Affidés de la souche maigre

A la maraude au vergé éclaté

 

Trouve le trait,

L’unité des saccades

 

Aux fenêtres bruissantes

Ferme à l’espagnolette

Et empli  de lueurs

L’abri bleu ouvert sur la voûte

 

 

Bientôt ton foyer éteint

Un flambeau de glace

Tremblera d’une ombre vide

 

Tu te nourriras de famine

 

 

 

 

 

 

 

mardi 9 mai 2023

Les Conf' (12)

Il faut entendre les voix basses de l’argile

C’est la sagesse des morts

Que de parler lorsqu’on se tait

 

Le sabir des ossuaires

Aux comptoirs des Lettres

 

Ma maison s’ébruite

Des environs errants

Mes étoiles aux cordes vives

 

Il faut entendre la voix basse de l’asile

L’île sourde de tes lèvres

 

 

Porter la morsure fauve des hommes

Les songes arrimés

 

A l’amande verte des eaux


 


Les Conf' (11)

Une terre neuve

De naissances étrangères

 

Dans le coton du soir qui dort

 

Comme un visage

à l’entrée du désert

Quand les paupières

S’arrachent  du regard

 

Alors c’est la contrée vive

Le souffle incurable

Qui dédicace de son fruit

Nos chimères de papier


Les Conf'(10)

Bruissent les élytres des jours

Depuis les matins d’enfance

Dans le fracas des siècles

 

Et leurs torrents d’aurores amères

lundi 8 mai 2023

Les Conf' (9)

C’est le grand hivernage des choses

La cécité des pourritures froides

La terre niée, le manifeste d’hiver

 

Le grand mensonge des saisons

Et les pêchés d’hier,  les grâces de demain

 

Sous une pluie de voyelles

Sonne comme mâtines

L’inespérée insignifiance

 

Bourdon de la plaie ouverte

 

On n’exile pas le néant

Sous les vignes du vide


Les Conf (8)

 

Mais la nuit se meurt

Et dans les jours

Qui serpentent

Les corneilles attendent

S’envolent dans l’indistinct

 

La nécessité des ailes

 

La nuit se meurt

Suspendue aux mirages de l’aube

S’éparpille dans le fond sans limite

Où tout s’accorde et s’efface

 

Qui sait l’accumulation de l’inerte

L’amas des titres et des grandeurs

L’assemblage des honneurs aurifères

Et les gloires argentines

 

Qui sait la balance

Des additions  et des soustractions

Urine de peu balayée

Dans le vent qui passe

 

Toi donc

Prends des vaisseaux sans espace

Et vogue sur un temps

Qui n’a que toi


Les Conf'(7)

Baisers aux désespoirs sonores

Chairs qui se dérobent et se refusent

Quand même elles s’offrent

Béantes, sanguinaires

 

Quand l’horizon a baissé ses paupières

Dans l’attente d’une peau lumineuse

 

Vertige des gouffres

Lorsque l’abîme doit s’enjamber lui-même

Tout ce vide qui se vide de son néant

 

Dans un printemps éteint


Les Conf' (6)

Sous un ciel d’ébène où le silence n’est que noirceur

Tendent des filets sur le vent nomade

Ceux qui offrent sans un mot le secret de la terre

Où personne ne peut entendre

 

Souffles aux verbes clos

Quelques mots soustraits à l’ordure des heures

A  nuit couchée et  jours peureux

Aux formes passantes

Ombres sur ombres

 

Dans les cercles de l’obscur


Les Conf' (5)

Par dessus  les silences pâles

Sous un soleil contrefait

Triomphent la cendre et l’extinction

 

 

Mais il suffit de peu

Une plume sans gîte

Une encre asséchée

 

Pour briser d’autres graines

Plus brûlante qu’un feu au désert

 

 

 

Les morts de quoi nos mots sont faits


Les Conf' (4)

 

Ecoute...

L’écho étroit annonce les fleuves

 

Entend...

Ce qui aux horizons se trame sans toi

 

La chose muette

 

Cet impossible havre des houles blessées

 

 

 

Vole à l’écume

Ses tirades d’exil

 

Pétri l’oracle

Adossé aux flancs du ciel

Les Conf' (3)

Dormez instants

Couvrez vos prunelles

Endormez vos foulées

 

Vagues sans la mer

Au devant du rivage

Être mots de chair

Et sources sanguines

 

Sois souffle

Nourri de sommeil


dimanche 30 avril 2023

Les Confins : S’ouvrent aussi hautes vagues sous la voile des mers...(2)

Aux avers...

 

L’effigie de sel

Se repait de l’écume sanglante

Voilier ardent s’inclinant

Sous les souverains du vent

Frégate effarée

Sous la fronde des orages

 

A l’hiver des songes

L’écueil oublié

Témoigne du rameau fertile

(Les gabiers ont perdu vue)

 

Grand voile couchée

Humiliée sous les mortes-eaux

Et les mats

Comme pierres levées

Offerts au poing fermé du ciel

 

Face aux turbans aveugles des nuages

Où se jettent les ancres

Les mots fouillent le front de l’azur

L’inscription des quêtes foraines

 

... Au loin

Hauturiers sous le vent...

 

 

Aux revers...

 

Mangeuses de fruits amers

Sorcières sous la peau

Chantent les murailles dissipées

Sous l’ombre des regards

Les paupières ouvertes sur la nuit

Où se cousent les déserts

 

Quand l’ombre s’allume des coraux

Les aubes plantent des oboles de lune

Dans les gouffres que taisent les eaux

 

...Aux amers envers des avers de mer...


Les Confins : S’ouvrent aussi hautes vagues sous la voile des mers...(1)

 

Havres des mirages....

 

Aux ports ensablés,

Chimères intègres,

Songeries en haute Capitainerie


 

Aux Confins

S’ouvrent aussi

Hautes vagues sous la voile des mers

 

Les masques du bûcher

Flammes aux ténèbres jetées

 

Récifs de pleine mer`

Fendent seulement

L’eau qui passe

 

Sous l’arc de la nuit

A la porte des heures

Une voix d’ivresse résonne de ce qui s’efface


 


Les Confins : Aux digues...(20)

Ainsi demeure cette faim

Hantise qui exige

 

Lieux

Comme domiciles errants

Egarés sur l’étendu

Et le mètre affable

 

La sédition pullule silencieuse

Dans la réticence et la discrétion

 

Hôte sans abris

Qui rend l’innocence limpide

L’offrande ignorée de la lenteur

 

Obscurcir les secondes

Solitaire royauté

De la courbe et de l’arrondi

 

L’angle s’épuise dans la mesure

 

Là où l’araire fend le ciel

S’élancent les rémiges


Les Confins : Aux digues...(18)

Incise le grain de l’exil

Rompt l’hivernage

Des poussières

 

La minuscule exulte

Enfin au jour…

 

Glissent les rétines de l’abîme

Sur les pentes de l’infécond

Jusqu’aux jarres du monde

 

Où l’air éclot

Et l’ordinaire s’aveugle

 

Ainsi

Les plaies de la lumière

Sont terres d’exode

Pénitence des spectres

 

Fuir les éclats âpres

Les heures calcinées

 

Sous le bâillon des mots


Les Confins : Aux digues (19)

Misère

Enfant de la limite

Lambeau d’éternité

Vogue vogue

Ombres véreuses

Sous la pèlerine des siècles

 

Misère

De la même vague

Au milieu des bordures

Habiles mais infidèles

Mille mains

Ne suffisent pas

 

A rejoindre le séjour

L’accueil et l’abandon

 

Misère aride

De planter, lasse..


Les Confins : Aux digues...(17)

Les nuages en sont témoins :

 

Obscurités lourdes de chair

Hommes de déserts

Coureurs de plaines

 

Aspirations aux levées

Innocence obligée aux gouffres

 

Mais toujours seuls

Dans la sagesse des lointains

Où notre mort s’achève


Les Confins : Aux digues...(16)

 

Nous naquîmes

Vierges à jamais

 

A l’énigme des soifs

 

En appeler aux lumières impures

Aux atteintes du clair et de l’obscur

 

Sous les arches effaçons les rives

De l’épi tangible


 


Les Confins : Aux digues des lointains (15)

Meutes d’horizons

Emplies de lointains

 

L’éclair abonde

Sous le jour

 

Sois le confident de l’île

Guetteur voûté

Vigie agile

 

Offre aux clameurs d’azur

Les béances tacites du vent

 


Les Confins : aux digues des lointains (14)

 

Sur la paume de la terre

 

Aux heures étales

J’ai ouï le message

Hélé l’écho des coraux

 

Le chant des hautes plaines

 

Senti

 

L’indigence des appuis de givre

La misère des quais sans houle

 

L’envers des écumes

Dans un ciel affamé d’aurores venimeuses

Et la doublure cristalline des hivers

 

Dans la chaleur des foyers

 


Les Confins : Aux digues des lointains (13)

Pourtant nul n’est tenu à dire

L’échancrure intime

Où le sang offense les limites

 

Plutôt le vertige des choses mates

Que l’abîme tu des mots

 

A couvert sous

 

L’aride vision de l’oppression

 

 

 


dimanche 16 avril 2023

Les Confins : aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(12)

Et dans ces jours qui se répandent

Dans ces boucles d’aubes

Tournent le manège

Les ruses bonhommes

Qui maintenant t’enfantent

 

Tes marées s’éprennent

De feuilles d’ombres

Pour des fureurs

Aux chaleurs stériles

 

Tu as cru aux Ganges nouveaux

 

Mais ce sont des matins anciens

Qui t’exilent

Dans l’immobile calligramme

De tes cercles

 

De ce qui te hèle

Te voilà banni

 

Scellé.


Les Conf' : Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(11)

 

Chœurs de terre et de mer

Chants d’algues et de seigle

Psaumes de prairies et d’écume

Coryphée de ruines et de naissances

 

Le mot te prend et soulève les aubes

Au milieu de l’aride et du rugueux

Sous la pierre froide du clôt

 

Paroles  apparues

Comme cailloux jetés aux façades

Comme passantes sur le figé

 

Comme une orée posée sur l’étanche

Le seuil d’où tu contournes

Les hauteurs vaines et les attentes mortes

 

Là commencent ta mer ardente

Ton océan discret

Ton esprit de semailles.


vendredi 14 avril 2023

Les Confins- Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(10)

Pars avant l'été

Viens devant ta nuit

Et perce-la

Trouve la paume vermeille

 

Les mailles chaudes de la sève

 

Noue l’iode et le varech

Arrime les confluents

Aux amours cendrés

A l’écho magnétique des soupirs

 

Glisse l’anneau d’accueil

Aux doigts de l’innocence

Et du baiser des ombres

Offre à la bouche du ciel

Toute la mer dévorée

 

Guette au bout des môles

Les fouets aux brûlures de sel

Au hasard des méridiens aveugles

 

Aux Confins des abimes

Se confondent les eaux

Où les mains se parlent

Dans la langue des poulpes

 

Et tout se noue et se défait

Depuis la solitude

Des grands silences lointains.