mardi 1 décembre 2020

Boue sèche (3)


 " Quand on entend les voix qu'on aime, pn n'a pas besoin de comprendre les mots qu'elles disent" V.Hugo - Les Misérables

 

 

De mille morts souffle le vent

à la cardinalité absente

Pour se glisser sous les eaux

et polir le galet réticent

 

Mais aujourd'hui 

le tuffeau se refuse aux marées

comme un orage silencieux

et sans éclair

 

Puisse le sang m'aviser assez tôt

et m'abstenir de noces crédules

samedi 28 novembre 2020

Boue sèche (2)

Cette terre séquestrée

inconnue du ciel

méprisée des pluies

s’inonde de soifs âpres

 

Le soleil lui brûlerait les racines

 

Est à elle-même sa propre ombre

la sève s’embrase  

des rameaux pâles s’élèvent dans l’opaque

 

On s’exagère le précis

Lorsque le flou préside à la vague

Et que le ferme s’égare dans le souple

 

Miettes d’immuable

Cueillies aux avrils fraudeurs.

 


dimanche 4 octobre 2020

Boue sèche (1)

J’écris avec une faux

Sur les lignes liquides

D’un marais aride

Quelques lettres de sable

L’épitaphe froide

Où gronde la boue sèche

 

S’étendent ses mots

Signaux calcaires

Qui épurent les choses

 

Une forme ronde

Où tout se fond.

 

 


samedi 3 octobre 2020

Pour ma peine (6)

Le sommeil a atteint les ruisseaux

la lueur se berce aux reflets inquiets
sur la sécheresse nue de la terre

Seul, un émoi discret grève l'orage
de l'impondérable rappel des hordes

la soif retenue encore menace

 

A feu coulant (4)

La terre brûle en amont

Ta main cherche la cendre

Elle noue la fumée

Mais la gerbe est frivole

 

Les graines de brume fleurissent tard

Lorsque les poussières sommeillent

 

En ta garenne rêvée et ses friches agrestes

 


A feu coulant (3)

A l’établi s’exsude la résine

L’âpre bourgeon du matin

Silencieux sous l’écorce

Un sang trop jeune encore

Pour vivre d’ombres

Sur ses labours d’automne

 

Le grain vert nuit à la meule

Les reins se brisent

A boulanger une avoine si pauvre

 

Mais ton regard est là

Qui se lie à mes prairies


A feu coulant (2)

A choisir la tourbe aveugle

et les meules de vent

le limon inquiet s’est ajourné

 

Il reste des abris où la marée se cache

Mais comment discerner la vague

Dans l’invisible bruissement

Qui ramène à la rive

 

Au large des mots, l’esquif s’affûte

longues rames, suaire au vent

L’oreille souffre et se tend

vers la première brise qui s’éteint

 

 

Loin du fruit promis de la terre


A feu coulant (1)

L'herbe est sans hâte

malgré le souffle sec

elle  est sûre de la pluie

 

Elle a  le puits patient

qui se creuse de ce qui le remplit

cette faille lui donne instruction

 

les voix avides se pressent

et d'éclairer l'obscur s'achèvent 

dans l'exercice de la braise


dimanche 13 septembre 2020

Sous les toits (5)

Habitent l'hiver ceux qui se dédient aux vents

Asile d'étoiles sous l'écorce du gel et du givre
l'haleine hésite ou frisonne dans l'étroit courtil
le chemin doute mais par l'écho qui appelle
le fugitif trouve terre de refuge et droit de gîte

le temps mûri porte moisson
ces fruits de semailles
qui meurent en naissant



samedi 12 septembre 2020

Sous les toits (4)

Sous la pierre de deuil
les jours sont maquis, jachères inlassables

les tombeaux diurnes ont l'épuisement ardent



L'épine s'épuise pourtant
la pauvreté s'avise de l'inhabité

lorsque le voile s'éprend de l'astre doux

mardi 1 septembre 2020

Sous les toits (3)

L' alluvion des âges 
offre ses fleurs sèches
aux âmes de mortes jachères

En ces dissipations organiques
les flots sont montages
le limon matière sévère
stèle d'un tombeau vivant

Lorsque les toits sont viscères
et l'inattention violence



 

dimanche 30 août 2020

Sous les toits (2)

Un vent lointain
dresse sa brume
et le nuage s'y perd

Les fugues se jouent dans l'impassible

Ce sont les noces de l'inerte
Le passage de la pluie sous les toits

Demain encore
le distrait couplet de la vue basse





samedi 29 août 2020

Sous les toits (1)


L'éclipse délie l’emmuré
de ses eaux peu profondes
L'innocent vertige l'abandonne

Que vis-je alors éclore de ses berges
sinon le feu consumant les trembles
sinon le sang naitre de leurs cendres

Il fait nuit comme en plein jour.

jeudi 25 juin 2020

Pour ma peine (5)

...Un matin, on tranche les pierres de son jardin, l'invisible gémit et bourgeonne sur cette caillasse, les confidences du temps s’embaument en un tombeau scellé déjà, puis l'amoncellement des meules ruissellent sous le ciel incarnat que seuls des fragments de paroles offrent encore à l'alouette...

Pour ma peine(4)

Partout roche nue, partout terres infertiles
détournées d' un vent dévoué et inconnu

On ne sait que faire de cet essaim vivant
cette meute indomptée qui exige racines

quand la trace précède le pas
dans ce chemin qui nous suit

l'éclat qu'on atteint
au bout de l' ombre

mercredi 17 juin 2020

Pour ma peine (3)

Tristes sœurs,
de ne rien affamer, de ne rien assécher 
et de n'offrir qu'un mirage vide
lorsqu'au précipice, la foule se presse

Tristes sœurs,
d'être chimères de mémoire
et de ne nourrir qu'un feu distant
lorsqu'à l'hiver, la cohue se fixe

Pauvres yeux de la vigie
fatigués des horizons !

mardi 16 juin 2020

Pour ma peine (2)

D'une langue trop tardive
se fila une parole confidente
en laine de neige et de buée
une brise sans force
où se serre ce qui en moi tient encore debout

L'onde a des exigences avides
emprisonne la source
donne voix aux galets
dans la réticence des geôles.

lundi 15 juin 2020

En demeure (8)



L'épuisement des marées et des crues
l'assèchement des nuées et des averses
assignent le soleil à une simple éventualité
Il accrédite le givre à fixer son éclat
et s'absente sous la terre anonyme

L'essaim bruisse parmi les tombes
et dans le nectar du néant
un miel fainéant pressent la transparence

samedi 13 juin 2020

En demeure (7)


Aujourd'hui, les murs se sont à nouveau exaltés
et  les limites ont des boucles d'épines
saignant l'âme transfrontalière, empêchant la moisson

Maintenant qu'un soleil froid a brûlé la terre de ses rais stériles
la faux attend et pourrit aux heures que personne n'espère
sage et inutile au fond d'une cuisine que n'éclaire nulle ombre

La saison des corbeilles a quitté les collines
le champ est nu, son étrave est pierre et sédiment
cédant l'ouvrage  à l'immobilité du jour

La rose suspendue attend un passage patient, une arche de plume.

vendredi 12 juin 2020

En demeure (6)

Chants de l'aube dévastés
Routes des vents entravées
L'écume en poussière
La plaine froide et fatiguée

La symétrie faisait retour
et l'origine du repère
qui soumet l'essaim

En demeure (5)

Lourds labours des vents
Malgré la charrue ailée
La boue gagne l'aérien

La masse poursuit son oppression  aux estives azurées
Lesté de glèbe, l'épais encore ouvre les verrous

Dans cet espace, l'impondérable se pèse aussi

jeudi 11 juin 2020

En demeure (4)

Le logis est brume et naufrage
qui brouille et dévoile la terre
Paroles de friche et de varenne
l'île sème  mirages et vignes

le refuge des racines éteintes
la forêt figée de l'instant
la main d'aujourd'hui.

 

mercredi 10 juin 2020

En demeure (3)

Des arbres dont on ne peut goûter le fruit
des fleurs sans famille se penchent sous les toits
qu'on place aux fenêtres et qu'on accroche aux portes
la rance offrande des cueillettes déçues

Ce qui se respire sous la croûte des heures
des couleurs effacées sous la couronne de la nuit
des silences parmi le silence où se terre la pépite
le matin qui se fait jour dans le soir mourant

Comment savoir si la lame glisse sous l'enveloppe ?
Tendre l'oreille aux bruissements de l’éclipse.


 

jeudi 4 juin 2020

En demeure (2)

Ici c'est l'abondance vide, l'abondance nue
L'épée d'argile frissonne dans ses formes
l'immobile passant les doigts fendus
comble les passes, épaissit les tunnels

Pour les peuples sans passage
seulement des lisières et des bornes
le bégaiement aux frontières

Derrière le soleil
les demeures de poussières
la chaleur des murs qui ouvrent
l'assemblage des verrous et des mots.

mardi 2 juin 2020

En demeure (1)

La coquille affronte la cendre
Cette encre de plume s'agite 
à la pointe fine du roc 
De son œuf n’éclot aucun horizon

La voix se fait rare dans l'hésitation du sens
Le fruit meurt dans un jardin refroidi
et des bourgeons de gel soudent les lèvres

Les oreilles guettent la trace d'un ange




 

Par delà les chemins sans voix (7)

Pour que le sang ouvre ses voix
inscrive ses ardeurs volatiles
et puise son vent dans ses eaux siennes
il est bon d'observer le sarment trompeur
qui se prétend aube et nait crépuscule

Ce désert humide de pétales flétris 
ce séjour de terre lunaire

J'attends une sécheresse nouvelle
la brutalité d'une faim crue 

Le hameau aride


samedi 23 mai 2020

Par delà les chemins sans voix (5)

Il est temps de quitter les allées
de laisser le sommeil aux sillons
et les nuages danser aux fenêtres

On ne perd pas sa boussole d'abandon
ses terres de friche et de gâtine 

L'égarement oblige la faim
Le lointain, la source de la sève.

mardi 24 mars 2020

Par delà les chemins sans voix (4)

Je sème l'hiver dans des ruisseaux salins,
des pluies sans nuages  y fleurissent 
Ce sont des gouttes de roses,
grossissant dans  ton regard,
le déluge qui s'annonce

C'est le rivage herbeux
La danse de l'églantine
la berge où s'accrochent tes yeux,
tes mains, qui écrivent ces mots.


lundi 23 mars 2020

Par delà les chemins sans voix (3)

Tout a son allure,
la mienne est vague lente.

La vitesse n'a pas d'importance,
l'immobilité  a l'ardeur des matins,

la sagesse des joncs
dans le miroir des eaux.

samedi 21 mars 2020

Par delà les chemins sans voix (2)

Aux heures hautes

brillent les lisières du côté de la nuit
Saules vivants ensommeillés d'ombre
jour d'été sous la peau de l'hiver
puissance des prairies 
où s'élève l'or des ruisseaux

Germe, germe avant le jour meurtrier
cette lumière de boue
qui sature l'aurore
d'images et de répliques

reflets des éteints 
à la surface des eaux

Par delà les chemins sans voix (1)


Laissés là boulevards étroits, 
impasses rétrécies,

les soirs sont issues, passages à la lenteur, 
promenade vers l'île

Ce sont  pas d'abandon, pas de guenilles,
sable sans traces, sur le rivage nu.
Je découvre l'éclair doux
le feu caressant, la brûlure vivante

par delà les chemins sans voix
la présence visible du secret

vendredi 20 mars 2020

Les balades du petit Corona (2°


TiLu (6)


Il faut ménager les plateaux
Accorder l’amnistie 
à la prose des couloirs

Et en dehors du ciel offensant et des jardins éteints
Révéler aux sources les crues qui leur reviennent


jeudi 19 mars 2020

Petite Lulu (5)

Legs des ambassades,
Peupliers, bouleaux ou hêtres
Silhouettes du soir 
Épais de leur exode
Est-il permis encore d'entendre
ce qui ne s'écoute pas ?

Les ruisseaux ont attendu
dans la plaie incurable.
Loin des crispations
et des routes urticaires,
je m'y suis endormi
et, entre les eaux cueillies,
J'ai repris mon bâton
pour dénouer la terre sévère

mercredi 18 mars 2020

Petits corona en goguette....


Petite Lulu (4)

Je suis né à cheval sur le jour

s'élance la lumière
sur les souvenirs muets
dans ce ciel d'enfance 
où les étoiles patientes erraient

et dans la nuit toujours 
le songe qui rompt l'étendue


mardi 17 mars 2020

Petite Lulu (3)

Dans tout ce qui croit
rien du ciel, rien de la terre
Tu marches au vent, 
appelles le sang qui le porte
aux blessures d'écorce

Tout se tient dans le souffle
où hésite l'énigme
entre le silence des lettres
cette brise de l' âme
lointain frisson des rivières
mosaïques de vagues 
qui fragmente le visage

Le soleil s'affiche, liquide en ces surfaces
Le regard, écume dispersée, 
se détourne des chemins
où l'avenir est fausse route






La poussière offensée,
vapeur de nos chairs,
se voile et attend.



lundi 16 mars 2020

Petite Lulu (2)

Sous les feuillages, 
la barre tenue contre le vent
la marée tenace tient, retient
les fraicheurs de lune où
se puisent les ouragans
et les silences qui les font naitre

Sous les feuillages,
nulle frontière, nulle borne
hors la parole dans ce qui s'est tu
qui se tait croit-on
et par delà les limites 
la levée d'un souffle cendré
pour demain à nouveau
le défi des rosées
le passage des poussières.

lundi 9 mars 2020

Petite Lulu (1)

Jamais ne voit-on en ces saisons d'absence
la brèche parmi les glycines en fleur
qui couvrent ton visage. Ton regard liquide
s'écoule parmi tes boucles de hyacinthes
et de blés verts, cordages sans nœuds 
où tu sommeilles sans fin comme 
la vague invisible où se nourrissent mes os

Puis de ce rien que tu m'offres
et qui m'est tout,  de ce rien de houle
et de vent, que ta voix, seule et sans paroles
fasse à nouveau tinter les roses

quand du crépuscule
s'élève la couleur sanguinaire du temps.

Les hasards et encore les hasards


Les hasards de l'inexistence (2)


samedi 7 mars 2020

Les hasards de l'inexistence (1)

A peine est-ce toi
qui éclot là-bas 
comme un signe
de l'introuvable,
de joug et de faiblesse

Qui éclot loin de toi
fantômes vagues mais arides
comme des fougères pâles
avides d'un sol où 
s'affranchissent les racines
fleuves sans sources
aux affluents de pierre

Tu assèches tes rives,
taris tes puits
refuse au ciel
la pluie que tu attends

L'origine est une graine sèche
qui grandit dans le venin 
la toxine qui trouble l'évidence

Ta sentinelle de brume.


vendredi 6 mars 2020

Pour ma peine (1)

 Pour ma peine
 Une clarté minuscule
 Quelque chose au moins
 Pour raviver les sangs

 Une évidence même de nuit
 Même de matière morte
 Le souffle d'une ombre
 L'écho d'un atome mourant

 La nudité pure aveugle
 Face à la présence
 On se croit absent
 Une incongruité vide

 L'indécence de la cécité.

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lundi 13 janvier 2020

Les horizons verticaux (5)


De grandes prairies
et sous la lune
la bouse luisant, 
Toute luisante sous la lune
la bouse

Ce n'est pourtant qu'une pâte molle et fluide
un chapelet de mots et d'arrangements
la soudure des langues, le nœud des lèvres


celui-là
tend à d'autres substances
veut du mouvement dans la prière courbée

celui-ci
se sert de mots de l'usage public
conjugue le sens et l'objectif

Parole contaminée mais parole unique
où la totalité se fragmente et s'étend
C'est le grand remplissage du plein
avec un peu d'air pour faire dire le souffle 
lorsque seul parmi les mots, les petits et les grands,
on ne trouve plus ses mots


La compote du vide et du clos
Le petit paquet fermé que l'on égare avec soi