jeudi 25 juin 2020
Pour ma peine (5)
...Un matin, on tranche les pierres de son jardin, l'invisible gémit et bourgeonne sur cette caillasse, les confidences du temps s’embaument en un tombeau scellé déjà, puis l'amoncellement des meules ruissellent sous le ciel incarnat que seuls des fragments de paroles offrent encore à l'alouette...
Pour ma peine(4)
Partout roche nue, partout terres infertiles
détournées d' un vent dévoué et inconnu
On ne sait que faire de cet essaim vivant
cette meute indomptée qui exige racines
quand la trace précède le pas
dans ce chemin qui nous suit
l'éclat qu'on atteint
au bout de l' ombre
détournées d' un vent dévoué et inconnu
On ne sait que faire de cet essaim vivant
cette meute indomptée qui exige racines
quand la trace précède le pas
dans ce chemin qui nous suit
l'éclat qu'on atteint
au bout de l' ombre
mercredi 17 juin 2020
Pour ma peine (3)
Tristes sœurs,
de ne rien affamer, de ne rien assécher
et de n'offrir qu'un mirage vide
lorsqu'au précipice, la foule se presse
Tristes sœurs,
d'être chimères de mémoire
et de ne nourrir qu'un feu distant
lorsqu'à l'hiver, la cohue se fixe
Pauvres yeux de la vigie
fatigués des horizons !
de ne rien affamer, de ne rien assécher
et de n'offrir qu'un mirage vide
lorsqu'au précipice, la foule se presse
Tristes sœurs,
d'être chimères de mémoire
et de ne nourrir qu'un feu distant
lorsqu'à l'hiver, la cohue se fixe
Pauvres yeux de la vigie
fatigués des horizons !
mardi 16 juin 2020
Pour ma peine (2)
D'une langue trop tardive
se fila une parole confidente
en laine de neige et de buée
une brise sans force
où se serre ce qui en moi tient encore debout
L'onde a des exigences avides
emprisonne la source
donne voix aux galets
dans la réticence des geôles.
se fila une parole confidente
en laine de neige et de buée
une brise sans force
où se serre ce qui en moi tient encore debout
L'onde a des exigences avides
emprisonne la source
donne voix aux galets
dans la réticence des geôles.
lundi 15 juin 2020
En demeure (8)
L'épuisement des marées et des crues
l'assèchement des nuées et des averses
assignent le soleil à une simple éventualité
Il accrédite le givre à fixer son éclat
et s'absente sous la terre anonyme
L'essaim bruisse parmi les tombes
et dans le nectar du néant
un miel fainéant pressent la transparence
samedi 13 juin 2020
En demeure (7)
Aujourd'hui, les murs se sont à nouveau exaltés
et les limites ont des boucles d'épines
saignant l'âme transfrontalière, empêchant la moisson
Maintenant qu'un soleil froid a brûlé la terre de ses rais stériles
la faux attend et pourrit aux heures que personne n'espère
sage et inutile au fond d'une cuisine que n'éclaire nulle ombre
La saison des corbeilles a quitté les collines
le champ est nu, son étrave est pierre et sédiment
cédant l'ouvrage à l'immobilité du jour
La rose suspendue attend un passage patient, une arche de plume.
vendredi 12 juin 2020
En demeure (6)
Chants de l'aube dévastés
Routes des vents entravées
L'écume en poussière
La plaine froide et fatiguée
La symétrie faisait retour
et l'origine du repère
qui soumet l'essaim
Routes des vents entravées
L'écume en poussière
La plaine froide et fatiguée
La symétrie faisait retour
et l'origine du repère
qui soumet l'essaim
En demeure (5)
Lourds labours des vents
Malgré la charrue ailée
La boue gagne l'aérien
La masse poursuit son oppression aux estives azurées
Lesté de glèbe, l'épais encore ouvre les verrous
Dans cet espace, l'impondérable se pèse aussi
Malgré la charrue ailée
La boue gagne l'aérien
La masse poursuit son oppression aux estives azurées
Lesté de glèbe, l'épais encore ouvre les verrous
Dans cet espace, l'impondérable se pèse aussi
jeudi 11 juin 2020
En demeure (4)
Le logis est brume et naufrage
qui brouille et dévoile la terre
Paroles de friche et de varenne
l'île sème mirages et vignes
le refuge des racines éteintes
la forêt figée de l'instant
la main d'aujourd'hui.
qui brouille et dévoile la terre
Paroles de friche et de varenne
l'île sème mirages et vignes
le refuge des racines éteintes
la forêt figée de l'instant
la main d'aujourd'hui.
mercredi 10 juin 2020
En demeure (3)
Des arbres dont on ne peut goûter le fruit
des fleurs sans famille se penchent sous les toits
qu'on place aux fenêtres et qu'on accroche aux portes
la rance offrande des cueillettes déçues
Ce qui se respire sous la croûte des heures
des couleurs effacées sous la couronne de la nuit
des silences parmi le silence où se terre la pépite
le matin qui se fait jour dans le soir mourant
Comment savoir si la lame glisse sous l'enveloppe ?
Tendre l'oreille aux bruissements de l’éclipse.
des fleurs sans famille se penchent sous les toits
qu'on place aux fenêtres et qu'on accroche aux portes
la rance offrande des cueillettes déçues
Ce qui se respire sous la croûte des heures
des couleurs effacées sous la couronne de la nuit
des silences parmi le silence où se terre la pépite
le matin qui se fait jour dans le soir mourant
Comment savoir si la lame glisse sous l'enveloppe ?
Tendre l'oreille aux bruissements de l’éclipse.
jeudi 4 juin 2020
En demeure (2)
Ici c'est l'abondance vide, l'abondance nue
L'épée d'argile frissonne dans ses formes
l'immobile passant les doigts fendus
comble les passes, épaissit les tunnels
Pour les peuples sans passage
seulement des lisières et des bornes
le bégaiement aux frontières
Derrière le soleil
les demeures de poussières
la chaleur des murs qui ouvrent
l'assemblage des verrous et des mots.
L'épée d'argile frissonne dans ses formes
l'immobile passant les doigts fendus
comble les passes, épaissit les tunnels
Pour les peuples sans passage
seulement des lisières et des bornes
le bégaiement aux frontières
Derrière le soleil
les demeures de poussières
la chaleur des murs qui ouvrent
l'assemblage des verrous et des mots.
mardi 2 juin 2020
En demeure (1)
La coquille affronte la cendre
Cette encre de plume s'agite
à la pointe fine du roc
De son œuf n’éclot aucun horizon
La voix se fait rare dans l'hésitation du sens
Le fruit meurt dans un jardin refroidi
et des bourgeons de gel soudent les lèvres
Les oreilles guettent la trace d'un ange
Cette encre de plume s'agite
à la pointe fine du roc
De son œuf n’éclot aucun horizon
La voix se fait rare dans l'hésitation du sens
Le fruit meurt dans un jardin refroidi
et des bourgeons de gel soudent les lèvres
Les oreilles guettent la trace d'un ange
Par delà les chemins sans voix (7)
Pour que le sang ouvre ses voix
inscrive ses ardeurs volatiles
et puise son vent dans ses eaux siennes
il est bon d'observer le sarment trompeur
qui se prétend aube et nait crépuscule
Ce désert humide de pétales flétris
ce séjour de terre lunaire
J'attends une sécheresse nouvelle
la brutalité d'une faim crue
Le hameau aride
inscrive ses ardeurs volatiles
et puise son vent dans ses eaux siennes
il est bon d'observer le sarment trompeur
qui se prétend aube et nait crépuscule
Ce désert humide de pétales flétris
ce séjour de terre lunaire
J'attends une sécheresse nouvelle
la brutalité d'une faim crue
Le hameau aride
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