Tous les visages transpercés d'abandon
C'est le gel qui traverse le printemps
La nuit sur la terre a des bourgeons d'orfèvres
Son or brille sur tous les fronts
Les peaux tachées de rêves
plantent leurs cris aux façades nues
Puis comme l'enfant disparu
Germent dans le désert des jours
L'ancienne moisson s'est teintée de lune
Ombre de serpe et de faux
Jetant aux rivières crues
L'argent effilé de leurs courbes
Dans tes yeux naissent les lueurs
s'offusque l'hiver, s'assagissent les ombres
Caresse des miroirs recouverts de silence
En paix les siècles s'envolent des toits
Entre nos mains l'océan apaisé
Comme une injure à la nuit
Les vagues assoupies, la houle mise à nu
Les remous s'endormiront au terme du rivage
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