I
Qu’on dise : les confins !
Ce frisson des lointains jusqu’aux bordures du temps
Qu’on les dise
Avec voix de pierre
Ces confins au delà de la terre
Mais aussi la ruine des roses, posée
Boucle de feu, au-dessus des berceaux
Qu’on les dise
Ces ailleurs de la terre, l’ironie des lisières
Qui aiguisent leur présence
Jusqu’à la source âcre de la geôle fleurie
Pour que croissent sous les paupières
Ce qui ne peut se voir
L’invisible nu
Qu’on les proclame
Ces Droits des confins et de l’inborné
Ces territoires innommables
Ce vent qui ne pèse de rien
Les confins, chants de la nuit,
Tisserands méprisés de nos heures
Fantômes aux humeurs étranges
Où s’efface ce qui ose et persévère
Qu’en appellent, nos épitaphes incrédules
Qu’en appellent au marbre vain
Nos fronts de vérité amère
Tout ce sang qui doit mourir pour s’écouler
Les hôtes des Confins ignorent ces horizons immobiles
Simulacres royaux couronnés dans l’antre souveraine
Et pourtant
L’écume jaillissante
De la vague émeraude
Etend sur la soie lumineuse des soirs
L’ombre laineuse de la vie
Et brise ce qui sépare
Que je dise
Toujours la gerbe palpitante
Comme, aux jours de fêtes
Barque pavoisée toujours à quai
Au milieu des eaux
Chasseurs de lointains
Poseurs de nasses abstraites
Ciel captif au fond des eaux
Dire les métaphores qui germent sous les arbres
Et sommeillent dans les prairies
Terres humides des confins
Qu’enfin je dise
Averses de spectres, écailles de nuages
Ces rivages insoumis où poussent
Les fougères et l’indicible.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire