vendredi 14 avril 2023

Confins - Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(1)

I

 

Qu’on dise : les confins !

Ce frisson des lointains jusqu’aux bordures du temps

 

Qu’on les dise

Avec voix de pierre

Ces confins au delà de la terre

Mais aussi la ruine des roses, posée

Boucle de feu, au-dessus des berceaux

 

Qu’on les dise

Ces ailleurs de la terre, l’ironie des lisières

Qui aiguisent leur présence

Jusqu’à la source âcre de la geôle fleurie

Pour que croissent sous les paupières

Ce qui ne peut se voir

L’invisible nu

 

Qu’on les proclame

Ces Droits des confins et de l’inborné

Ces territoires innommables

Ce vent qui ne pèse de rien

 

Les confins, chants de la nuit,

Tisserands méprisés de nos heures

Fantômes aux humeurs étranges

Où s’efface ce qui ose et persévère

 

Qu’en appellent, nos épitaphes incrédules

Qu’en appellent au marbre vain

Nos fronts de vérité amère

Tout ce sang qui doit mourir pour s’écouler

 

Les hôtes des Confins ignorent ces horizons immobiles

Simulacres royaux couronnés dans l’antre souveraine

 

Et pourtant

L’écume jaillissante

De la vague émeraude

Etend sur la soie lumineuse des soirs

L’ombre laineuse de la vie

 

Et brise ce qui sépare

 

Que je dise

 

Toujours la gerbe palpitante

Comme, aux jours de fêtes

Barque pavoisée toujours à quai

Au milieu des eaux

 

Chasseurs de lointains

Poseurs de nasses abstraites

Ciel captif au fond des eaux

Dire les métaphores qui germent sous les arbres

Et sommeillent dans les prairies

Terres humides des confins

 

Qu’enfin je dise

Averses de spectres, écailles de nuages

Ces rivages insoumis où poussent

Les fougères et l’indicible.

 


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