Paroles de confins
Ou bruissement voilé
D’un midi sans ombres
L’imperceptible fraicheur
Des soifs qui veulent....
Paroles étrangères
Aux tonalités brumeuses
De ce qui est sans horizon
De ce qui est parce que sans limites
Brise, brise inconnue
Sondant dans l’ouï
Le dire qui s’incline
Devant ce qui se tait
Le silence béant qui ouvre toute parole
En l’étreinte réticente du déclôt...
Il faut la vision poreuse de paysages absents
Seulement la trace de la source lointaine
Brûlant la main qui se tend
Et la plume qui danse
Comme une méduse nocturne
Dans la secrète noirceur de nos fables
Je veux
Ce qui s’éveille en ce qui dort
Et m’étendre, doux, au seuil de la voix
Auprès de la demeure aimée du Verbe....
Suivre la route des ports
Où se consolent les mats de misère
Et les voiles oubliées du vent
Et à quai
Le grand sommeil des confins
Dans le ventre des femmes
Et l’appel du dehors
Comme un écho de chairs secrètes...
Puis peut-être
Si nous sommes sages
L’anneau qui exhorte,
Qui nomme nos songes,
L’anneau dont la grandeur ignore les racines
Cet anneau des Confins, en nous et hors de nous
Offert aux reflets de ce qui rompt les miroirs
Les lèvres du monde se sont refermées sur l’anche des mers
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