mercredi 12 septembre 2018
Les marcheurs (1)
Des oiseaux et des vagues
Sous l'écume, des voiles de sel gonflent les vagues équinoxes, érigent des citadelles de paille, villes dont les murailles se taisent, toujours coites, sous les voûtes du ciel. Et souvent, alors que le firmament fermé à toutes prières pleure son immortalité déchue, le paysan laboure les fonds à la recherche d'un rythme aquatique. C'est en tout cas ce que les oiseaux de marbre, nichés dans les falaises d'automne, ont toujours cru. Mais ce que l'on croit est une rivière qui n'admet pas de barrages, qui refuse la dérive, même lorsque des crues de pierre s'élancent à sa poursuite. Puis les oiseaux de marbre ne sont pas des oiseaux de marbre, ce sont des oiseaux de gel qui fondent sur les rives des fleuves qui doutent.
La nuit se referme sur mes mains closes déjà.
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