dimanche 5 novembre 2017

Anecdotes de l'Archipel (6)

L'Anecdote de la geole
J'observe une demeure étrange
Et je n’y vois aucun espace
Aucune image d’aucun lieu
Seulement le temps qui y vit
Une demeure sans abîme
Un champ vide de pensées
Où germent l'inachevé
Qui  lèvent les paroles

J’ai honoré ce qui n’était pas
Par lâcheté de ce qui était
Refusé à la nuit, aux jours et aux heures
La simplicité de ce qu’ils étaient
J’ai oublié la grande paix de l’inerte
Et me suis agité dans la pierre

Je parle d'une geôle grondante
Au centre de cette mer sans fard
Avec des mots délaissés
Au bord de ces routes grises
Où tout s’attend et rien ne s’accomplit.

mardi 24 octobre 2017

Anecdotes de l'Archipel (5)

L'Anecdote de la minute dernière


Les pommiers sauvages,
Les marronniers rouges
S’ensommeillent
Dans l'auberge chaude
De la nuit.


Partout, la voix des jours
S’accroche encore
Dans l’asile de leur feuillage
Comme la loyauté ruinée
De la clarté diurne.


Le mensonge et la vérité
Ne tiennent aucune place
Dans ce qui est
Et la minute dernière
N’a rien d’un jugement.


La minute dernière
N’est jamais la dernière
Comme l’origine du monde
N’est en rien l’origine du monde

Il n’y a que l’ajonc
Et ses chimères de dunes douces
Les violettes d’eau
Et leurs songeries d’opium

jeudi 19 octobre 2017

Anecdotes de l'Archipel (4)

L'Anecdote des poires

Les poires parlent au printemps
En fleurs elles lui murmurent
La patience et la tranquillité
Qu’elles éprouvent
D’être un jour poires
Le printemps indifférent
N'écoute rien de leurs prières 
Nulles ne montent jusqu'à lui
Car il attend l’éclat de sa maturité propre
Tout concentré en ce qu’il est
Il affine sa douceur et sa lumière 
A l'aiguisoir de  l’avenir
Sans s’occuper de ce dont il est le père
Il espère sa fin dans l’éblouissement
De l’été, sa transparence, sa fluidité
Sa rondeur vive

Aux dernières journées d'août
Quand l'été vieilli se fait lourd
Les poires n’auront plus rien à demander
A ce printemps déjà disparu
Et qu’elles ne regretteront pas.

Plus tard, aux soirs de septembre
Dans la besace du cueilleur
Les poires réciteront le psaume des morts
Qui embrassent la bouche de la terre

La maturité est l’espérance de la fin
Et la pourriture, son fruit le plus abouti.

dimanche 2 juillet 2017

Quatrain (49)

De ces faims étrangères aux lumières lointaines 
J'ai rompu un pain d'épines et de fontaines
De ces songes  de sang par d'autres habités
J'ai perdu la vue par l'impasse dévoré

vendredi 12 mai 2017

"Haiku" des 5ème professionnel de l'école technique de Herstal (Belgionnie- 2005)

Vaste champ
Erre le temps
Trace le chemin

     Ilhem-Fatima

Le jaune et le rouge
S'étreignent
Le blanc et le bleu arrivent

     Fatima-Jamilah

Le soleil se couche
L'ombre disparait
Le reflet se perd

    Dalia- Birzen - Bilmez

Les feuilles tombent
Sur l'âme de l'eau
L'hiver fait surface

    Dalia-Birzen-Bilmez


Soleil flamboyant
Brûle
Terre sèche

    Sabrina-Varvara

Bercé par le vent
Le papillon
S'efface

    Valérie- Wendy

Sous le soleil
Bleue et chaude
La mer vacille

     Stéphane

Oiseau à l'allure rare
Eau claire d'un soir
Bref comme un mirage

     Laurianna



mercredi 15 mars 2017

Intitrés (11)



Un météore a pris voix
Des paroles en gerbe
Au milieu d'une clairière caduque
Vieille, dure et noire
Les chaires muettes
D'un corps qui se vomit

Je me suis levé
Comme un matin mourant
La terre sèche lapant 
D'une langue avide
La chaux crue
Qui assassine les clartés

Pour finir 
Sous une pluie grossière
J'ai planté des oignons de nuit
Parmi mes obscurités de sel

Pour finir encore
J'ai poli des bizarreries
Au fond du refuge
Bâti au plus loin de moi.


mercredi 8 mars 2017

Les Intitrés (10)

J'attends dans l'ombre
Une bonté de sève
Et la douceur du vent

Vague de nuit,
Cycles des brumes où fuient les nuages
Le ciel a ses ressacs où dormir à nouveau

Qui sait le dessein des instants ?
La-haut les prophètes endormis
Entre deux chants vénéneux

Sur le sol des gerbes de feuilles
Sans bruit s'élèvent encore
Dans la lumière déchirée




mardi 7 mars 2017

Les Intitrés (9)

Inventeur d'invisible
Comme ce qui sans yeux
Eveille le regard
Pas même un souffle
Seulement ce qui sans forme
Façonne des mains
Aux sources des paroles
Comme un néant 
Qui s'accouple aux choses
Une béance au coeur
Qui force à être
Le nom qui ne peut se dire
L'indicible tact de ce qui se retient
Dans l'offrande  celée 
Qui ouvre et qui aime
Ce qui ne se peut
En sommeil aux portes du désir.



vendredi 24 février 2017

Intitrés (8)


Bornes confuses
Les nuages emmêlés
Ont figures nouvelles

Visages de craie
Un souffle clair
Limpides, visages de jour

Vertiges des lisières
La faim des anges
Ailes sans frontières

Frôlements de l'invisible
Présence mise à nu
D'un sentier d'absence

Ne rien demander
Que ce vide chantant
Aux faîtes du regard


dimanche 19 février 2017

Les Intitrés (7)

Au loin s'écoutent les routes
Ces aumônes des heures
Qui pleuvent sur les jours
Les soirs de gros temps
Elles chantent leurs courses 
Dans le lit de la terre
Parmi les semailles
Où parlent les cimetières
Ce sont des ronces de route
Amères et farouches
Aux corolles de poussière
Où s'enfouissent les passants