mardi 8 janvier 2019
Le désert (7)
S'astreindre au Désert
Au supplice de l'épure
Comme un souffle clair
Qui monte jusqu'à soi
Comme un sang chaud
Où chantent les plaies
Consentir aux gestes de sable
Le désert (6)
Le Désert ignore l'art des bordures
Les limites n'y légifèrent pas
Les convictions s'inquiètent
De cet espace indéfini
De cette absence de clôture
L'aube chevauche le crépuscule
L'ombre nait au ventre de lumière
Le silence est ici parole
Les limites n'y légifèrent pas
Les convictions s'inquiètent
De cet espace indéfini
De cette absence de clôture
L'aube chevauche le crépuscule
L'ombre nait au ventre de lumière
Le silence est ici parole
dimanche 6 janvier 2019
Le désert (5)
Trouver passage
Forcer la route
Ce que demande
Dans sa prière lumineuse
Le Désert ou la Nuit
Ici les traces sont abris.
Le désert (4)
Le Désert tient à son obscurité
La transparence est son leurre
La transhumance des mirages
Bivouaque dans d'obscures caravanes
Sous la crête des dunes
La transparence est son leurre
La transhumance des mirages
Bivouaque dans d'obscures caravanes
Sous la crête des dunes
Le désert (3)
Entre les déserts
D'autres rivages
D’autres déserts
Les mots n'ont pas cours
Dans les lits à sec.
D'autres rivages
D’autres déserts
Les mots n'ont pas cours
Dans les lits à sec.
Le désert (2)
Certains déserts arrêtent les pas
Le vide est un labyrinthe
Un corps trop vaste
Trop de chemins
Empêchent de prendre la mer.
Le vide est un labyrinthe
Un corps trop vaste
Trop de chemins
Empêchent de prendre la mer.
Le désert (1)
On ne dit jamais assez
La limpidité du désert
Rien ne s'exclut
De son silence
Rien ne bouge
Dans sa nuit.
La limpidité du désert
Rien ne s'exclut
De son silence
Rien ne bouge
Dans sa nuit.
dimanche 16 décembre 2018
Moissons (2)
Temps
On ne revient pas
de ses heures, de ses nuits
Du visage des jours
On suit les lacets de la mémoire
A prier la poussière des traces
pour obtenir la terre plutôt que le ciel
Toujours absorbé par les ombres mouvantes
de ce qui fut,
bouches d'ombre aux lèvres de feu,
bouches passantes aux lames mortifères
Toujours à se chercher un destin
une étrange certitude
une garantie
parmi les chemins brisés
de ce qui naquit et passa
d'un même pas
Spirales infinies de feuilles rousses
et d'écorces bruissantes
cette marche est ouïe, résonance
échos des citadelles, reflets de paroles mortes
où tout tait l'imperceptible reptation
comme une ombre au cœur du soleil
Loin
les rumeurs d'été, murmures de silence,
bruissent couvrant l'or des champs
Quand le voyageur passe ou se couche
Il attend dans sa prairie
que son sang parle
parle le langage inconnu
qui combat en l'aimant
le temps introuvable
Il s'étend entre les gouffres.
Les siècles passent.
dimanche 9 décembre 2018
Moissons (1)
Océan hanté
C'est aux lisières grises
sous les lumières brisées
que la plainte des ombres
du sang de leurs aubes
Accroche aux clôtures
ce qui reste des vents
et des firmaments mouvants
Les grilles grimacent sous la mer
Les barreaux se tordent sous la vague
Les prisons sèment sous la marée
De petites graines bariolées
Qui mourront sous le feu du désert
La vérité luit d'une lueur invisible
Le moissonneur absent
de sa maison vide observe
frissonnant sous le givre d'hiver
l'agonie des rives
trop haut, trop loin
encore
La faux pourtant à la main
Un enfant endormi dans l'autre
Comme un matin mourant.
What do you want to do ?
New mailmardi 27 novembre 2018
Les marcheurs (13)
Là hors
Avec la nuit triomphante, toute conquise de sa propre puissance, arrachant au jour la peau morte de ses dernières lueurs, la nuit hurlante, profonde, vaste, inaltérable, projetant ses ondes obscures sur les versants des vallées solitaires, traquant le moindre reflet jusque dans la pierre, cette nuit aimante de ce qu'elle sacrifiait pour que le monde continuât à être monde et que les hommes eussent enfin un lieu, un sépulcre où cacher leur honte, un lieu, un sombre enfer où vomir leurs secrets et abreuver les errances de leurs lâchetés dissipées dans les ombres, cette nuit enserrant de ses flancs vénéneux les sources dénudées d'où surgissent les chemins, les routes de crêtes gravant sur la terre le ruban fantomatique de leurs espoirs, cette nuit enfin adossées aux coteaux des monts embrumés, cette nuit appelée et pleurée éteignait le visage des choses et donnait à leur regard l'indifférence éteinte et immobile des étoiles.
Et des millions de pas silencieux, de frottements imperceptibles, de murmures étouffés sans réponse, toute la rumeur de la vie chuchotée passant comme un frisson, recueillie dans l'urne de la mémoire où tout se fond et lutte, stérile et inconsistante, grise et brillante comme l'orbe dérisoire des errants, dans cet espace liquide et minéral où l'éternité se vit sans le savoir, penchée, ignorée de tous, sur les villages funèbres, les villes froides se dressant dans la nudité du désert comme des îles métalliques, où l'oubli se remplit de bruits, cet espace aux solitudes rocheuses qui épaissit les lassitudes poussiéreuses dans des demeures closes, engorge les angoisses dans les bastilles du silence et offre au définitif les masques du provisoire dans une procession d'hallelujah qui en nourrit la misère.
Il marche, pourtant, le voyageur
Avec son visage d'aube
et son âme mourante
Il marche et suit le temps
qui le poursuit
Il semble debout, attiré par la terre.
Dirait-on.
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