Le cœur ne bat plus qu’au milieu des heures exsangues
La solitude est un fruit de rosée
où s’éclaire l’appel
La poussière douce des jours qui rosit de mes joues
Des anneaux de passages qui trompent la mémoire
Je marche sur ces trottoirs où affleure le passé
Parmi les quartiers hantés de ce qui s’y est éteint
Dans l’abandon de ce qu’ils cèdent à la mort
Enfants des rues sous un soleil immobile
On n’entend rien sous l’aplomb du
silence
Qu’importe si la source ne porte plus paroles
Car la moisson du jour lie en
gerbes perdues
Les sèves mortes pour les songes de demain
Je marche à travers ce qui vient de loin
Dans un mirage où s’entrevoit la chair du temps
Lorsque du sable je jette un regard aux étoiles
Il est des nuits comme partout des jours
Où rien ne nait des aubes
Quand les crépuscules n’épuisent rien de leurs sangs.