lundi 9 mars 2020

Petite Lulu (1)

Jamais ne voit-on en ces saisons d'absence
la brèche parmi les glycines en fleur
qui couvrent ton visage. Ton regard liquide
s'écoule parmi tes boucles de hyacinthes
et de blés verts, cordages sans nœuds 
où tu sommeilles sans fin comme 
la vague invisible où se nourrissent mes os

Puis de ce rien que tu m'offres
et qui m'est tout,  de ce rien de houle
et de vent, que ta voix, seule et sans paroles
fasse à nouveau tinter les roses

quand du crépuscule
s'élève la couleur sanguinaire du temps.

Les hasards et encore les hasards


Les hasards de l'inexistence (2)


samedi 7 mars 2020

Les hasards de l'inexistence (1)

A peine est-ce toi
qui éclot là-bas 
comme un signe
de l'introuvable,
de joug et de faiblesse

Qui éclot loin de toi
fantômes vagues mais arides
comme des fougères pâles
avides d'un sol où 
s'affranchissent les racines
fleuves sans sources
aux affluents de pierre

Tu assèches tes rives,
taris tes puits
refuse au ciel
la pluie que tu attends

L'origine est une graine sèche
qui grandit dans le venin 
la toxine qui trouble l'évidence

Ta sentinelle de brume.


vendredi 6 mars 2020

Pour ma peine (1)

 Pour ma peine
 Une clarté minuscule
 Quelque chose au moins
 Pour raviver les sangs

 Une évidence même de nuit
 Même de matière morte
 Le souffle d'une ombre
 L'écho d'un atome mourant

 La nudité pure aveugle
 Face à la présence
 On se croit absent
 Une incongruité vide

 L'indécence de la cécité.

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lundi 13 janvier 2020

Les horizons verticaux (5)


De grandes prairies
et sous la lune
la bouse luisant, 
Toute luisante sous la lune
la bouse

Ce n'est pourtant qu'une pâte molle et fluide
un chapelet de mots et d'arrangements
la soudure des langues, le nœud des lèvres


celui-là
tend à d'autres substances
veut du mouvement dans la prière courbée

celui-ci
se sert de mots de l'usage public
conjugue le sens et l'objectif

Parole contaminée mais parole unique
où la totalité se fragmente et s'étend
C'est le grand remplissage du plein
avec un peu d'air pour faire dire le souffle 
lorsque seul parmi les mots, les petits et les grands,
on ne trouve plus ses mots


La compote du vide et du clos
Le petit paquet fermé que l'on égare avec soi



dimanche 15 décembre 2019

Les Horizons verticaux (5)

La nuit tendue devant les fenêtres
affranchis de l’âcreté du jour
on avale les  grisailles de l'heure
comme chemins obligés du sang

On espère libre l'horizon
et le ciel qu'on y suspecte
s'étend comme lande sèche

Le soupçon est insuffisant
qui traverse les chambres closes
un rideau d'ombre dépose ses poussières
où, cendre tue, le souvenir se voile

On aimerait être sans avoir à être
ne jamais avoir servi de chemins
dételer les rives de la source

Céder à la pierre nue.

dimanche 1 décembre 2019

Les horizons verticaux (4)

Demain prend
ce que hier a perdu

Le chemin, l'ombre
les routes de misère

où tu marchais les pieds 
dans ton âme en sang 

On ne sait si on arrive
Si on retourne ou si on part

Les villes passent, se retirent
le soleil se voile, s'écarte

tes ailes fendent sa clarté
de s'en aller un jour

où il n'y a pas d'ailleurs
Tu épuises ta route d'ici

et la sueur et la fatigue
comme marée s'en vont et viennent

Comme poussières sous le vent
qui souffle puis se tait

Qui gît puis surgit
Comme le jour à l'aurore

Et la parole comme la vague
se lève écume vaine

Sous la lune, les étoiles
Et le silence qui les enfante

Dès demain
Lorsque trop tôt

Tu auras dissipé
le temps offert.