mercredi 15 mars 2017

Intitrés (11)



Un météore a pris voix
Des paroles en gerbe
Au milieu d'une clairière caduque
Vieille, dure et noire
Les chaires muettes
D'un corps qui se vomit

Je me suis levé
Comme un matin mourant
La terre sèche lapant 
D'une langue avide
La chaux crue
Qui assassine les clartés

Pour finir 
Sous une pluie grossière
J'ai planté des oignons de nuit
Parmi mes obscurités de sel

Pour finir encore
J'ai poli des bizarreries
Au fond du refuge
Bâti au plus loin de moi.


mercredi 8 mars 2017

Les Intitrés (10)

J'attends dans l'ombre
Une bonté de sève
Et la douceur du vent

Vague de nuit,
Cycles des brumes où fuient les nuages
Le ciel a ses ressacs où dormir à nouveau

Qui sait le dessein des instants ?
La-haut les prophètes endormis
Entre deux chants vénéneux

Sur le sol des gerbes de feuilles
Sans bruit s'élèvent encore
Dans la lumière déchirée




mardi 7 mars 2017

Les Intitrés (9)

Inventeur d'invisible
Comme ce qui sans yeux
Eveille le regard
Pas même un souffle
Seulement ce qui sans forme
Façonne des mains
Aux sources des paroles
Comme un néant 
Qui s'accouple aux choses
Une béance au coeur
Qui force à être
Le nom qui ne peut se dire
L'indicible tact de ce qui se retient
Dans l'offrande  celée 
Qui ouvre et qui aime
Ce qui ne se peut
En sommeil aux portes du désir.



vendredi 24 février 2017

Intitrés (8)


Bornes confuses
Les nuages emmêlés
Ont figures nouvelles

Visages de craie
Un souffle clair
Limpides, visages de jour

Vertiges des lisières
La faim des anges
Ailes sans frontières

Frôlements de l'invisible
Présence mise à nu
D'un sentier d'absence

Ne rien demander
Que ce vide chantant
Aux faîtes du regard


dimanche 19 février 2017

Les Intitrés (7)

Au loin s'écoutent les routes
Ces aumônes des heures
Qui pleuvent sur les jours
Les soirs de gros temps
Elles chantent leurs courses 
Dans le lit de la terre
Parmi les semailles
Où parlent les cimetières
Ce sont des ronces de route
Amères et farouches
Aux corolles de poussière
Où s'enfouissent les passants




Les intités (6)


Il faut de la nuit, un fardeau de nuit
Une chambre de nuit qui absorbe l'horizon
Et la lune dans ses habits de chapelle
Cette génitrice de ténèbres
Dans la trêve de l'aube
Cette saison en prose
Un miroir de boue
Où j'attends mon visage




samedi 18 février 2017

Les Intitrés (5)



C'est un Acte de lumière, l'étrange tristesse de l'iris du printemps, un silence étonnant qui frissonne sous les matins de cendre. C'est  dans la pupille immobile des jours nouveaux que s'annoncent les paroles novices qui courbent les vents et ensommeillent les vérités du gel. C'est sous les paupières des ombres que se couronnent des désordres vierges aux sceptres de pampre, sous une drève de cils où se sèment les sentes du jour. C'est à la source des nuits que se dressent le silence du sens sous un ciel sans voûte, un moment où les choses, toutes les choses, s'épaississent dans leur quiétude de pierre. Et moi dans cette limpidité désolée qui règne sur les débâcles, un noyau d'obscur pour allumer ma torche.


dimanche 15 janvier 2017

Les intitrés (4)


J'approcherai de la nuit pâle
Aux dernières heures sanguines
Elle avancera dans un râle
Son manteau d'ombres et de ruines

C'est le grand passage du soir
Le porche perché du pinson 
Puis le teint du vent dans le noir
Lève la cendre des saisons

Les siècles jettent leur semaille 
Démente, au diable et à vau l'eau
Vain, ce temps cherche son bercail
Aux sources vives des ruisseaux

vendredi 13 janvier 2017

Les Intitrés (3)


à George Best

De ma bouche nulle marée
Point de feuilles ni de rivières
Ailes obscures sans lumière
Dans une nuit accumulée

Derrière, tout près, sous ce vide
Où succombent des fleurs de mer
Dans ces prairies  sans bruyère
Les murmures d'un lent acide

Pourtant l'air est là, tout entier
Dans ce linceul où dort le monde
Cette terre morte et féconde
Aimée des âmes des noyés





jeudi 12 janvier 2017

Les Intitrés (2)



La prairie où je dors
Lumineuse et molle
Accourt et se glisse
Comme un murmure souple
Derrière les seuils
Où s'agitent les mensonges

On aurait cru les rêves 
On aurait cru le sable
Il n'y a qu'une route,
Un chemin qui nous prend
De pierre et de terre
Qui sent et qui parle

Le voici bientôt
Emporter les vignes
Dans le vent qui chante
Ce sont des ombres ailées
Le pollen de demain
La poussière des choses.