Lourde la route, lourd le sang
de processions et de manèges
le long de voyages invisibles
aux langues étrangères. Seul
et tout bas, sans hâte, à suivre
rives et ombrages endormis
dans la pâleur d'un soir.
Mais lorsque l'éternité, serpent sage,
siffle à mes oreilles le frisson
des guirlandes amères
j'étreins la terre et attends
que se séparent les sources d'antan
Attends seulement l'envol
dans la paix bleutée d'un instant
dimanche 4 février 2018
mardi 28 novembre 2017
Quelques autres (1)
Temps
d’avant la mémoire, présent d’hier ou de
demain
Et
présent à tout instant, saccade de matière sans passé
Roches insondables, pierres sans fièvre, cimes et vides
Mais
toujours aux noms encore tus du Souverain absent
Tu
es là toujours en toi-même, être et existence
Comme
le fruit innocent de l’éternité silencieuse
Né
de l’écume des météores au cœur même du lointain
Terre
aux songes à naître encore nue dans sa pureté
Terre
indifférente, immobile et toute à elle-même
Et
à chaque moment tu congédies le temps
Terre,
mer, ciel, sortis de leur propre matrice
Quels rêves tranquilles ceux dont les rêves ne rêvent pas !
Et
quand les orages te couvrent d’ombres et de feux
Rien
n’arrive encore qui n’est toi et que tu n’as voulu
Et
le tonnerre lui-même est ce silence qui t’appartient
Comme
l’espace sans fragments aux frontières inconnues
Alors
que les vagues qui ne sont pas des vagues
Emportent
le sable où tout entière tu te contiens
Car
close de partout mais se répandant en tout ce qui est
Tu
n’es minuscule qu’à la condition de ton immensité
Et
en chaque grain comme en chaque poussière
L’univers
qui te couvre hors du maintenant et de l’ici
S’étend tout entier dans ces abîmes dont
tu es fait
Et
que plus tard la pensée comblera de ses fards
Et
pendant que je parle et tente l’impossible
Ta
nudité se voile du tissu sonore de mes mots
Puisqu’il
faut bien que vive cet être de toi
Qui
t’amincit en t’amputant de ce qui le fuit
Comme
si pour te connaître et t’aimer
Il
devait ignorer les vastes gouffres où tu résides
jeudi 23 novembre 2017
Anecdotes de l'archipel (15)
Anecdote de la pierre
La
pierre ne s’offre à aucune clarté
Et
n’accueille aucune ombre
La
lumière et l’obscurité s’humilient
Face à
cette épaisseur impénétrable.
Identité
compacte
Elle
offre la figure de son obstinée permanence
L’entêtement
et l’obsession d’être
Dominent
les montagnes
Asservissent
les cailloux.
Matières
opaques et bornées
Y
dorment pourtant
Des miroirs d'émeraudes
Des miroirs d'émeraudes
Aux
chatoiements barbares
Imperceptibles
A ma vue
infirme.
Anecdotes de l'Archipel (14)
Anecdote de la rosée
Le
mutisme se refuse aux rosées
Leurs
langues de pluies
Leurs
lèvres de brumes
Leurs
bouches d’ombres chaudes
D’un
fluide secret et humide
Scandent
toujours
Les
fables du vide et de l’oubli.
Leurs
chants se posent
Au bord
des jours
Car c'est du seuil
Car c'est du seuil
Que
toujours ils appellent la pénombre
Et cet
appel, simplement appel
Simple
halètement
Reste sans oreille.
Car
C’est
toujours
Entre des mains trop pauvres
Que nous recueillons
Entre des mains trop pauvres
Que nous recueillons
Ces
fragments de nuit
Aux
reflets sonores
Et aux
danses de velours.
Le
savons-nous ?
C’est en
vain
Que nous
y trouverons
Notre
image.
Anecdotes de l'Archipel (13)
Anecdote de l'Antérieur
L’antérieur est un beau parleur
Qui
adapte ses angles
Et ajuste
ses fables.
Il a la
métaphore
Bavarde,
Comme
l’origine d’un écho.
Si on ne
suit pas l’antérieur
C’est
qu’il marche
A
reculons
Et
prétend se précéder lui-même.
Sillage
qui s’ouvre devant
Toi
Il te
vide et t’explique.
Partout
où le Temps est
Il te recouvre
de sa tunique
Sans
couture
Et il
n’est d’itinéraire
Qu’il
n’ait endetté.
Seul, le pas suprême l’exile.
Pourtant
tu passes ton temps
A ne pas
mourir.
mardi 21 novembre 2017
lundi 13 novembre 2017
Hors Service (4)
Comment commencer ? Par un duvet de chagrin étendu au seuil
d'un ciel plaintif ? Par le givre des cendres, abri de l'âme qui s'y replie ? Ou encore par la paille pauvre qui brode entre les pierres les échos des volcans éteints ? Et comment finir ? Surtout comment achever ce qui s'est conçu après coup, en sourdine de l'insu ? Comment en finir avec cette ville étrangère qu'aucune étoile ne bleuit et qu'aucune mer ne blanchit...Sinon dans un espace où souffle la sécheresse hostile, dans ces chagrins sans domicile lorsque le deuil s'adresse aux étoiles pèlerines et qu'à jamais, un bâton de plume ordonne le chemin.
d'un ciel plaintif ? Par le givre des cendres, abri de l'âme qui s'y replie ? Ou encore par la paille pauvre qui brode entre les pierres les échos des volcans éteints ? Et comment finir ? Surtout comment achever ce qui s'est conçu après coup, en sourdine de l'insu ? Comment en finir avec cette ville étrangère qu'aucune étoile ne bleuit et qu'aucune mer ne blanchit...Sinon dans un espace où souffle la sécheresse hostile, dans ces chagrins sans domicile lorsque le deuil s'adresse aux étoiles pèlerines et qu'à jamais, un bâton de plume ordonne le chemin.
vendredi 10 novembre 2017
Anecdotes de l'Archipel (12)
L'Anecdote de la Brume
On perd la précision des formes
Et les lignes qui cernaient les choses
Ont quitté leur sillage
Entremêlées dans les chastes entours
L’informe a dégradé les significations du jour.
Seul le proche témoigne encore
Du scrupule du net, de l’exact, du fidèle
Le retrait du monde s’opère sans débâcle
Il s’efface avec le flegme du grès
Aussi le drame se glace et
Le chagrin s’empare des masques
La perte de toute consistance,
La dormance de la semblance
Comme une distraction temporaire du faux.
Les voix se croisent sans se voir,
Dans cet effacement des lisières
Des lèvres sans paroles naissent du deuil
De l'artifice des bornes.
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