J'évoquais le chant d'un chemin, la borne disparue qui cherche la voix de demain, un compagnon de cailloux ou de boue sèche
qui déroute les astres et trace, sur les pas des nuages, par dessus les étoiles, des nefs de pierres et de vents où assoir son temps.
Siège fragile échappé dans le chœur des heures, petit chant des rivières s'écoulant comme un matin qui s'oublie.
dimanche 3 février 2019
L'accord majeur (1)
Ce qui se passe, ce qui se meurt,
que le jour emporte et la nuit pleure,
l'éclat ailé de ce qui attend
que le jour emporte et la nuit pleure,
l'éclat ailé de ce qui attend
samedi 2 février 2019
Les Plaines (7)
Voyons la nuit
Non pas encore la nuit,
Ni l'aube, ni le soir
Nous marchions
L'eau bourgeonnante d'écume
D'ondes bleues sous des ruisseaux de lune
Mais ce n'était pas la nuit,
Mais ce n'était pas le jour
Nous marchions
Sous les galeries du ciel
Sur des torrents blanchis
A portée de parole
Et les fièvres anciennes
Dans la rumeur des gorges
Arrachait une voix
d'épines arides
A la langue harassée.
Dans cet air limpide
Où l'enseveli offrait
un silence laineux
Aux échos oubliés de la vie
Voyons les ombres
Non pas encore les ombres
Ni l'obscur, ni le tu
Je voyais dans ces buissons
Seulement les lueurs en fleur
Nature profonde aux souffles voilés
Qui brûlent mes yeux
En y posant son givre
Mais ce n'était pas l'hiver
Ce n'était pas l'été
Dans les plaines.
Non pas encore la nuit,
Ni l'aube, ni le soir
Nous marchions
L'eau bourgeonnante d'écume
D'ondes bleues sous des ruisseaux de lune
Mais ce n'était pas la nuit,
Mais ce n'était pas le jour
Nous marchions
Sous les galeries du ciel
Sur des torrents blanchis
A portée de parole
Et les fièvres anciennes
Dans la rumeur des gorges
Arrachait une voix
d'épines arides
A la langue harassée.
Dans cet air limpide
Où l'enseveli offrait
un silence laineux
Aux échos oubliés de la vie
Voyons les ombres
Non pas encore les ombres
Ni l'obscur, ni le tu
Je voyais dans ces buissons
Seulement les lueurs en fleur
Nature profonde aux souffles voilés
Qui brûlent mes yeux
En y posant son givre
Mais ce n'était pas l'hiver
Ce n'était pas l'été
Dans les plaines.
jeudi 31 janvier 2019
Les Plaines (6)
Ils marchaient, à l'orée du soleil, l'un et l'autre
Accoudés aux lisières froides,
Aux sources du matin.
On les voyait arriver comme
Des boucles de ténèbres,
Braises obscures dans l'éclat du jour
Cavaliers aux éperons blessés,
Les yeux clos, dans ce baiser d'aurore,
regardaient où respirent les hommes,
Comment du champ de leurs jours
montaient ces sueurs de souffrance
Ces cris tus dans le hurlement des loups.
C'étaient des étrangers, inconnus
des gémissements d'ici, des plaintes nouvelles
au centre des enclos.
Des plaines rien de fermé et dans l'espace béant
où les murs se parlent,
Des brèches pour qui veut, un passage qui espère.
Accoudés aux lisières froides,
Aux sources du matin.
On les voyait arriver comme
Des boucles de ténèbres,
Braises obscures dans l'éclat du jour
Cavaliers aux éperons blessés,
Les yeux clos, dans ce baiser d'aurore,
regardaient où respirent les hommes,
Comment du champ de leurs jours
montaient ces sueurs de souffrance
Ces cris tus dans le hurlement des loups.
C'étaient des étrangers, inconnus
des gémissements d'ici, des plaintes nouvelles
au centre des enclos.
Des plaines rien de fermé et dans l'espace béant
où les murs se parlent,
Des brèches pour qui veut, un passage qui espère.
mercredi 30 janvier 2019
Les Plaines (5)
Nous courions, enfants,
Dans ces matins aux urgences inédites
A travers ces jardins où murmuraient les sangs
Comme une rivière lente
courbant de ses rives
le silence des vents
Nous courions ainsi
refusant la mort
sans autre rêve
que le présent
C'était le district des horizons
La vigne des nuages
Le district de l'âme
l'empierrement des allées
et des amours de Chine
Proches plaines du lointain invisible
Proches plaines où poser nos mains
Proches plaines
haleines de la terre, papillons des nuées.
Dans ces matins aux urgences inédites
A travers ces jardins où murmuraient les sangs
Comme une rivière lente
courbant de ses rives
le silence des vents
Nous courions ainsi
refusant la mort
sans autre rêve
que le présent
C'était le district des horizons
La vigne des nuages
Le district de l'âme
l'empierrement des allées
et des amours de Chine
Proches plaines du lointain invisible
Proches plaines où poser nos mains
Proches plaines
haleines de la terre, papillons des nuées.
mercredi 23 janvier 2019
Les Plaines (4)
Comme une marée étale
La plaine suspendue
Entre flot des jours
Et jusant des nuits
Attend la minute prochaine.
Devant cette gueule béante
Elle frissonne un peu
Comme l'innocence
Sous un ciel de braises.
mardi 22 janvier 2019
Les Plaines (3)
La plaine est un matin.
Légèreté limpide,
le regard s'agace
de cet excès de visible.
Asile cependant :
il disperse ses lueurs
dans sa clarté obsédante.
C'est à moindre prix
qu'ainsi on hypothèque sa nuit
samedi 19 janvier 2019
Les plaines (2)
Dans les plaines
Nous nous sommes couchés
et aux eaux des mêmes rivières
Nos lèvres se sont jointes
Celles qui n'assèchent pas les soifs
Qui se nourrissent de leur faim
Ces rivières-là
de celles qu'absorbent les étoiles
lorsque nous les regardons
briller sur la lame des faux
Ces plaines qui s'accordent
Et s'attachent des liens
De nos absences pâles
Qui nouent les éclipses
De nos routes enlacées
Mortes plaines !
Vives plaines !
invisibles sous le gel
sous ce fruit du départ
où nous vivons enfin
Nous nous sommes couchés
et aux eaux des mêmes rivières
Nos lèvres se sont jointes
Celles qui n'assèchent pas les soifs
Qui se nourrissent de leur faim
Ces rivières-là
de celles qu'absorbent les étoiles
lorsque nous les regardons
briller sur la lame des faux
Ces plaines qui s'accordent
Et s'attachent des liens
De nos absences pâles
Qui nouent les éclipses
De nos routes enlacées
Mortes plaines !
Vives plaines !
invisibles sous le gel
sous ce fruit du départ
où nous vivons enfin
vendredi 18 janvier 2019
Les plaines (1)
Dans les plaines retentissent
Les blessures de l'espace
Dans cette plaie nue
L'étendue découverte lève ses ombres
Et de ses sédiments obscurs se rédigent
Les fables du vrai et du faux.
Les blessures de l'espace
Dans cette plaie nue
L'étendue découverte lève ses ombres
Et de ses sédiments obscurs se rédigent
Les fables du vrai et du faux.
dimanche 13 janvier 2019
Le désert (10)
Tout s'y montre
Tout s'y cache
Dans cette nudité ordinaire
Les ombres possèdent la complexité des échos
Le silence, des ourlets de lumière
On se sent exclu de cette complication
De ce paradoxe de sable.
Tout s'y cache
Dans cette nudité ordinaire
Les ombres possèdent la complexité des échos
Le silence, des ourlets de lumière
On se sent exclu de cette complication
De ce paradoxe de sable.
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