mardi 18 août 2015

Les Confins : Aux digues des lointains se recouvrent les nuits...(11)

Ne sont qu'horizons proches, Confins des jours aux lignes d'armure et aux clameurs d'azur, béances tacites sous le vent, îles nues où se rongent les peaux d'hiver et les goélands, les goélands qui appellent l'orage partout dans le ciel casqué de lames de feu.

Les Confins, oiseaux fuyants qui vomissent la mer et la terre et les aubes qui s'élèvent des eaux des femmes, grand sommeil des coeurs, si près de nous, aux lointains visibles et toujours pourtant inassouvis comme la soif des âmes endormies dans les antres.

Nous dîmes l'extrême est notre désir et la fuite notre possibilité de nacre et de ce qui s'épouse nait le divorce des choses : ce qui s'éloigne, ce qui se rapproche ; ce qui disperse, ce qui unit ; ce qui veut, ce qui refuse ; ce qui se lâche, ce qui se reprend ; ce qui se lie, ce qui se rompt. Et la nuit est le jour, la mer, la terre et le Fils, la mère.

La mère, d'un lointain innommable nous naquîmes, vierges à jamais, au sein des soifs salées, rien  nous pourra nous salir, enfant de la mère, lumineuse impureté que jamais ne peut atteindre.
L'extrême est notre force et l'ordre nos méduses maladives qui rampent sous nos pas. Voulons donc et sous les arches effaçons les rives.

Tout se tait dans la puissance des brumes et, minuscules aux ombres gigantesques, nous rêvons des sommets où tout se dit sans se dire, où tout se tait sans se taire, dans le silence des clameurs d'azur.

Nous sommes êtres de partout, qui volent sous les nuages sanglants, obscurités lourdes de la chair, de partout, hommes des déserts d'étoiles, hommes d'exil, de courage et de fuite, aux faims d'épices et aux larmes améthystes, coureurs des plaines vierges, paroles de montagne, aspirations de colline, endormissement dans les vals et fleuves que nos rivages ont ouvert suspendus sur les gouffres où nagent le fabuleux et l'ordinaire.

Nos chants sont ceux des Confins, accouplements des sirènes de sable et des licornes aux cornes de sel.

Seuls dans le souffle des lointains que notre mort éteint.

4 commentaires:

  1. Emportée par le souffle poétique qui passe sur ces Confins...

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  2. Eloquent, je trouve, de lire à la file tes deux dernières publications.
    Confins des mondes ou Ombre des confins.. les deux brins d' un même nœud à dérouler à voix haute

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