C'est là
Déposés sur la joue des jours
Des baisers de luttes sucrées
Où s'insurgent, d'ivoire et d'ébène,
Les souffles qui révèlent
Aux repaires qui exposent
Là au creux des orbites
Jeu gourmand du jour
Alors qu'il pénètre la nuit
C'est là
Endormis dans la fable des ans
Dans le tissé des siècles
L'argile et la pierre
Attendent la foudre orpheline
Tandis que le fleuve
Unit la mer à la source
C'est la violence du souffle nu
Aux paroles d'éclipse et aux gouffres de sable
C'est là encore
Fatiguées de l'empressement des racines
Des caresses d'iris et des arcs de quartz
Se répandent des encres noires
Et des plumes d'acier
Quand les hommes muets et sans noms
Décapitent le sommet des montagnes
Des têtes de silence
Et les ailes du vent
C'est là enfin
Somnambules par dessus les nuages nocturnes
Loin toujours de la face de l'ineffable
Se donnent au jour
La fraicheur des ruisseaux
Les horizons paresseux
Les collines somnolentes
Et à la nuit
La vie où j'attends de naitre.
Un jour poser nos fatigues, avec dans les valises, ce qui fut, ce qui est, la vie comme elle sera. C' est là..
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