vendredi 1 octobre 2021

Le soin des jours (3)

 

A force


les rivières ont perdu la mémoire de l’eau.

Mais elles ont le temps : elles ne croient plus aux traces. Et la durée pour elles n’est même plus un souvenir. Elles coulent sans attendre, sous un vent aux avenirs absents.

 

Leur cours sans fatigue est immobile

Où l’herbe jette ses dernières ombres

Dans l’insolente clarté qui couvre même la nuit.

 

Il est impossible de fuir ce jardin

Seulement y mourir. 

 

Ce qui n’est pas assez encore.

 

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