Mille mers topazes qui frémissent entre les portes
Mille berceaux d'absence qui enserrent la présence oubliée
Ce qui s'écoule dans l'éternité du fleuve est toujours pour demain.
samedi 13 septembre 2014
vendredi 12 septembre 2014
Poèmes de l'Insignifiance (30)
Ce qui vit, des prunelles de pierre et autour de nous les tremblements de l'hiver
Ce qui vit, c'est qui s'éteint et ce qui trouble dans la pâleur des heures de neige
Des plumes légères plus légères encore que des cristaux dans la brume
Ont donné au monde les teintes du vide et couché dans les ruisseaux les caprices du temps
Des paons dans les blés ont offert leur visage aux reflets de la terre
Puis la terre a affolé les racines et courbé la course du temps
La vérité rit toujours de la vérité lorsqu'elle se découvre au plus près d'elle-même.
jeudi 11 septembre 2014
Des Mille et des cent
Mille perles qui dorment dans les estuaires d'argent
Mille anneaux qui voguent sur les crètes du zéphyr
Mille terres de cannelle où tout se mêle
Mille océans qui enlacent les capricornes du jour
Mille dunes qui tourbillonnent dans les tourments des siècles
Mille scarabées qui embrassent les falaises de jais
Mille sabres qui filent comme des flèches d'équinoxe
Mille druides qui crèvent les yeux du soir
Mille rives qui serpentent sous le toit de l'univers
Mille clés et mille portes absentes
Mille baisers portés sur les lèvres du temps
Mille grâces espérées des heures de brise
Mille serpents de glace aux aguets sous la langue
Mille années où souffrent les grottes chaudes
Mille remparts contre l'invisible et le silence
Mille mots trop faibles face à ce qui est
Mille promontoires vains pour saisir l'univers
Mille choses au-dessus de mille choses
Mille paix crépuscules des êtres à l'aurore des jours
Mille colombes qui s'égarent dans les cyprès du Jourdain
Mille Dieux qui montrent les ombres de l'épais
Mille fontaines qui fleurissent sur les lits d'hiver
Mille pas qui se posent aux lisières des saisons
Mille collines qui psalmodient des rêves électriques
Mille cités de jade sans routes ni chemins
Mille galaxies auprès de nous, à portée des voix mortes
Mille blasphèmes noyés aux portes des églises
Mille bergers hébergés dans des renoncules d'eau
Mille mains épuisées tendues vers les voûtes de pierre
Mille sommets perdus dans les livres des limbes
Mille séraphins dans le feuillage des ans
Mille fantômes sous les frondaisons de cuivre
Mille épines de velours sous l'édredon de l'amour
Mille âmes endormies, seules, oubliées d'elles-mêmes
Mille chansons dans les impasses
Mille roses à trois doigts
Mille horloges qui annoncent le salut jamais le salut
Mille cannes de feu qui hurlent dans les corps
Mille vagabonds errants dans des nuées vides
Mille sièges funestes qui attendent leur proie
Mille blessures en guirlandes suspendues les soirs de fête
Mille gouffres de sables sous des routes de sel
Mille buissons ardents où Dieu s'est éreinté
Mille enfants des orages émeraudes
Mille graines de miroirs où se mirent les cygnes
Mille reflets lumineux que calme le soleil
Mille routes à travers mille routes
Mille abandons silencieux aux bouches sombres
Mille oreilles sans yeux
Mille épouvantails en plexiglas sur les champs d'éternité
Mille regards d'enfance clos dans des tombes de lune
Mille poulpes tigrés qui caressent les tombeaux étrusques
Mille ! Mille ! Mille ! Mille ! Mille ! Mille ! Mille ! Mille !
Pendant que nous volerons des ailes aux anges
Et extrairons l'eau bénite du coeur des assassins.
Mille anneaux qui voguent sur les crètes du zéphyr
Mille terres de cannelle où tout se mêle
Mille océans qui enlacent les capricornes du jour
Mille dunes qui tourbillonnent dans les tourments des siècles
Mille scarabées qui embrassent les falaises de jais
Mille sabres qui filent comme des flèches d'équinoxe
Mille druides qui crèvent les yeux du soir
Mille rives qui serpentent sous le toit de l'univers
Mille clés et mille portes absentes
Mille baisers portés sur les lèvres du temps
Mille grâces espérées des heures de brise
Mille serpents de glace aux aguets sous la langue
Mille années où souffrent les grottes chaudes
Mille remparts contre l'invisible et le silence
Mille mots trop faibles face à ce qui est
Mille promontoires vains pour saisir l'univers
Mille choses au-dessus de mille choses
Mille paix crépuscules des êtres à l'aurore des jours
Mille colombes qui s'égarent dans les cyprès du Jourdain
Mille Dieux qui montrent les ombres de l'épais
Mille fontaines qui fleurissent sur les lits d'hiver
Mille pas qui se posent aux lisières des saisons
Mille collines qui psalmodient des rêves électriques
Mille cités de jade sans routes ni chemins
Mille galaxies auprès de nous, à portée des voix mortes
Mille blasphèmes noyés aux portes des églises
Mille bergers hébergés dans des renoncules d'eau
Mille mains épuisées tendues vers les voûtes de pierre
Mille sommets perdus dans les livres des limbes
Mille séraphins dans le feuillage des ans
Mille fantômes sous les frondaisons de cuivre
Mille épines de velours sous l'édredon de l'amour
Mille âmes endormies, seules, oubliées d'elles-mêmes
Mille chansons dans les impasses
Mille roses à trois doigts
Mille horloges qui annoncent le salut jamais le salut
Mille cannes de feu qui hurlent dans les corps
Mille vagabonds errants dans des nuées vides
Mille sièges funestes qui attendent leur proie
Mille blessures en guirlandes suspendues les soirs de fête
Mille gouffres de sables sous des routes de sel
Mille buissons ardents où Dieu s'est éreinté
Mille enfants des orages émeraudes
Mille graines de miroirs où se mirent les cygnes
Mille reflets lumineux que calme le soleil
Mille routes à travers mille routes
Mille abandons silencieux aux bouches sombres
Mille oreilles sans yeux
Mille épouvantails en plexiglas sur les champs d'éternité
Mille regards d'enfance clos dans des tombes de lune
Mille poulpes tigrés qui caressent les tombeaux étrusques
Mille ! Mille ! Mille ! Mille ! Mille ! Mille ! Mille ! Mille !
Pendant que nous volerons des ailes aux anges
Et extrairons l'eau bénite du coeur des assassins.
Rumeurs des Jours et des Nuits (36)
Le roi des oliviers
a épousé le creux de l'azur
Le roi des oliviers
Sait la source vers laquelle il remonte
C'est la reine des sources
La source des sources
qui écoule sans dimensions
Le temps et l'espace
Le roi des oliviers
N'a jamais atteint la source
Son feuillage courbe sous le vent
Et la source hors du tout
Il la sait là-bas ignorante
De ce qu'on lui doit
Alors le roi des oliviers
A divorcé du creux de l'azur
Et son vieux corps
Débarrassé de ses racines
A chanté des rimes de paille
Que des rossignols ont emporté
Comme une grâce offerte aux lointains.
a épousé le creux de l'azur
Le roi des oliviers
Sait la source vers laquelle il remonte
C'est la reine des sources
La source des sources
qui écoule sans dimensions
Le temps et l'espace
Le roi des oliviers
N'a jamais atteint la source
Son feuillage courbe sous le vent
Et la source hors du tout
Il la sait là-bas ignorante
De ce qu'on lui doit
Alors le roi des oliviers
A divorcé du creux de l'azur
Et son vieux corps
Débarrassé de ses racines
A chanté des rimes de paille
Que des rossignols ont emporté
Comme une grâce offerte aux lointains.
mercredi 10 septembre 2014
Rumeurs des jours et des nuits (35)
Parmi les bourgeons obscurs
J'ai voulu reposé dans l'ombre de ton ventre
Comme la feuille d'un printemps qui se tait
J'ai voulu remuer les secrets des fleurs
Pour coucher sur un pétale rose
Les mots aquatiques
Qui t'auraient fait frissonner
Parmi les plaintes douces
J'ai voulu refermer le calice fertile
Comme une silhouette d'ébène dans la brume
J'ai voulu engendrer des souvenirs
Pour que s'envolent dans tes voiles blancs
Des oranges de légende
Qui auraient murmuré des chants de novembre
Que les mots aquatiques
Auraient bercé sur les pétales roses
Des souvenirs d'ébène.
J'ai voulu reposé dans l'ombre de ton ventre
Comme la feuille d'un printemps qui se tait
J'ai voulu remuer les secrets des fleurs
Pour coucher sur un pétale rose
Les mots aquatiques
Qui t'auraient fait frissonner
Parmi les plaintes douces
J'ai voulu refermer le calice fertile
Comme une silhouette d'ébène dans la brume
J'ai voulu engendrer des souvenirs
Pour que s'envolent dans tes voiles blancs
Des oranges de légende
Qui auraient murmuré des chants de novembre
Que les mots aquatiques
Auraient bercé sur les pétales roses
Des souvenirs d'ébène.
mardi 9 septembre 2014
Poèmes de l'insignifiance (29)
Prends un suaire d'anémone et pose tes yeux blancs dans les plis froids de ses vagues. Il masquera tes racines de bronze et aussi les Dieux terribles de ta jeunesse, les notes de tes mélancolies détachées comme les cristaux de janvier, les enchantements lents que des mains patientes ont façonnés pour ton âme.
Rappelle tes jadis et tes autrefois où déjà le destin écrivait les lettres mortes de ton présent.
C'est un regard brûlé que tu as porté dans ta citadelle de papier.
Rappelle tes jadis et tes autrefois où déjà le destin écrivait les lettres mortes de ton présent.
C'est un regard brûlé que tu as porté dans ta citadelle de papier.
Chemins de la ville basse (11)
Spectres dans l'amoncellement des gémissements
Sur les quais des flux abandonnés
Dans les hangars vides où la peur gronde
Sur les visages aux vapeurs chloriques
Dans les jeux que guident les nuits petits tas de cris nus
Sous les crânes sanglants
Le long des stries jaunes du soir
Où la Vision de la grâce perdure
Les retours difficiles dans l'ignorance serve
Aux sons des sirènes psychopompes
Appels irrésistibles qui broient os et esprit
Flûtes que chantent les ruches de métal froid
Les muscles tendus et ce qui en découle
Dans les bars attachés aux bites d'alcools forts
Les marins qui coulent dans leur peine
Noyés dans les godets de Jack Daniel
Et les retours sans force sous l'abri climatisé
Coursiers du macadam des limbes
Sous les toits le consentement au Tartare
A la géhenne de l'ici-bas
Et dans les lits des seuls avec des seuls
Et le jaillissement continu du monde
Entre les solitudes aux sexes unis
Sous la contrainte d'Eros jaloux
Et des yeux de cécité qui ouvrent des pistes
Déjà ouvertes déjà empruntées
Déjà là avant elles-mêmes
Au nom de qui au nom de quoi
Au nom de qui au nom de quoi.
Sur les quais des flux abandonnés
Dans les hangars vides où la peur gronde
Sur les visages aux vapeurs chloriques
Dans les jeux que guident les nuits petits tas de cris nus
Sous les crânes sanglants
Le long des stries jaunes du soir
Où la Vision de la grâce perdure
Les retours difficiles dans l'ignorance serve
Aux sons des sirènes psychopompes
Appels irrésistibles qui broient os et esprit
Flûtes que chantent les ruches de métal froid
Les muscles tendus et ce qui en découle
Dans les bars attachés aux bites d'alcools forts
Les marins qui coulent dans leur peine
Noyés dans les godets de Jack Daniel
Et les retours sans force sous l'abri climatisé
Coursiers du macadam des limbes
Sous les toits le consentement au Tartare
A la géhenne de l'ici-bas
Et dans les lits des seuls avec des seuls
Et le jaillissement continu du monde
Entre les solitudes aux sexes unis
Sous la contrainte d'Eros jaloux
Et des yeux de cécité qui ouvrent des pistes
Déjà ouvertes déjà empruntées
Déjà là avant elles-mêmes
Au nom de qui au nom de quoi
Au nom de qui au nom de quoi.
What do you want to do ?
New maillundi 8 septembre 2014
Chemins de la ville basse (10)
C'étaient des cités difformes aux recoins blanchâtres
où personne n'existait et au sommet des buildings
les bannières de l'Eternité flottaient sous les astres froids
en berne dans l'infini figé de l'Oeil de Dieu où pataugeaient
les mains criminelles et le sang des trafiquants de chairs
et puis le Diable aussi dans sa bure de prolétaire
le Diable aux traits nus et aux dents gantées d'aigreurs et affamées
de pénitence le Diable assis dans les salles de séjour dans les
dress room do-it-yourself dans l'eau des radiateurs
dans les supermarkets aux congélateurs offerts à la pointe des
heures mécaniques Diable maudissant tout seul sous la
volaille plastifiée ou dans les microprocesseurs blêmes
transcontinentaux plasmas de lassitude et de fatigue sous les
lumières des enfers attiédis d'halogènes minés éclairant la
gueule froide de l'envie et de la concupiscence forme
virale du commerce marchandises achetant des marchandises
vendant des marchandises aux marchandises marchandises
vivantes où dorment les petits démons même au carrefour
du blues où l'âme se vend pour trois accords mineurs aux notes
bleues là vendre son âme au diable pour la sauver c'est à dire
la perdre (preuve que vendre parfois est une chose bonne)
Il y avait dans ces cités étriquées des crevettes aseptisées baignant
dans les égouts des lamproies aux sourires acides qui
tendaient aux cravates vibrantes des tickets de métro
et aux coins des avenues des garrots qui promenaient leur pression
sur la blancheur des bras ou sous la chaleur de la langue
et des sexes inertes dévorés de torpeur et d'isolement
aux croisements des éreintements où la punition n'est plus un
fardeau mais la joie et le désir des damnés dans le silence
du Schéol où règnent l'extinction et les nymphes de la fin
Et dans ces cités étroites les âmes marchent seules et même
les étoiles qui fascinent tant les cortèges de fantômes
même ces étoiles ont les lueurs défuntes et misérables
De ceux qui bégaient ignorants stupides
le langage de leur propre destruction
sur des routes où ceux qui les écoutent
N'ont pas d'oreilles.
où personne n'existait et au sommet des buildings
les bannières de l'Eternité flottaient sous les astres froids
en berne dans l'infini figé de l'Oeil de Dieu où pataugeaient
les mains criminelles et le sang des trafiquants de chairs
et puis le Diable aussi dans sa bure de prolétaire
le Diable aux traits nus et aux dents gantées d'aigreurs et affamées
de pénitence le Diable assis dans les salles de séjour dans les
dress room do-it-yourself dans l'eau des radiateurs
dans les supermarkets aux congélateurs offerts à la pointe des
heures mécaniques Diable maudissant tout seul sous la
volaille plastifiée ou dans les microprocesseurs blêmes
transcontinentaux plasmas de lassitude et de fatigue sous les
lumières des enfers attiédis d'halogènes minés éclairant la
gueule froide de l'envie et de la concupiscence forme
virale du commerce marchandises achetant des marchandises
vendant des marchandises aux marchandises marchandises
vivantes où dorment les petits démons même au carrefour
du blues où l'âme se vend pour trois accords mineurs aux notes
bleues là vendre son âme au diable pour la sauver c'est à dire
la perdre (preuve que vendre parfois est une chose bonne)
Il y avait dans ces cités étriquées des crevettes aseptisées baignant
dans les égouts des lamproies aux sourires acides qui
tendaient aux cravates vibrantes des tickets de métro
et aux coins des avenues des garrots qui promenaient leur pression
sur la blancheur des bras ou sous la chaleur de la langue
et des sexes inertes dévorés de torpeur et d'isolement
aux croisements des éreintements où la punition n'est plus un
fardeau mais la joie et le désir des damnés dans le silence
du Schéol où règnent l'extinction et les nymphes de la fin
Et dans ces cités étroites les âmes marchent seules et même
les étoiles qui fascinent tant les cortèges de fantômes
même ces étoiles ont les lueurs défuntes et misérables
De ceux qui bégaient ignorants stupides
le langage de leur propre destruction
sur des routes où ceux qui les écoutent
N'ont pas d'oreilles.
dimanche 7 septembre 2014
Chemins de la ville basse (9)
J'ai louvoyé sur des trottoirs défoncés, morne et sale,
comme un poney crotté en quête d'une foi pour mon âme perdue
poursuivant parmi les loups sombres de Sodome les anges bleus de Canaan dans des tires rutilantes où Noé couchait avec ses filles
et c'est tout le Déluge - et la Faute - qui déborda des avaloirs
et une pluie une grêle une fange immondices blessées tombant des toits sous les yeux du Ciel, racine de toutes offenses et dans les caniveaux la grâce du monde à la portée des phacochères noctambules entre les crachats des clodos et les vomissures étincelantes dans le double de la nuit brûlante, nuit des lumières des tramways nuit que je transportais dans mes valises mal verrouillées nuit qui s'échappait et s'égouttait dans la bouche de la terre aspirée happée comme Noé englouti dans l'Arche sur un océan de ferraille de piques d'arêtes de pointes sèches et sévères d'angles vifs de pertuisanes acérées les pieds aux sangs innocents pour se dissoudre dans les parcs proprets des asiles où se gavent les solitudes
Ô psychiatries de rêves vertueux Ô évasion narcotique la nounou narcose électrochoque à tout venant pères mères enfants le dire à maman le dire à maman fermer ses valises surtout ne pas oublier fermer ses valises sur ce qui reste d'être ne pas oublier surtout ne pas oublier ce qui reste encore d'être dans le croupissement de soi
Dors mon petit psychotrope ! Dors mon petit psychotrope ! A toi Halopéridol ! Antipsychotiques des régions mortes amères ruines des richesses des misères des pauvretés des prostitutions et entre les presses et les laminoirs, les jardins bourgeois où roulent les cerceaux, l'écrasement des cervicales sous le poids du vide et du sens, l'absence de tout sur les épaules la volonté de l'absence et le désir du mal et de la souffrance sous les cités de Fer qui baignent dans la glace lunaire comme de grands cimetières écarlates où les tombes taisent ce qu'elles écrivent dans les consciences fuyantes sous des ombres se cachant à elles-même la honte d'être ombres
Dors mon petit Neuro ! Dors mon petit Neuro ! Que j'embrasse le bleu de ta chimie révulsante, que je fasse l'amour avec tes molécules et leur combinaison et surtout béni sois-tu de me retrancher de ce qui me tranche de me découper de ce qui me coupe de me défaire de ce qui me fait, m'a fait et qui par ta grâce édénique ne me fera plus
J'ai marché comme un poney des plaines loin des mustangs apaches qui avalent l'asphalte où l'été s'est absorbé et couché sur un seuil j'ai rêvé d'un chemin qui conduisait hors du monde jusqu'aux vignes de Noé.
comme un poney crotté en quête d'une foi pour mon âme perdue
poursuivant parmi les loups sombres de Sodome les anges bleus de Canaan dans des tires rutilantes où Noé couchait avec ses filles
et c'est tout le Déluge - et la Faute - qui déborda des avaloirs
et une pluie une grêle une fange immondices blessées tombant des toits sous les yeux du Ciel, racine de toutes offenses et dans les caniveaux la grâce du monde à la portée des phacochères noctambules entre les crachats des clodos et les vomissures étincelantes dans le double de la nuit brûlante, nuit des lumières des tramways nuit que je transportais dans mes valises mal verrouillées nuit qui s'échappait et s'égouttait dans la bouche de la terre aspirée happée comme Noé englouti dans l'Arche sur un océan de ferraille de piques d'arêtes de pointes sèches et sévères d'angles vifs de pertuisanes acérées les pieds aux sangs innocents pour se dissoudre dans les parcs proprets des asiles où se gavent les solitudes
Ô psychiatries de rêves vertueux Ô évasion narcotique la nounou narcose électrochoque à tout venant pères mères enfants le dire à maman le dire à maman fermer ses valises surtout ne pas oublier fermer ses valises sur ce qui reste d'être ne pas oublier surtout ne pas oublier ce qui reste encore d'être dans le croupissement de soi
Dors mon petit psychotrope ! Dors mon petit psychotrope ! A toi Halopéridol ! Antipsychotiques des régions mortes amères ruines des richesses des misères des pauvretés des prostitutions et entre les presses et les laminoirs, les jardins bourgeois où roulent les cerceaux, l'écrasement des cervicales sous le poids du vide et du sens, l'absence de tout sur les épaules la volonté de l'absence et le désir du mal et de la souffrance sous les cités de Fer qui baignent dans la glace lunaire comme de grands cimetières écarlates où les tombes taisent ce qu'elles écrivent dans les consciences fuyantes sous des ombres se cachant à elles-même la honte d'être ombres
Dors mon petit Neuro ! Dors mon petit Neuro ! Que j'embrasse le bleu de ta chimie révulsante, que je fasse l'amour avec tes molécules et leur combinaison et surtout béni sois-tu de me retrancher de ce qui me tranche de me découper de ce qui me coupe de me défaire de ce qui me fait, m'a fait et qui par ta grâce édénique ne me fera plus
J'ai marché comme un poney des plaines loin des mustangs apaches qui avalent l'asphalte où l'été s'est absorbé et couché sur un seuil j'ai rêvé d'un chemin qui conduisait hors du monde jusqu'aux vignes de Noé.
samedi 6 septembre 2014
Chemins de la ville basse (8)
A quelle ode de passage, à quelle époque du Sphinx, petit chat d'acier et de béton, à quelle sagesse de bitume,
à quelle semence d'eunuque, à quel bâtard d'ombre, à quel boulevard scintillant d'appels silencieux, à quelle viande urbaine, à quelle prison de chair et de viscères doit-on d'être les enfants d'un Sophocle S.D.F. ?
Qui peut raconter les courses des gamins aux longs couteaux effilés qui trouent les cerveaux et agacent les côtes, chatouillent les articulations fatiguées des existences achevées aplaties écrasées concassées, feux dansant, balançant leur cul de tournesol, qui peut dire les putes sacrées du village, cons publics qui ouvrent les artères, les maquerelles aux rayons lumineux de la syphillis universelle, qui peut raconter et dire les ordures dégoulinant des tripes ouvertes et le ricanement de ce qui est mort déjà dans les berceaux de barbelés
Nous relevons de la misère celle qui navigue d'un neurone à l'autre dans une incommunication souterraine, terriers de rats, des rats se nourrissant de rats, dans de petites cages illuminées de la clarté des frigidaires et des lueurs des GSM, plus encore de réseaux, des réseaux de réseaux sur l'onde des paroles sans attention, Zappe, Zappe, Zappe et connecte des proximités aux lointains illimités qui courent dans nos sangs, entre nos berges archanges et nues, intérieures et vierges, entre nos maladies inavouées, l'âme des singes et ce qui cavale aux carrefours, sur les rocades désertes aux pinces électriques, ce qui pousse entre les ponts autoroutiers, sur les grands périphériques des semences nucléaires, aux lames étincelantes, embranchements, embranchements entre les distances de métal, par dessus les tours de contrôle où les avions de la merde à fragmentation s'épuisent à se crasher sur la crèche de l'Enfant-Dieu, ce qui pousse et ce qui grandit parmi les caries qui minent l'intérieur, l'ulcération de la misère des neurones et du silence qui se crie dans l'haleine fétide des coeurs de poussières
A quel venin ténébreux, à quel lâche arrangement, à quelle injection de pus atlantique, à quelle peste inengendrée, à quel trajet sur des routes de déserts où les horloges racontent des rêves de feuilles dentelées, à quelle cathédrale de filles nues, à quel pardon et de quelle ivresse doit-on d'être des Hamlet de pacotille, ivres de nous-même, alcools de souffles épuisés pour tous bientôt dans des trous aux formes aguicheuses
Nous rampons sur des détritus de verres dans un siècles d'éraflures et de conscience cosmique
Nous et tout autour de nous
Et nous autour du tout, plus loin encore que l'infini que nous avons réussi à enfermer dans une boite de poudre à laver (ou à étendre sur les pares-brises de nos bagnoles).
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à quelle semence d'eunuque, à quel bâtard d'ombre, à quel boulevard scintillant d'appels silencieux, à quelle viande urbaine, à quelle prison de chair et de viscères doit-on d'être les enfants d'un Sophocle S.D.F. ?
Qui peut raconter les courses des gamins aux longs couteaux effilés qui trouent les cerveaux et agacent les côtes, chatouillent les articulations fatiguées des existences achevées aplaties écrasées concassées, feux dansant, balançant leur cul de tournesol, qui peut dire les putes sacrées du village, cons publics qui ouvrent les artères, les maquerelles aux rayons lumineux de la syphillis universelle, qui peut raconter et dire les ordures dégoulinant des tripes ouvertes et le ricanement de ce qui est mort déjà dans les berceaux de barbelés
Nous relevons de la misère celle qui navigue d'un neurone à l'autre dans une incommunication souterraine, terriers de rats, des rats se nourrissant de rats, dans de petites cages illuminées de la clarté des frigidaires et des lueurs des GSM, plus encore de réseaux, des réseaux de réseaux sur l'onde des paroles sans attention, Zappe, Zappe, Zappe et connecte des proximités aux lointains illimités qui courent dans nos sangs, entre nos berges archanges et nues, intérieures et vierges, entre nos maladies inavouées, l'âme des singes et ce qui cavale aux carrefours, sur les rocades désertes aux pinces électriques, ce qui pousse entre les ponts autoroutiers, sur les grands périphériques des semences nucléaires, aux lames étincelantes, embranchements, embranchements entre les distances de métal, par dessus les tours de contrôle où les avions de la merde à fragmentation s'épuisent à se crasher sur la crèche de l'Enfant-Dieu, ce qui pousse et ce qui grandit parmi les caries qui minent l'intérieur, l'ulcération de la misère des neurones et du silence qui se crie dans l'haleine fétide des coeurs de poussières
A quel venin ténébreux, à quel lâche arrangement, à quelle injection de pus atlantique, à quelle peste inengendrée, à quel trajet sur des routes de déserts où les horloges racontent des rêves de feuilles dentelées, à quelle cathédrale de filles nues, à quel pardon et de quelle ivresse doit-on d'être des Hamlet de pacotille, ivres de nous-même, alcools de souffles épuisés pour tous bientôt dans des trous aux formes aguicheuses
Nous rampons sur des détritus de verres dans un siècles d'éraflures et de conscience cosmique
Nous et tout autour de nous
Et nous autour du tout, plus loin encore que l'infini que nous avons réussi à enfermer dans une boite de poudre à laver (ou à étendre sur les pares-brises de nos bagnoles).
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