mercredi 23 septembre 2015

Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (75)

Tout semble mort
Dans la chaleur
Immobile
Sans résistance
Quand tu la pénètres
Elle altère simplement sa texture moite
S’adapte
Et t’enveloppe de sa question brûlante.
Te voilà inclus dans son tourment fanatique
Sans force
Tu ne perces que ce qui se fuit.
Même l’indiscipline ne te sauvera pas.


mardi 22 septembre 2015

Poèmes du Minuscule et de l'Insignifiant (74)

Les moments
Où je ne sais plus ce que je pense
Sont comme une trêve dans l'insignifiance
Un armistice du jugement.

A  ces heures-là
Les opinions m’ennuient
Je m’abandonne à la cessation.
Je pendille.


lundi 21 septembre 2015

Rumeurs des Jours et de la Nuit (76)

C’est le jour
Qui s’arrime à la nuit
Le chaud qui s’attache au froid
La peur au courage
L’ardeur à la réserve

C’est l’espace imperceptible
Qui révèle
Leur séparation abstraite
La couche impersonnelle 
La substance interne de la limite où
Rien ne vit, rien ne meurt

Le derme impassible
Qui file entre les masses
L’isoloir de l’abstention
La possibilité de l’écriture.



dimanche 20 septembre 2015

Chemins d'abîme (7)



Les jardins suspendus..

Entre friches sèches et arpents d'iris
Des chemins de printemps grandissent
Endormis sur la berce des ravins

Accrochés aux sources du ciel
Leurs bras seront cendres bientôt
Et la terre, et le ciel
Sans attache
Appareilleront pour leur infini propre

La berce des ravins
A déchiré l'étoffe du drame
Sur des lopins burlesques
Et sanguinaires
Les âmes s'inclinent
Et s'en vont
De ci, de là
En songeant
Sur des routes sans aventure
A la terre oubliée
Et au ciel en exil.






vendredi 18 septembre 2015

Rumeurs des Jours et de la Nuit (75)

Le hors dans

Ce qui luit sur la terre
Ce sont des reflets d’îles
Des tranches d’isolement
Amas mats
Blocs de solitude
Qui épient les naissances
De leur obscurité massive

Ta vie erre sur ce chemin de ronde
Où toi et les autres guettent
Ce qui ne peut s’atteindre
Ce qui fuit sans même être
Dans ces îles qui t’entourent
Toutes rondes, toutes closes
Sans portes ni fenêtres
Dans lesquelles pourtant
Tu veux voir ton image.

Plonge dans ta nuit
Plutôt
Dans ta matière noire
Où enfin t’évitant
Tu sortiras de toi-même.


jeudi 17 septembre 2015

Chemins d'abîme (6)


Le gouffre germe froid
Stérile de ma voix
Gonfle sous le vide des arcades
L'étendue vaine de son empire

Enfant de son image
Né sur l'arche des miroirs
Nu comme le désert
Je suis moi,
Gouffres et compagnons des gouffres

Ainsi c'est une visite d'adieu
Qu'aux choses sans cesse
Nous rendons
Et il n'est pas de lieux
Où nous ne trouvions de tombe.






Rumeurs des Jours et de la Nuit (74)





Les pommiers sauvages,
Les marronniers rouges
S’ensommeillent
Dans les voiles chauds
De la nuit.


Partout, l’aile des jours
S’accroche encore
Dans l’asile de leur feuillage
Comme la loyauté ruinée
De la clarté diurne.


Le mensonge et la vérité
Ne tiennent aucune place
Dans ce qui est
Et la minute dernière
N’a rien d’un jugement.


La minute dernière
N’est jamais la dernière
Comme l’origine du monde
N’est en rien l’origine du monde


Il n’y a que l’ajonc
Et ses chimères de dunes douces
Les violettes d’eau 
Et leurs songeries d’opium.

mardi 15 septembre 2015

Chemins d'abîme (5)


Qui de ces chemins
Un jour
A descendu la pente 
Jusqu'à la courbe de l'abîme ?

Aux aguets des mots
Le révéler
Ou l'obscurcir
Aux soirs d'épais ennuis

Facile asile
L'insignifiance, limpide
Et les mots de l'absence
L'abysse à fleur d'eau.



Chemins d'abîme (4)


Et l'abîme
Par que de voix invoqué
Comme l'arène
Où les chemins se mêlent

Et sous nos pas
L'abîme immense
Qu'annoncent les traces
Où les chemins se fanent.

lundi 14 septembre 2015

Chemins d'abîme (3)



Là où sont....


Comme ceux qui se noient
Sans trouver l'eau
Ou qui creusent
Sans remuer la terre

Qui donc m'a fait tel
Que je ne puisse voir
Dans ce que je vois ?

Un frisson sur les crêtes
S'attarde et me retient
La plaine s'embrume
Les horizons s'endorment

Pourquoi m'étendre
Dans un séjour 
Qui n'est pas le mien
En une saison grise
Où la nuit se voile.