vendredi 13 janvier 2017

Les Intitrés (3)


à George Best

De ma bouche nulle marée
Point de feuilles ni de rivières
Ailes obscures sans lumière
Dans une nuit accumulée

Derrière, tout près, sous ce vide
Où succombent des fleurs de mer
Dans ces prairies  sans bruyère
Les murmures d'un lent acide

Pourtant l'air est là, tout entier
Dans ce linceul où dort le monde
Cette terre morte et féconde
Aimée des âmes des noyés





jeudi 12 janvier 2017

Les Intitrés (2)



La prairie où je dors
Lumineuse et molle
Accourt et se glisse
Comme un murmure souple
Derrière les seuils
Où s'agitent les mensonges

On aurait cru les rêves 
On aurait cru le sable
Il n'y a qu'une route,
Un chemin qui nous prend
De pierre et de terre
Qui sent et qui parle

Le voici bientôt
Emporter les vignes
Dans le vent qui chante
Ce sont des ombres ailées
Le pollen de demain
La poussière des choses.


vendredi 30 décembre 2016

Les Intitrés(1)

On a aimé le cristal et l'eau dans la pluie
De celle qui se raconte entre les cimes de brume
Lorsque s'efface ce qui s'apprête à naitre
Dans tes yeux  qui s'affament d'oubli
Comme un dernier geste de sourcier
Qui ne cherche que le néant 
et ce qui en sa cendre lui survit.

samedi 26 novembre 2016

Intitrés

Sur la crête sombre,  figé à la limite des ombres et de la lumière,
ce solitaire est nu, enfermé entre deux immensités. L’immobilité tombe du ciel et étreint la terre. Les heures du soir dans l’espace se vident ; le gel encore a saisi les labours, un peu de givre accompagne leur houle.

Dans le ciel mat, l’écho d’un oiseau noir. L'attente et le suspens se couvrent  de nuit.

Une vague de terre court vers le ciel, ombres et lumières figées
Elle est solitude, monodie du temps, ce qui parle en costume d'infini. Immobile aussi dans les cercles du soir où les limites s'épuisent ; le givre endort les labours, un air glacé fixe le présent. Le ciel est un creux que les mots ne peuvent combler.  



jeudi 24 novembre 2016

Intitrés

Une voix se dérobe, tu es là pourtant
Dans ton oeil les jardins bleutés où s'aiment les horizons
La voix traîne alors comme un nuage par dessus le vent
La bergerie où tu dors n'est qu'écho et la voix encore se perd

Les matins sont obscurs, ceux où tu cherches enfin cette voix
Ceux où tu soulèves la pierre pour entendre son frémissement
Tu vis dans une maison où les brebis s'envolent et t'abandonnent
Te voilà à coucher avec une parole sans voix
Aux matins sombres où tu attends tout du vent.

mardi 22 novembre 2016

Intitrés



Combien de nuits ont coûté à nos mains avides
L' attente des jours qui coloraient les aubes ?
Et lesquelles, parmi ces cendres, valaient l'espoir
De l'accomplissement et de la lumière ?

Sur les schistes austères, les feuillages de pierre
Offrent aux fleurs de marbre ces coraux d'hier
Cette voix enfermée et pourtant familière
Que je bois à tes lèvres aux silences brûlants

samedi 22 octobre 2016

The Famous Series(2)

Les singularités fuient, courent le long des précipices, jouent avec la pesanteur, évitent les à-pic et les surplombs pour étendre leurs évanescences souples comme un duvet sur la banquise. Les singularités sont des lignages, surtout des lignes qui fluctuent tout au long de la longue  traversée des points, ces hôtels endormis au bout de toutes ces routes de sable, et dont les miroirs  offrent à tout qui ne se donne pas figure mais naturellement y aspire, l’incongruité de sa tenue factice. Il faut fixer dans la fuite et l’inconfort la question et le problème. Les choses ne s’éliminent qu’à la nécessaire condition de cette offrande.


Memories can't wait I, 2b-45c, Fergusson-Willis, Les codes de la fuite, Orion London, Famous series,   Trad. Willhem Und Eva, (Düsseldorf 2006), 1889.

vendredi 21 octobre 2016

The Famous Series (1)

Celui qui échappe même à l'humain est une singularité sans forme
               
                           Memories can't wait, I, 3a-4wx, Fergusson-Willis, Les codes de la fuite, Orion London, Famous series, Trad. Willhem Und Eva (Düsseldorf 2006), 1889.

jeudi 13 octobre 2016

Paroles, Houles insues (5)




A peine le temps couché sur les nuages
Tu t'enquis de l'avenir
Comme d'un lieu sombre où gitent les plateaux
Comme ces champs que tu vois
Lointains et pâles aux visages d'enfances endormies

Nous bénissions nos champs
Du lait d'amoureuses irrévérences
Et  demain fleurissait sans la sève de jadis
Comme une pierre innocente loin de sa montagne
Insues houles, invisibles foules
Qui me pénètrent et m'absorbent

Comment voulais-je alors
Comment aimai-je aussi
Sinon comme ce qui sans volonté 
Epouse les courbes et les rives chaudes
Des nuits sans les jours.