Quelques cendres de brumes fauves
Des pétales de lune sur un parchemin
Et des sources qui jaillissent du ciel
Les chimères vivantes de son palais farouche
lundi 6 novembre 2017
Anecdotes de l'archipel (7)
L'Anecdote de la jeunesse
J’ai
vécu seulement
A
la racine de ma destinée
Méprisant
la vie que je vivais
Pour
celle de demain
De
l’heure suivante
De
la seconde qui passe
J’ai
blessé l’amour
Manqué
les parfums du jour
Pour
la maturité des ombres
Qui
sur l’autre rive
Ne
sont qu’ombres sur ombres
J’ai
manqué et blessé
Aspiré
par un ciel veuf
Qui
occulta vite
Les
petites chambres fleuries
Où
j’ai avalé ma jeunesse
Fallait-il
à ce point
Ne
pas vivre
Pour
qu’un jour
Des
mots inutiles et vains
Flottent
comme des tourbillons
Dans
le vent
Mourir
d’abord, vivre ensuite
Comme
une figurine
Qu’animent
les jeux
De l’enfance.
Hors service (2)
Serres chaudes, fragments de vertiges...
Sous tes paupières de nuit, tes yeux fixent le jour s’épuiser et son agonie révulsée répand sur tes rides douces un crépuscule farouche dont les torrents endorment tes entrailles. Tu es un champ ailé qui survole la matière de sa vie transparente, un abîme où s’égare le temps et plane sur l’espace dans lequel tous mes regards se perdent ; je me suis noyé dans les méandres fleuris de tes fleuves immenses à la source blessée et aux senteurs d’herbes sauvages et ma vie, devenue nébuleuse de chair, s'est réchauffée au sein de tes lueurs ténébreuses.
J’ai peuplé ce territoire sans borne où apparurent des creux, des fosses, des crevasses et des oiseaux calcinés chantèrent dans ta gorge les vertiges du ventre où nait la brisure.
Je me suis incliné vers ta terre où je me suis endormi, les yeux ouverts sur le monde, accroché à tes paupières de jour, petite fleur de nuit.
Hors service (1)
Un jour, lequel ou quoi...
Des formes silencieuses et mouvantes, présences ralenties, flottent ou rampent sous mon front ; elles s’arrêtent un moment, déposent leur regard lointain et s’avancent, pieds nus, vers la couche où je repose. Puis elles s’écoulent, dans une cascade de lueurs qui scintillent et pâlissent tour à tour, sans un bruit, le long de mon corps, en une série de lignes qui s’entremêlent, se séparent et s’entremêlent encore.
Ce sont alors des cristaux d’étoiles, tourbillons d’éclats qui se demandent où a été ma vie…Passe, passe ma vie…et dans ma poitrine de petits insectes malodorants qui agacent leur gencive en me dévorant doucement, tranquillement, comme de petits gourmets caparaçonnés qui creusent des palais acides pour y cacher leur coque morte.
Tout ce qui est moi croupit en moi comme une carie infectieuse dans une mare insalubre et rien n’y fait, l’exhalaison des réminiscences contagieuses empeste le lit d’où je regarde un plafond s’ouvrir sur un autre plafond puis encore un autre plafond d’où pendent les yeux incendiaires de mes enfances, de mes enfances rêvées, toujours implacables, qui dictent de leurs souvenirs propres leurs insatiables mensonges.
Il n’y a pas de portes dans cette chambre close ni de fenêtres, seulement la forme d’un cube parfait qui dort en moi et où je m’étends à côté du visage de ma mère qui s’inquiète de savoir où elle a mis ses valises et sur quel quai prendre le train qui la trainera hors de la vie. Et d’autres souvenirs qui s’adressent à moi, voix criardes aux couleurs vides, et qui me reprochent d’être là, à respirer les murs humides de cette pièce étroite et fermée aux mille visages, des souvenirs qui se moquent, se rient et me convoquent sous le grand chapiteau où mon moi s’est fardé, a mis son nez rouge devant la foule compacte et intéressée d’autres moi-même aux mines semblables.
Un jour, mais quand ? un fouet a cinglé sous mon crâne et j’ai vu des gens nus sortir les lames hurlantes de la dernière seconde.
Un fouet a cinglé mon esprit mais je ne sais qui.
Et je ne sais pourquoi.
dimanche 5 novembre 2017
Anecdotes de l'Archipel (6)
L'Anecdote de la geole
J'observe une demeure étrange
Et je n’y vois aucun espace
Aucune image d’aucun lieu
Seulement le temps qui y vit
Une demeure sans abîme
Un champ vide de pensées
Où germent l'inachevé
Qui lèvent les paroles
J’ai honoré ce qui n’était pas
Par lâcheté de ce qui était
Refusé à la nuit, aux jours et aux heures
La simplicité de ce qu’ils étaient
J’ai oublié la grande paix de l’inerte
Et me suis agité dans la pierre
Je parle d'une geôle grondante
Au centre de cette mer sans fard
Avec des mots délaissés
Au bord de ces routes grises
Où tout s’attend et rien ne s’accomplit.
mardi 24 octobre 2017
Anecdotes de l'Archipel (5)
L'Anecdote de la minute dernière
Les pommiers sauvages,
Les
marronniers rouges
S’ensommeillent
Dans
l'auberge chaude
De
la nuit.
Partout,
la voix des jours
S’accroche
encore
Dans
l’asile de leur feuillage
Comme
la loyauté ruinée
De
la clarté diurne.
Le
mensonge et la vérité
Ne
tiennent aucune place
Dans
ce qui est
Et
la minute dernière
N’a
rien d’un jugement.
La
minute dernière
N’est
jamais la dernière
Comme
l’origine du monde
N’est
en rien l’origine du monde
Il
n’y a que l’ajonc
Et
ses chimères de dunes douces
Les
violettes d’eau
Et leurs songeries d’opium
jeudi 19 octobre 2017
Anecdotes de l'Archipel (4)
L'Anecdote des poires
Les poires parlent au printemps
En fleurs elles lui murmurent
La patience et la tranquillité
Qu’elles éprouvent
D’être un jour poires
Le printemps indifférent
N'écoute rien de leurs prières
Nulles ne montent jusqu'à lui
Car il attend l’éclat de sa maturité propre
Tout concentré en ce qu’il est
Il affine sa douceur et sa lumière
A l'aiguisoir de l’avenir
Sans s’occuper de ce dont il est le père
Il espère sa fin dans l’éblouissement
De l’été, sa transparence, sa fluidité
Sa rondeur vive
Aux dernières journées d'août
Quand l'été vieilli se fait lourd
Les poires n’auront plus rien à demander
A ce printemps déjà disparu
Et qu’elles ne regretteront pas.
Plus tard, aux soirs de septembre
Dans la besace du cueilleur
Les poires réciteront le psaume des morts
Qui embrassent la bouche de la terre
La maturité est l’espérance de la fin
Et la pourriture, son fruit le plus abouti.
dimanche 2 juillet 2017
Quatrain (49)
De ces faims étrangères aux lumières lointaines
J'ai rompu un pain d'épines et de fontaines
De ces songes de sang par d'autres habités
J'ai perdu la vue par l'impasse dévoré
J'ai rompu un pain d'épines et de fontaines
De ces songes de sang par d'autres habités
J'ai perdu la vue par l'impasse dévoré
vendredi 12 mai 2017
"Haiku" des 5ème professionnel de l'école technique de Herstal (Belgionnie- 2005)
Vaste champ
Erre le temps
Trace le chemin
Ilhem-Fatima
Le jaune et le rouge
S'étreignent
Le blanc et le bleu arrivent
Fatima-Jamilah
Le soleil se couche
L'ombre disparait
Le reflet se perd
Dalia- Birzen - Bilmez
Les feuilles tombent
Sur l'âme de l'eau
L'hiver fait surface
Dalia-Birzen-Bilmez
Soleil flamboyant
Brûle
Terre sèche
Sabrina-Varvara
Bercé par le vent
Le papillon
S'efface
Valérie- Wendy
Sous le soleil
Bleue et chaude
La mer vacille
Stéphane
Oiseau à l'allure rare
Eau claire d'un soir
Bref comme un mirage
Laurianna
Erre le temps
Trace le chemin
Ilhem-Fatima
Le jaune et le rouge
S'étreignent
Le blanc et le bleu arrivent
Fatima-Jamilah
Le soleil se couche
L'ombre disparait
Le reflet se perd
Dalia- Birzen - Bilmez
Les feuilles tombent
Sur l'âme de l'eau
L'hiver fait surface
Dalia-Birzen-Bilmez
Soleil flamboyant
Brûle
Terre sèche
Sabrina-Varvara
Bercé par le vent
Le papillon
S'efface
Valérie- Wendy
Sous le soleil
Bleue et chaude
La mer vacille
Stéphane
Oiseau à l'allure rare
Eau claire d'un soir
Bref comme un mirage
Laurianna
mercredi 15 mars 2017
Intitrés (11)
Un météore a pris voix
Des paroles en gerbe
Au milieu d'une clairière caduque
Vieille, dure et noire
Les chaires muettes
D'un corps qui se vomit
Je me suis levé
Comme un matin mourant
La terre sèche lapant
D'une langue avide
La chaux crue
Qui assassine les clartés
Pour finir
Sous une pluie grossière
J'ai planté des oignons de nuit
Parmi mes obscurités de sel
Pour finir encore
J'ai poli des bizarreries
Au fond du refuge
Bâti au plus loin de moi.
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