mardi 21 novembre 2017
lundi 13 novembre 2017
Hors Service (4)
Comment commencer ? Par un duvet de chagrin étendu au seuil
d'un ciel plaintif ? Par le givre des cendres, abri de l'âme qui s'y replie ? Ou encore par la paille pauvre qui brode entre les pierres les échos des volcans éteints ? Et comment finir ? Surtout comment achever ce qui s'est conçu après coup, en sourdine de l'insu ? Comment en finir avec cette ville étrangère qu'aucune étoile ne bleuit et qu'aucune mer ne blanchit...Sinon dans un espace où souffle la sécheresse hostile, dans ces chagrins sans domicile lorsque le deuil s'adresse aux étoiles pèlerines et qu'à jamais, un bâton de plume ordonne le chemin.
d'un ciel plaintif ? Par le givre des cendres, abri de l'âme qui s'y replie ? Ou encore par la paille pauvre qui brode entre les pierres les échos des volcans éteints ? Et comment finir ? Surtout comment achever ce qui s'est conçu après coup, en sourdine de l'insu ? Comment en finir avec cette ville étrangère qu'aucune étoile ne bleuit et qu'aucune mer ne blanchit...Sinon dans un espace où souffle la sécheresse hostile, dans ces chagrins sans domicile lorsque le deuil s'adresse aux étoiles pèlerines et qu'à jamais, un bâton de plume ordonne le chemin.
vendredi 10 novembre 2017
Anecdotes de l'Archipel (12)
L'Anecdote de la Brume
On perd la précision des formes
Et les lignes qui cernaient les choses
Ont quitté leur sillage
Entremêlées dans les chastes entours
L’informe a dégradé les significations du jour.
Seul le proche témoigne encore
Du scrupule du net, de l’exact, du fidèle
Le retrait du monde s’opère sans débâcle
Il s’efface avec le flegme du grès
Aussi le drame se glace et
Le chagrin s’empare des masques
La perte de toute consistance,
La dormance de la semblance
Comme une distraction temporaire du faux.
Les voix se croisent sans se voir,
Dans cet effacement des lisières
Des lèvres sans paroles naissent du deuil
De l'artifice des bornes.
Anecdotes de l'Archipel (11)
L'Anecdote de la Lumière
La lumière se trompe quand elle croit instruire
Elle ignore qu’elle n’éclaire qu’elle-même.
La prétention au clair et au distinct
Est celle de l’été,
L’arrogance des bourgeons
Quand le lumineux fait le fier.
Il faut cependant négliger
Ce fanfaron inscient,
Et penser alors le soleil comme
La syntaxe des aveugles
Ou la linguistique des candides.
Mieux encore
Vaut l’éparpillement
Dans un obscur morcelé.
Anecdotes de l'Archipel (10)
L'Anecdote des choses
Les objets sont les choses
Désignées par les mots
Ce ne sont plus des choses
Plutôt des engins
Parfois utiles, d’autres fois non
Les choses gisent lointaines
Au-delà même d’elles-mêmes,
Et toute à leur distance inhospitalière
Elles se fécondent dans l’hostilité
Seuls, l’ingénuité discrète
Ou la pieuse idiotie
En leur sommeil
Les éveillent
Brève victoire cependant :
Elles se raidissent
Dans leur intolérante chasteté
Se refusent et stagnent aussitôt.
mercredi 8 novembre 2017
Anecdotes de l'Archipel (9)
L'Anecdote des poussières
Une intensité faible et disséminée,
Une intensité faible et disséminée,
Une compacité divisée,
Répartie, émiettée
Les poussières comme système totalitaire
Chacune de ses unités
Des meutes,
Des hordes serait plus juste
Foules hésitantes ou pellicule du temps
Protestation contre l’unité
Mais aussi négation du stable
Et de l’instable,
L’oscillation et l’inertie
S’aiment en elles
Pour enfanter un destin
Avec les poussières
On ne sait jamais
Combinaisons subtiles
D’indécisions temporaires
Et d’immobilités transitoires
Nomades sceptiques
Elles courtisent l’abstention.
Rien ne les empêche
Imperceptibilités omniprésentes
Sceptiques et résistantes à l’action
Elles sont l’âme des choses
Comme marées du monde
Incessant et continu
Elles viennent et reviennent
Particules entêtées et obtuses
Elles persistent et insistent
Libertines et vagabondes
Résidu des choses
Choses des choses
Legs de la terre
Et legs fait aussi à la terre
Leur devenir courbe
Possède la sagesse idéale
Des systèmes clos.
Hors Service (3)
Les idées ne sont pas des images. Rien n’arrive à les figurer et leur représentation n’en trace qu’un portrait inanimé puisqu’en effet aucun contour ne les borne. Elles irritent notre sens des limites comme leur volatilité contrarie nos besoins en volumes et en racines. Sans origine, sans sexe, en-deçà de la différenciation, les idées ondulent, se plissent et se nouent. Elles s’inséminent sous un ciel indifférent, strié de ténèbres sinueuses et d’énigmes aveugles où séjournent les lumières vives des chimères assassines.
Etres aux allures impersonnelles et au maintien impassible, elles ne respirent qu’en forêts d’insomnie.
mardi 7 novembre 2017
Anecdotes de l'Archipel (8)
L'Anecdote des Lisières
Les lisières ont le sens de l'instable
Elles empruntent à l'un et à l'autre
A la fois terre et eau,
Entre éveil et sommeil
Humbles de ne pas être
Elles filent, claires et obscures
Parmi les berges tranchées des choses
Auxquelles elles prennent sans rien ôter
L'illusion de l'apparence
C'est pourquoi croire que nous sommes
Est la question qui croît
Aux endroits ombragés des envers
lundi 6 novembre 2017
Quatrains (61)
Quelques cendres de brumes fauves
Des pétales de lune sur un parchemin
Et des sources qui jaillissent du ciel
Les chimères vivantes de son palais farouche
Des pétales de lune sur un parchemin
Et des sources qui jaillissent du ciel
Les chimères vivantes de son palais farouche
Anecdotes de l'archipel (7)
L'Anecdote de la jeunesse
J’ai
vécu seulement
A
la racine de ma destinée
Méprisant
la vie que je vivais
Pour
celle de demain
De
l’heure suivante
De
la seconde qui passe
J’ai
blessé l’amour
Manqué
les parfums du jour
Pour
la maturité des ombres
Qui
sur l’autre rive
Ne
sont qu’ombres sur ombres
J’ai
manqué et blessé
Aspiré
par un ciel veuf
Qui
occulta vite
Les
petites chambres fleuries
Où
j’ai avalé ma jeunesse
Fallait-il
à ce point
Ne
pas vivre
Pour
qu’un jour
Des
mots inutiles et vains
Flottent
comme des tourbillons
Dans
le vent
Mourir
d’abord, vivre ensuite
Comme
une figurine
Qu’animent
les jeux
De l’enfance.
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