dimanche 1 mars 2020
lundi 13 janvier 2020
Les horizons verticaux (5)
De grandes prairies
et sous la lune
la bouse luisant,
Toute luisante sous la lune
la bouse
Ce n'est pourtant qu'une pâte molle et fluide
un chapelet de mots et d'arrangements
la soudure des langues, le nœud des lèvres
celui-là
tend à d'autres substances
veut du mouvement dans la prière courbée
celui-ci
se sert de mots de l'usage public
conjugue le sens et l'objectif
Parole contaminée mais parole unique
où la totalité se fragmente et s'étend
C'est le grand remplissage du plein
avec un peu d'air pour faire dire le souffle
lorsque seul parmi les mots, les petits et les grands,
on ne trouve plus ses mots
La compote du vide et du clos
Le petit paquet fermé que l'on égare avec soi
dimanche 15 décembre 2019
Les Horizons verticaux (5)
La nuit tendue devant les fenêtres
affranchis de l’âcreté du jour
on avale les grisailles de l'heure
comme chemins obligés du sang
On espère libre l'horizon
et le ciel qu'on y suspecte
s'étend comme lande sèche
Le soupçon est insuffisant
qui traverse les chambres closes
un rideau d'ombre dépose ses poussières
où, cendre tue, le souvenir se voile
On aimerait être sans avoir à être
ne jamais avoir servi de chemins
dételer les rives de la source
Céder à la pierre nue.
affranchis de l’âcreté du jour
on avale les grisailles de l'heure
comme chemins obligés du sang
On espère libre l'horizon
et le ciel qu'on y suspecte
s'étend comme lande sèche
Le soupçon est insuffisant
qui traverse les chambres closes
un rideau d'ombre dépose ses poussières
où, cendre tue, le souvenir se voile
On aimerait être sans avoir à être
ne jamais avoir servi de chemins
dételer les rives de la source
Céder à la pierre nue.
dimanche 1 décembre 2019
Les horizons verticaux (4)
Demain prend
ce que hier a perdu
Le chemin, l'ombre
les routes de misère
où tu marchais les pieds
dans ton âme en sang
On ne sait si on arrive
Si on retourne ou si on part
Les villes passent, se retirent
le soleil se voile, s'écarte
tes ailes fendent sa clarté
de s'en aller un jour
où il n'y a pas d'ailleurs
Tu épuises ta route d'ici
et la sueur et la fatigue
comme marée s'en vont et viennent
Comme poussières sous le vent
qui souffle puis se tait
Qui gît puis surgit
Comme le jour à l'aurore
Et la parole comme la vague
se lève écume vaine
Sous la lune, les étoiles
Et le silence qui les enfante
Dès demain
Lorsque trop tôt
Tu auras dissipé
le temps offert.
ce que hier a perdu
Le chemin, l'ombre
les routes de misère
où tu marchais les pieds
dans ton âme en sang
On ne sait si on arrive
Si on retourne ou si on part
Les villes passent, se retirent
le soleil se voile, s'écarte
tes ailes fendent sa clarté
de s'en aller un jour
où il n'y a pas d'ailleurs
Tu épuises ta route d'ici
et la sueur et la fatigue
comme marée s'en vont et viennent
Comme poussières sous le vent
qui souffle puis se tait
Qui gît puis surgit
Comme le jour à l'aurore
Et la parole comme la vague
se lève écume vaine
Sous la lune, les étoiles
Et le silence qui les enfante
Dès demain
Lorsque trop tôt
Tu auras dissipé
le temps offert.
mercredi 20 novembre 2019
Les horizons verticaux (3)
Il faut prendre la route du Nord
le frisson gelé, la parole sèche
comme une buée froide au milieu des mots
Plutôt le gel et le chardon malade
les poches vides et l'idée absente
comme un air sans rythme
où chantent les banquises
Comme si glissaient sous le givre
le dernier été, la dernière lueur,
la dernière parole que nous nous offrîmes.
le frisson gelé, la parole sèche
comme une buée froide au milieu des mots
Plutôt le gel et le chardon malade
les poches vides et l'idée absente
comme un air sans rythme
où chantent les banquises
Comme si glissaient sous le givre
le dernier été, la dernière lueur,
la dernière parole que nous nous offrîmes.
dimanche 17 novembre 2019
Les horizons verticaux (2)
Se vide le jour
et de sa lumière de dimanche
le soir, masque d'ombres,
avance sur la scène
avec ses semelles de silence
On n'y voit rien.
Le nez dans le rideau
les yeux se noient
dans ce bleu de nuit
où s'étend le bouffon
C'est dans ce prélude
que nous avons appris à vivre
à chercher la voix de l'obscur
pour incendier le jour
et son astre ruineux
C'est dans la nuit
que nous sommes advenus
de la nuit que nous sommes venus
à sonder l'impalpable et le creux
n'avons-nous jamais perdu le sens de l'introuvable?
et de sa lumière de dimanche
le soir, masque d'ombres,
avance sur la scène
avec ses semelles de silence
On n'y voit rien.
Le nez dans le rideau
les yeux se noient
dans ce bleu de nuit
où s'étend le bouffon
C'est dans ce prélude
que nous avons appris à vivre
à chercher la voix de l'obscur
pour incendier le jour
et son astre ruineux
C'est dans la nuit
que nous sommes advenus
de la nuit que nous sommes venus
à sonder l'impalpable et le creux
n'avons-nous jamais perdu le sens de l'introuvable?
vendredi 8 novembre 2019
Les horizons verticaux (1)
Aux heures rubicondes
du ciel mêlé à l'écume
des lames de fond
se lèvent des estuaires
Refusent la mer
et l'argent de ses crêtes
L'horizon vertical
vomit l'ordinaire,
la climatisation des choses
dilapidées dans l'absence
et l'étreinte du vent
Rien ne grandit
de ces chambres closes
au zénith du vide et de l'absolu
quand les hommes plongent
profond sous les surfaces nues
d'une tranche
de matière brute
.
du ciel mêlé à l'écume
des lames de fond
se lèvent des estuaires
Refusent la mer
et l'argent de ses crêtes
L'horizon vertical
vomit l'ordinaire,
la climatisation des choses
dilapidées dans l'absence
et l'étreinte du vent
Rien ne grandit
de ces chambres closes
au zénith du vide et de l'absolu
quand les hommes plongent
profond sous les surfaces nues
d'une tranche
de matière brute
.
mercredi 6 novembre 2019
Automne (2)
Où donc se retourner quand l'automne
ouvre ses plaies et que coulent
de sa sève des larmes de pins et de chênes
sinon dans le vent porteur qui marie
l'avant et l'après, l'oiseau et la branche
sous un ciel gros des lourdeurs d'août.
C'est un afflux de fins et de paix
l'agitation se fige dans son lac
et les doigts se souviennent des mers
éteintes où nous trempions notre pain
dans ces jattes en grand fleurage
âtres de porcelaine où brulaient nos ardeurs.
ouvre ses plaies et que coulent
de sa sève des larmes de pins et de chênes
sinon dans le vent porteur qui marie
l'avant et l'après, l'oiseau et la branche
sous un ciel gros des lourdeurs d'août.
C'est un afflux de fins et de paix
l'agitation se fige dans son lac
et les doigts se souviennent des mers
éteintes où nous trempions notre pain
dans ces jattes en grand fleurage
âtres de porcelaine où brulaient nos ardeurs.
mardi 5 novembre 2019
Automne (1)
Qui fondent sous le soleil
Ces champs, ces arbres,
où l'automne se répand
Comme une sécheresse
à l'angle des toits
Qui percées de lumière
Ces portes, ces vitres
Quand le soir
sur les drèves
se raconte les ombres
Puis qui lève rude
le sang du matin
encore de la nuit
fatigué, à peine éclos
de l'hostilité du jour
Je regarde l'infini
s'éclairer de café
dans une tasse malpropre.
Ces champs, ces arbres,
où l'automne se répand
Comme une sécheresse
à l'angle des toits
Qui percées de lumière
Ces portes, ces vitres
Quand le soir
sur les drèves
se raconte les ombres
Puis qui lève rude
le sang du matin
encore de la nuit
fatigué, à peine éclos
de l'hostilité du jour
Je regarde l'infini
s'éclairer de café
dans une tasse malpropre.
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