samedi 3 octobre 2020

A feu coulant (2)

A choisir la tourbe aveugle

et les meules de vent

le limon inquiet s’est ajourné

 

Il reste des abris où la marée se cache

Mais comment discerner la vague

Dans l’invisible bruissement

Qui ramène à la rive

 

Au large des mots, l’esquif s’affûte

longues rames, suaire au vent

L’oreille souffre et se tend

vers la première brise qui s’éteint

 

 

Loin du fruit promis de la terre


A feu coulant (1)

L'herbe est sans hâte

malgré le souffle sec

elle  est sûre de la pluie

 

Elle a  le puits patient

qui se creuse de ce qui le remplit

cette faille lui donne instruction

 

les voix avides se pressent

et d'éclairer l'obscur s'achèvent 

dans l'exercice de la braise


dimanche 13 septembre 2020

Sous les toits (5)

Habitent l'hiver ceux qui se dédient aux vents

Asile d'étoiles sous l'écorce du gel et du givre
l'haleine hésite ou frisonne dans l'étroit courtil
le chemin doute mais par l'écho qui appelle
le fugitif trouve terre de refuge et droit de gîte

le temps mûri porte moisson
ces fruits de semailles
qui meurent en naissant



samedi 12 septembre 2020

Sous les toits (4)

Sous la pierre de deuil
les jours sont maquis, jachères inlassables

les tombeaux diurnes ont l'épuisement ardent



L'épine s'épuise pourtant
la pauvreté s'avise de l'inhabité

lorsque le voile s'éprend de l'astre doux

mardi 1 septembre 2020

Sous les toits (3)

L' alluvion des âges 
offre ses fleurs sèches
aux âmes de mortes jachères

En ces dissipations organiques
les flots sont montages
le limon matière sévère
stèle d'un tombeau vivant

Lorsque les toits sont viscères
et l'inattention violence



 

dimanche 30 août 2020

Sous les toits (2)

Un vent lointain
dresse sa brume
et le nuage s'y perd

Les fugues se jouent dans l'impassible

Ce sont les noces de l'inerte
Le passage de la pluie sous les toits

Demain encore
le distrait couplet de la vue basse





samedi 29 août 2020

Sous les toits (1)


L'éclipse délie l’emmuré
de ses eaux peu profondes
L'innocent vertige l'abandonne

Que vis-je alors éclore de ses berges
sinon le feu consumant les trembles
sinon le sang naitre de leurs cendres

Il fait nuit comme en plein jour.

jeudi 25 juin 2020

Pour ma peine (5)

...Un matin, on tranche les pierres de son jardin, l'invisible gémit et bourgeonne sur cette caillasse, les confidences du temps s’embaument en un tombeau scellé déjà, puis l'amoncellement des meules ruissellent sous le ciel incarnat que seuls des fragments de paroles offrent encore à l'alouette...

Pour ma peine(4)

Partout roche nue, partout terres infertiles
détournées d' un vent dévoué et inconnu

On ne sait que faire de cet essaim vivant
cette meute indomptée qui exige racines

quand la trace précède le pas
dans ce chemin qui nous suit

l'éclat qu'on atteint
au bout de l' ombre

mercredi 17 juin 2020

Pour ma peine (3)

Tristes sœurs,
de ne rien affamer, de ne rien assécher 
et de n'offrir qu'un mirage vide
lorsqu'au précipice, la foule se presse

Tristes sœurs,
d'être chimères de mémoire
et de ne nourrir qu'un feu distant
lorsqu'à l'hiver, la cohue se fixe

Pauvres yeux de la vigie
fatigués des horizons !