samedi 3 octobre 2020

Pour ma peine (6)

Le sommeil a atteint les ruisseaux

la lueur se berce aux reflets inquiets
sur la sécheresse nue de la terre

Seul, un émoi discret grève l'orage
de l'impondérable rappel des hordes

la soif retenue encore menace

 

A feu coulant (4)

La terre brûle en amont

Ta main cherche la cendre

Elle noue la fumée

Mais la gerbe est frivole

 

Les graines de brume fleurissent tard

Lorsque les poussières sommeillent

 

En ta garenne rêvée et ses friches agrestes

 


A feu coulant (3)

A l’établi s’exsude la résine

L’âpre bourgeon du matin

Silencieux sous l’écorce

Un sang trop jeune encore

Pour vivre d’ombres

Sur ses labours d’automne

 

Le grain vert nuit à la meule

Les reins se brisent

A boulanger une avoine si pauvre

 

Mais ton regard est là

Qui se lie à mes prairies


A feu coulant (2)

A choisir la tourbe aveugle

et les meules de vent

le limon inquiet s’est ajourné

 

Il reste des abris où la marée se cache

Mais comment discerner la vague

Dans l’invisible bruissement

Qui ramène à la rive

 

Au large des mots, l’esquif s’affûte

longues rames, suaire au vent

L’oreille souffre et se tend

vers la première brise qui s’éteint

 

 

Loin du fruit promis de la terre


A feu coulant (1)

L'herbe est sans hâte

malgré le souffle sec

elle  est sûre de la pluie

 

Elle a  le puits patient

qui se creuse de ce qui le remplit

cette faille lui donne instruction

 

les voix avides se pressent

et d'éclairer l'obscur s'achèvent 

dans l'exercice de la braise


dimanche 13 septembre 2020

Sous les toits (5)

Habitent l'hiver ceux qui se dédient aux vents

Asile d'étoiles sous l'écorce du gel et du givre
l'haleine hésite ou frisonne dans l'étroit courtil
le chemin doute mais par l'écho qui appelle
le fugitif trouve terre de refuge et droit de gîte

le temps mûri porte moisson
ces fruits de semailles
qui meurent en naissant



samedi 12 septembre 2020

Sous les toits (4)

Sous la pierre de deuil
les jours sont maquis, jachères inlassables

les tombeaux diurnes ont l'épuisement ardent



L'épine s'épuise pourtant
la pauvreté s'avise de l'inhabité

lorsque le voile s'éprend de l'astre doux

mardi 1 septembre 2020

Sous les toits (3)

L' alluvion des âges 
offre ses fleurs sèches
aux âmes de mortes jachères

En ces dissipations organiques
les flots sont montages
le limon matière sévère
stèle d'un tombeau vivant

Lorsque les toits sont viscères
et l'inattention violence



 

dimanche 30 août 2020

Sous les toits (2)

Un vent lointain
dresse sa brume
et le nuage s'y perd

Les fugues se jouent dans l'impassible

Ce sont les noces de l'inerte
Le passage de la pluie sous les toits

Demain encore
le distrait couplet de la vue basse





samedi 29 août 2020

Sous les toits (1)


L'éclipse délie l’emmuré
de ses eaux peu profondes
L'innocent vertige l'abandonne

Que vis-je alors éclore de ses berges
sinon le feu consumant les trembles
sinon le sang naitre de leurs cendres

Il fait nuit comme en plein jour.